David Vuillemin « James l’aurait sauté en 125 »

À Seattle, nos deux Français se sont imposés lors de leur finale respective.

David Vuillemin n’y est pas allé de main morte après la finale de Seattle; Une touche de réalité, un soupçon d’arrogance, une langue bien pendue et une franchise qui plaît, ou déplaît, c’est au choix.

David Vuillemin nous livre une nouvelle fois son analyse après Seattle.

Jason Weigandt aux commandes pour RacerX, retrouvez l’article original ici, ou la traduction ci-dessous.

@Rich Shepherd

David Vuillemin

Aujourd’hui, quand je regarde les pilotes, je ne sais pas si c’est les réglages, les pneus, si c’est la technique du pilote [qui ne va pas]  …. Peu importe ce que c’est ….

Mais aujourd’hui, le meilleur dans les whoops, c’était Chad Reed …. Ce n’est pas normal, il a 37 ans, il est toujours bon mais loin de son niveau à son apogée. Avec son niveau d’antan, Reed roulerait avec Marvin pour jouer la gagne aujourd’hui […]

À l’époque, j’avais peur d’aller au circuit d’entraînement Yamaha. Il était défoncé, jamais refait, les whoops étaient énormes ….

Maintenant quand tu vas rouler, le circuit est parfaitement préparé tous les lundis. Je peux prendre les whoops en chaussures de tennis sur ces circuits…

Qu’est-ce que tu y gagnes ?

Ils font des tours, ils font la même chose, ils deviennent des robots, puis vient le moment où ils arrivent sur un circuit nouveau qui leur offre un défi, que ce soit beaucoup d’ornières, des whoops difficiles, voir des quadruples comme ici … 

On a les meilleurs pilotes du monde ici, pourtant, combien on fait 2-3-3-1 avant les whoops ?

James Stewart l’aurait sauté en 125cc ! Même Ricky Carmichael l’aurait fait, quand Ricky voyait James faire, il envoyait lui aussi … Reed aussi… Et tous ces mecs-là dans les grandes années.

Je ne sais pas ce qu’il se passe, vraiment. J’ai vu quelques mecs faire le quadruple, comme Dean Wilson, ce n’était pas tendu. J’ai vu des enchaînements biens plus tendus. C’est quedal, il faut juste se lancer. Les whoops ? Je ne sais pas non plus, il faut qu’ils s’améliorent techniquement parlant […]

Moi, je ne demande à personne pour trouver du boulot, je ne veux pas travailler. Lors de sa première saison en 2017, Dylan m’a contacté pour savoir comment régler sa moto.  C’était comme un audit – Je me pointe, je le regarde rouler et je lui dis ce que j’en pense.

On a examiné beaucoup de choses ensemble, même son entraînement, mais la première chose à faire était de le mettre à l’aise sur la moto, on est parti de là. 

@Jeff Kardas

Avec Marvin, on a toujours été pote, il est venu aux anniversaires de mes enfants. J’ai refusé beaucoup de jobs, parfois ce n’est pas le bon moment, ni le bon job. Et puis l’an dernier, pendant la saison de supercross, on a parlé, rien d’officiel, puis pendant l’outdoor il a dit qu’on pouvait peut-être faire un deal  pilotage & technique. Quand je bosse avec Marvin pendant la semaine, je dois respecter le calendrier d’Aldon Baker.

Avec Dylan, c’est très différent, avec lui, je fais tout. J’ai la liberté de choisir ses pneus, ses suspensions, de gérer son entraînement, on va à la salle ensemble et chaque fois qu’il roule, je suis présent.

Aujourd’hui, tout le monde utilise les vidéos, ils ont des logiciels pour pouvoir voir 2 pilotes en même temps sur le même écran.

C’est drôle parce que quand je dis à Marvin « Cette ligne-là, bien, cette ligne-là, bien, celle-ci et celle-là, pas bien » et qu’on regarde les vidéos, la plupart du temps, les vidéos montrent la même chose. Je lui dis chaque semaine que je n’ai pas besoin des vidéos.

Moi ce qui m’intéresse, c’est la qualité plutôt que la vitesse pure, c’est de tirer un maximum de la technique d’un pilote sur sa moto. Je pense que c’est le meilleur moyen de rouler en Supercross et d’être régulier. 

Il ne s’agit pas de tout défoncer et d’attaquer « No Pain No Gain » – Je hais cette expression au passage – Je suis plus comme Brad Pitt dans Moneyball. Fais les choses le plus intelligemment possible, pas de la façon la plus compliquée… Fais les choses simplement.

Les pilotes ont besoin d’avoir quelqu’un derrière leur cul tout le temps pour leur rappeler les choses qu’ils doivent faire correctement; Où mettre ses roues, comment rouler […] Si tu regardes Marvin samedi soir, c’est ça que je recherche. Je veux que tu regardes Marvin rouler et que tu te dises « Il n’a pas l’air si rapide ce soir » et que tu regardes les temps chronos et que tu te rendes compte qu’il est en haut du tableau. C’est mon objectif. 

Je veux que ce soit sans effort – tu vois les gars vont vite, mais ils font tellement de choses qu’ils n’ont pas besoin de faire. Je ne veux pas de déchets, je veux de l’efficacité tout le temps. […]

@Rich Shepherd

Ce soir, Dylan a roulé comme une merde.

[Depuis la publication de l’article, David a contacté RacerX pour expliquer qu’il n’avait pas été juste dans ses propos et qu’il essayait d’exprimer le fait qu’il savait très bien que Dylan pouvait rouler bien mieux qu’il n’avait roulé samedi soir]

Il a mieux roulé que ça plusieurs fois cette année. C’est sa première victoire, donc je vais laisser passer, mais lundi, je ne laisserais pas passer, c’est clair.[…]

Je détestais mon style sur la moto. J’aurais aimé être un Ezra Lusk ou un Kevin Windham. Ces mecs avaient bien plus de style que moi. Evidemment, j’y travaillais. Il y a beaucoup de choses que tu n’as pas besoin de faire pour aller vite. Il faut leur faire comprendre ce qu’est l’efficacité. 

Je suis très satisfait de la façon dont Marvin a roulé, il semblait lent mais il creusait l’écart. C’est ma vision du Supercross – propre, précis, rapide. Pas de rupteurs, pas d’embrayage, pas de frein arrière. Je pense que c’est la façon de faire. 

Médias