Cooper Webb « Le plus gros ajustement, c’était ma première année avec Aldon Baker »

Cooper Webb défendra son titre la saison prochaine.

Personne ne le voyait champion de Supercross US début 2019 et lui même a toujours du mal à y croire.

Cooper Webb a effectué une excellente saison pour sa première année sous l’auvent Red Bull KTM en remportant ses premières victoires – et son premier titre – en catégorie reine.

Blessé au genou en fin de saison de motocross, Cooper Webb s’est remis à l’entraînement récemment pour attaquer la préparation pour la saison 2020 avec un objectif en tête, celui de défendre son titre la saison prochaine.

Une interview réalisée par Jason Weigandt pour RacerX.

Est-ce qu’on parle de la Straight Rhythm ? Je sais que personne n’y porte vraiment attention, mais peut-être que tu voulais gagner. Je ne sais pas comment tu te sens après ça !

Je n’ai jamais fait la Straight Rhythm donc je ne savais pas trop à quoi m’attendre.  Au final j’ai eu l’impression que c’était vraiment sérieux, il y avait du niveau cette année. Les années précédentes, j’ai eu l’impression qu’il n’y avait qu’une ou deux têtes d’affiche, tu pouvais voir Ronnie Mac en quart de finale. Cette année, il fallait être préparé. J’ai pris 6 semaines de repos après Unadilla pour soigner mon genou.

J’aurais probablement pu me préparer mieux que ça, j’ai roulé sur le 2 temps 3 jours avant l’événement et j’ai fait du mieux que j’ai pu. C’était quand même cool. C’était sympa de faire quelque chose de nouveau, de rouler sur un 2 temps, d’apprendre quelque chose de nouveau, de relever un nouveau défi. Le résultat n’est pas là, mais ce n’est pas grave.

Vendredi, je regardais les pilotes tenter le quadruple et Villopoto s’est presque empalé dessus. Tu as jeté un œil au quadruple ? Tu y a pensé ?

Je l’ai fait lors de mon dernier run contre Pierce Brown. On y pensait tous, mais la plupart d’entre nous se disaient « Okay, pas de quadruple ». Puis Josh Hansen l’a envoyé, puis un autre pilote, et un autre …

C’était cool quand même à faire, cool à voir aussi. Le plus fun pour moi, c’était quand même de faire cette replica. Thor et KTM ont vraiment fait du bon boulot de ce côté là, j’étais vraiment content. Mais vraiment, je préfère le 4 temps !

Parle nous de ton colocataire, Brandon Hartranft ?

J’ai pu m’entraîner avec lui pas mal de fois en 2017 et quelques fois en 2018. J’ai vu de quoi il était capable, et ce, depuis longtemps. Sa performance ne me surprend pas vraiment pour être honnête. Il ne m’a pas étonné … surtout quand il a craqué sous la pression lors du dernier run [rires]. Il a bien roulé toute la journée, il était sous le feu des projecteurs avant de se dire « Bordel, je roule contre Ken Roczen » et il a craqué sous la pression ! Je rigole. Brandon a beaucoup de potentiel et je pense qu’il sera très bon la saison prochaine.

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Vous vivez ensemble ? C’est ce que j’ai entendu.

Brandon vit dans ma maison en Californie. Moi, je n’y suis qu’en Octobre et en Janvier. Donc ça fonctionne plutôt bien pour nous.

Donc tu es son colocataire dans ta propre maison ?

C’est ça. Brandon y vit à l’année et mois j’y viens de temps en temps au besoin. Du coup, on est parfois colocataire.

Qui a la plus grande chambre ?

Cooper: Oh ça, c’est moi !
Brandon: Il m’a donné sa chambre sans dressing et sans miroir, je suis parti de rien !
Cooper: Tu es un pilote usine maintenant Brandon, tu vas pouvoir dépenser un peu d’argent.
Brandon: Ils ne m’ont même pas offert un lit.

Donc 10 mois dans l’année, ta chambre est libre ?

C’est ça.

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Tu as dû prendre du repos. Tu te sens comment ?

Je me sens vraiment bien. C’était bon de prendre du repos. Evidemment la façon dont j’ai été forcé de prendre du repos craint, mais j’ai été en mesure de me détendre un peu, de laisser mon genou récupérer et de profiter. J’ai pris des vacances, fait quelques voyages, je me suis relaxé. C’était bien mentalement, après une longue année, de pouvoir se lever le matin et ne rien avoir à faire pour une fois. Le timing était bon. Maintenant, je suis hyper excité et motivé à l’idée de retourner rouler. J’ai hâte de rouler de nouveau. C’était un bon break pour moi. J’en avais besoin, surtout après ma première vraie année complète.

