Antonio Cairoli « On ne s’endort pas avec Jorge à l’entraînement »

Antonio Cairoli intraitable à Mantova.

Difficile de faire dérailler la machine Cairoli tant l’homme est solide dans toutes les conditions. Sur le dur, dans le sable ou la boue, le Sicilien répond présent et surtout, il ne fléchit pas sous la pression. Quand Antonio Cairoli ne gagne pas, il assure les secondes positions.

Par 3 reprises en ce début de saison, Tim Gajser a su s’imposer devant l’Italien, pourtant, l’écart au championnat est déjà conséquent. Si Cairoli allie efficacité et régularité, Tim Gajser, plus explosif, est capable du pire comme du meilleur.

C’est le pire qui attendait Gajser à Mantova ce week-end, et c’est sans grande résistance qu’Antonio Cairoli signe un nouveau doublé à Mantova et augmente par la même occasion son avance sur le Slovène à 40 points.

Une interview réalisée par Lewis Phillips pour MXVice

 

Antonio, ça aurait pu mal se passer mais tu as fait exactement ce qu’il fallait que tu fasses et tu signes, semble-il, deux manches parfaites.

Oui. Quand on est arrivé à Mantova le samedi le circuit ne ressemblait pas du tout à ce qu’on a l’habitude de voir à Mantova, c’était très dur et à certains endroits on pouvait voir les traces de pneus sur le sol.

Ce n’est pas exactement le genre de Mantova sur lequel j’aime rouler mais j’ai bien roulé pendant les qualifications et je gagne ma manche.

Aujourd’hui, au réveil, le circuit était inondé on a directement su qu’il allait falloir prendre de bons départs, que ça allait être la clé, on a travaillé là-dessus, on a trouvé de bons réglages.

J’avais un bon rythme devant et j’ai pu creuser l’écart aussi pendant les manches. J’étais content de ma vitesse, de mes holeshots, de n’avoir commis que très peu d’erreurs lors des manches et pourtant elles étaient faciles à faire car le circuit était vraiment défoncé.

Peu de fois dans ma vie j’ai eu l’occasion de rouler un circuit avec autant d’ornières. On est content de la journée.

Je t’ai vu lors du warmup faire des essais dans la goggle lane, avais-tu établi un plan en cas de mauvais départ s’il fallait que tu changes de lunettes pendant les manches ?

Oui, on a cette option maintenant, on peut utiliser cette goggle lane, on a fait quelques essais pour voir, pour s’organiser et déterminer comment procéder.

Heureusement on n’a pas eu besoin de passer par là, j’ai eu une vision parfaite lors des deux manches, j’étais devant donc je n’ai pas vraiment rencontré de problèmes avec mes lunettes.

Il faut être prêt à tout surtout quand le circuit est comme ça et que la météo est mauvaise

(Lire: Un point sur la Goggle Lane en MXGP)

@Ray Archer

Quand c’est nouveau, on ne sait jamais trop comment ça va se passer, mais si on se fie à tes essais dans cette goggle lane, on peut dire que c’est plutôt efficace, car c’était rapide pour toi de changer tes lunettes.

Oui, on avait un petit jeu avec Jorge, lui a changé ses lunettes en 20 secondes, moi je l’ai fait en bien moins de temps que ça, c’était comme un jeu et Jorge a perdu, en fait il a calé (rires).

C’est juste qu’il faut être prêt si quelque chose arrive, évidemment quand on passe dans la pitlane avec les gens qui traversent et tout, c’est toujours délicat. Je pense qu’il n’y a rien de mal à avoir cette goggle lane, c’est juste un endroit où tu peux aller pour changer tes lunettes.

Ça fait un bout de temps depuis Trentino, et tu es un des seuls pilotes à ne pas rouler en championnats nationaux pendant le break, est-ce que c’était dur pour toi de te remettre dans le rythme ce week-end, au niveau de l’intensité ?

Hier, c’était un peu dur car le circuit était plutôt plat, facile, parfois un peu technique et il fallait beaucoup attaquer, avoir un gros rythme.

Aujourd’hui c’était plus facile dans un sens car il fallait rouler propre, être fluide, ne pas faire d’erreurs, je ne me suis pas senti handicapé au niveau du rythme.

Parfois, c’est mieux de faire des courses entre les épreuves pour t’entraîner aux départs, garder le rythme de course. Ne pas être derrière une grille pendant aussi longtemps, ce n’est pas facile, mais au final on a eu de la chance que le temps soit comme ça aujourd’hui, car il fallait surtout jouer sur la technique plus que d’attaquer tout le temps.

@Ray Archer

Je ne sais pas si tu seras d’accord avec moi, mais j’ai eu l’impression que ta manche qualificative du samedi a été ta meilleure course de l’année – en dehors des manches d’aujourd’hui. Tu menais la qualification, pourtant tu continuais d’attaquer et tu signais constamment les meilleurs temps chronos. Rien ne pouvait t’arrêter.

On a bien bossé pendant la pause de 5 semaines avec Jorge, on s’est bien poussé l’un l’autre, on s’entraîne ensemble et ça m’aide car on ne s’endort pas avec lui.

Jorge attaque tout le temps donc moi aussi je dois attaquer, je dois être prêt à chaque fois, c’est une bonne chose.

Avec lui, c’est comme si on était en manches à chaque entraînement. C’est comme si on n’avait pas manqué une seule course, en terme d’intensité, durant ces 5 dernières semaines.

La dernière fois qu’on t’a vu à Trentino tu boitais un peu, tu t’étais fait mal à la cheville en seconde manche, est-ce que tu as dû observer du repos après Trentino pour ta cheville ou est-ce que ça allait ?

J’ai pris 10 jours de repos pour mon genou et je ne me sens toujours pas à 100%, mais je pense que c’est plus dû à l’âge qu’à ma chute en elle-même bien que cette dernière ait empiré les choses.

Le matin, j’ai besoin d’un peu de temps pour chauffer le genou et j’espère que je pourrais terminer la saison sans avoir de problèmes, sans assistance médicale, ça devrait aller.

@Ray Archer

Une course, une pause, 3 courses, une grosse pause, maintenant de nouveau des courses, j’imagine que tu es content que ça recommence de nouveau ?

Ouais, Mantova j’aime ce circuit, tout comme celui du Portugal. Le circuit Français n’est pas un de mes préférés mais on va quand même essayer de bien figurer. C’est cool désenchaîner les courses, c’est mieux que d’attendre la course suivante à la maison .

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