Darian Sanayei « La plupart du temps, je suis tout seul »

22ème du mondial MX2 après 14 épreuves.

Certainement pas le classement espéré pour Darian cette année sur le championnat du monde MX2.

Le pilote Américain qui avait fait ses débuts en EMX250 avec Bud Racing en 2016 terminait second cette saison-là, juste derrière un certain Thomas Kjer Olsen.

Ces deux dernières années, Darian  n’a pas eu beaucoup l’occasion d’exprimer son talent au guidon de la Kawasaki du team Bike IT DRT. Blessé au genou la saison dernière, Darian avait loupé la presque totalité de la saison 2018.  Cette saison, c’est le virus d’Epstein Barr qui a totalement plombé les plans du pilote pour sa dernière année dans la catégorie MX2.

Des flashs de brillance de-ci de-là, des départs devant mais surtout un pilote terrassé par Epstein Barr, c’est ce qu’on peut retenir du pilote coaché par Joel Roelants cette saison qui signe sa meilleure manche de la saison en Russie, une 6ème position.

Le futur est plus qu’incertain pour Darian vu le nombre de places disponibles sur le marché MXGP. Un retour au pays n’est pas exclu pour l’Américain.

Une interview réalisée par RacerX.

Darian, tu vis aux alentours de Lommel ?

Oui, j’ai un appartement ici en Belgique. C’est à Lommel, à 10 minutes au sud du circuit. Je loue cet appartement à un team manager, Jacky Martens. Donc voilà, je joue à l’année. Je ne suis pas ici tout le temps – parfois je suis en Angleterre et parfois en Californie. C’est bon d’avoir un pied-à-terre ici, c’est certain.

Tu es seul, tu vis en Belgique et tu roules en championnat du monde MX2, à près de 8.000 kilomètres de chez toi à Monroe, Washington. Tu suis ton propre chemin !

Oui, c’est ça. Juste le fait de venir en Europe je me disais « Ok, tu vas faire ça tout seul et tu vas apprendre de cette expérience ». J’ai dû apprendre à être tout seul et à faire les choses de moi-même ici. Evidemment, j’ai une équipe, j’ai un mécanicien, j’ai différentes ressources que je peux utiliser, mais durant la journée, la plupart du temps, je suis tout seul.

Est-ce que parfois la solitude et l’ennui te gagnent ?

Oui, carrément. L’ennui est présent. Surtout que j’ai été en convalescence pendant un moment, puis il y a eu Epstein-Barr, je ne pouvais pas m’entraîner, je ne pouvais rien faire. Quand je suis à mon appartement, il n’y a rien à faire à part rouler ou s’entraîner.

Tu termines 10ème et 17ème au grand prix de Lommel. Qu’est-ce que tu tires de ce weekend ?

À l’approche de Lommel, on sait tous que ça va être dur. Avec ma condition physique et tout ce qui s’est passé dernièrement, ça a été vraiment dur de revenir du virus d’Epstein Barr. On ne savait pas trop à quoi s’attendre pour ce weekend et on en rigolait même avec mon mécanicien, on se demandait si je rentrerais dans les points. Et puis au final, le circuit ne m’a pas paru si défoncé et profond que ça. Dans les grandes lignes, j’ai pris du bon temps et j’ai roulé avec l’état d’esprit du mec qui se dit « Je ne me concentre pas sur mes résultats, voyons juste ce que je peux faire »

À quel point le virus d’Epstein-Barr t’a-t-il affecté ?

Ça a été compliqué. L’addition du retour d’une blessure au genou qui m’a tenu hors des pistes pendant 5 mois puis chopper le virus d’Epstein-Barr juste après … Epstein-Barr, c’était un point d’interrogation. Par là je veux dire que beaucoup de gens l’ont, l’ont eu, mais personne ne sait vraiment quoi faire une fois qu’on l’a et comment s’en débarrasser.  Ces deux problèmes m’ont mis un gros coup de frein.

Thomas Covington a aussi été confronté à ce virus d’Epstein-Barr. Ça a ruiné sa saison 2019

C’est clair. J’ai su tout ça. Il m’a dit qu’il l’avait eu aussi, c’est dingue. Ben Watson, l’a eu. Benoit Paturel vient juste d’annoncer qu’il l’avait et qu’il jetait l’éponge pour le reste de la saison.

Tu attends avec impatience cette dernière étape de la saison? Tu penses pouvoir obtenir une victoire de manche voir une victoire de GP ?

Oui, je l’espère. Le week-end dernier a été meilleur que prévu vu comment je me sentais et à quel point cette piste était exigeante. En première manche, j’ai attaqué tout du long et j’ai réussi à me classer 10e, ce qui n’est pas un très bon résultat, mais à Lommel, ce n’est pas mal. Je pense que maintenant je viens de passer un cap. J’espère pouvoir aller de l’avant à partir de ça. Je vais faire quelques essais avec suspension. Pour les quatre derniers GP, je ne vise pas la lune. J’espère faire des progrès bien figurer au classement avant la fin de la saison.

Comment ça se passe avec l’équipe vue la situation ?

C’est difficile pour tout le monde. Pour moi, mon mécanicien, toute l’équipe. On veut tous obtenir des résultats et on est arrivé cette année en pensant qu’on allait en avoir cette saison. C’est difficile pour tout le monde, mais on ne peut pas baisser les bras. C’est comme ça qu’on voit les choses. On essaye de tirer le meilleur parti de la situation et de faire ce qui est en notre pouvoir pour revenir en forme.

Bien que les résultats ne soient pas présents, on t’a vu devant à quelques reprises quand tu te sentais bien. Tu penses pouvoir rouler avec des Prado, Olsen, Vialle, Geerts ?

Je pense que j’en suis capable oui. Je sais que je peux prétendre aux podiums quand je me sens bien. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Il faut faire avec la situation actuelle et aller de l’avant et s’améliorer.

Une idée de ce que tu feras en 2020 ?

Non, pas à 100% certain. Je ne pourrais plus rouler en MX2 après cette année, donc je roulerais peut-être en MXGP l’an prochain. Peut-être que je serais aux USA. Je n’ai rien de défini pour l’instant. Evidemment, si j’avais eu de meilleurs résultats cette année ça aurait été plus facile pour moi de savoir. Je pense que j’ai le potentiel pour bien faire, pour rouler devant, pour monter sur les podiums, mais dire ça a quelqu’un ou le montrer à quelqu’un, c’est bien différent, tu vois ? Pour l’instant, je suis en train de dire à tout le monde « Hey, je peux le faire quand je suis en bonne santé ! ». Mais ce n’est pas le cas pour l’instant, beaucoup de gens se fient à ce qu’ils voient de moi en ce moment.

Dans le meilleur des cas, qu’est-ce que tu aimerais voir arriver pour toi pour la prochaine étape de ta carrière ?

La meilleure chose serait de rester avec Monster Energy Kawasaki. Si je devais aller aux USA, rouler dans l’équipe de Mitch Payton, je pense que ce serait top. Je souhaite juste trouver une équipe qui a un bon programme et avec laquelle je pourrai montrer mon potentiel et rouler au meilleur de ma forme. Si on parle du Supercross, j’aime ça. J’ai grandi en roulant en Arenacross quand j’étais jeune. Je m’entraînais aussi en Supercross pour la Monster Energy Cup. J’étais censé faire la saison de Supercross Ouest cette saison avec Bud Racing mais je me suis blessé juste avant. J’aime le Supercross. Je n’en ai pas fait depuis quelques années, mais je pense qu’avec quelques mois d’entraînement, je pourrais être plutôt bon.

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