C’est du travail de faire le programme d’Aldon Baker, et comme tu l’as dit, tu n’avais jamais fait 17 finales de Supercross auparavant. As-tu senti que tu avais besoin d’une pause à un moment physiquement cette saison ?  Ça aurait été jusqu’à la fin de l’année ?

Tu sais, il ne restait que deux épreuves. Ça aurait été. Je t’avoue que j’étais usé sur la fin, pour être franc. Le plus gros ajustement, c’était ma première année avec Aldon.

J’ai commencé à travailler avec Aldon un mois avant tout le monde l’an dernier car j’étais vraiment loin derrière les autres quand je suis arrivé. Le programme était vraiment très différent de ce dont j’avais l’habitude et en plus, on roule beaucoup plus en 450 durant la saison. Ça a été en Supercross, mais je me suis rendu compte qu’en Motocross, c’était un peu plus difficile. Je me battais pour terminer 4ème chaque weekend, c’était dur de rester concentré, motivé, en Floride dans la chaleur à tenter d’atteindre mes objectifs. J’étais content de pouvoir en gagner une. J’ai vu que j’étais dans le coup, que j’avais pris le rythme en fin de championnat, malheureusement, je me suis blessé.

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J’imagine qu’en Janvier de l’an prochain tu seras bien plus prêt qu’en Janvier de l’an dernier. Tu as désormais une année d’expérience.

Même à l’heure actuelle avec le genou, je me sens dix fois mieux que l’an dernier. C’est mon second jour de retour sur la 450 et je me sens déjà très, très bien. C’est bon de monter sur une moto que je connais pour l’avoir utilisée l’an dernier. L’an dernier, les 4 premières semaines ont servi à tout régler. Être sur une moto sur laquelle je me sens à l’aise d’entrée de jeu, avec la condition physique au rendez-vous, connaître la routine, les gens, c’est une position bien plus confortable.

Ton but était de gagner une épreuve l’an dernier. J’imagine que tu ne t’attendais pas à y parvenir dès la troisième épreuve. C’est dingue.

Ça l’est, je sais que j’en ai parlé toute l’année, mais l’an dernier n’aurait jamais dû arriver. Quand j’étais à la présentation de l’ équipe l’an dernier, personne ne savait trop quoi attendre de moi, KTM m’avait fait signer un contrat et je sortais de 2 mauvaises années. J’étais dans une situation délicate dans ma carrière et c’était un risque pour KTM de me prendre avec eux. Je pense qu’ils ont vu mon potentiel, qu’ils se sont dit qu’en 2 ans ça pouvait le faire.

Je pense que cette année était sensée être mon année de reconstruction et ça a fini par être ma meilleure année. Je gagne une course dès la troisième épreuve, je monte sur mon premier podium au passage, j’enchaîne des victoires, je monte sur le podium plein de fois, je gagne le plus de courses, je gagne le championnat .. Quand je regarde ma moto et que je vois la plaque numéro un, je me demande comment c’est arrivé.

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Même lors de la Monster Cup l’an dernier, tu termines genre 9ème ?

Je termine 6ème. Pas si mal. J’ai peut-être fini 9ème de la soirée. J’ai connu une mauvaise finale mais j’étais dans les 8 en piste.

Personne ne s’est dit « Le voilà, il va tout dominer ».

C’est ça. Pendant toute l’intersaison, il me manquait quelque chose. Je me souviens à l’entrainement après Noel, je me sentais vraiment bien, je roulais bien, je n’étais pas loin de Marvin en piste. Je me disais « Wow, ça vient d’où ça ? ». Je pense que ça provient du fait que j’ai suivi mon programme, suivi mon entraînement, j’ai pris un peu de temps à Noel pour récupérer et ensuite, j’étais prêt.

Phoenix a été une mauvaise course, mais Anaheim 1 a été une très bonne course pour moi. Je pense que c’est là que tout s’est mis en place.

Tu vas devoir défendre ton titre, la catégorie 450 est relevée, ça va être dur, tu en penses quoi ?

Tout le monde me pose cette question, c’est le défi que je vais devoir relever. C’est pourquoi tu veux gagner, pour prouver à tout le monde ce que tu vaux, c’est ce qui fait que tu es champion. Tu dois t’affirmer chaque année.

Le niveau est relevé. Chaque pilote est plus fort, plus en forme, plus déterminé à gagner. Çà va être difficile de réitérer la performance mais je me sens confiant et même plus détendu car je sais désormais à quoi m’attendre. Je sais à quoi m’attendre de ces 17 épreuves, j’ai gagné des courses, je sais comment gagner désormais.

Je sais comment me battre avec les autres, je sais à quoi m’attendre en général. Ces connaissances et ces expériences vont m’aider pour l’an prochain et je vais tenter d’aller chercher ce second titre.

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