David Vuillemin: Pourquoi les USA ne gagnent plus le mxdn

En ce mercredi matin, c’était l’heure d’écouter les 5 heures du PulpMx Show #375

Zach Osborne, Ricky Johnson, David Vuillemin, Daniel Blair & Nick McCampbell étaient les invités de Steve Matthes.

Encore une fois, de nombreux sujets ont été abordés et il est toujours difficile de faire son choix quand il s’agit de choisir lequel partager avec vous.

David Vuillemin a fait une analyse intéressante sur la différence de niveau en motocross entre les USA et l’Europe. J’ai donc décidé de la traduire afin de pouvoir la partager avec vous

Tout est parti d’une simple question de Steve Matthes


Et à propos de Jeffrey Herlings, est-ce que tu penses qu’il va venir aux USA, et s’il vient, est-ce qu’il va botter le cul à tout le monde ?

Je ne saurais pas trop te dire s’il va venir ou pas, j’aimerais vraiment le voir rouler aux USA comme j’aimerais voir Cairoli se dire « Tu sais quoi, j’ai 25 titres en Europe, je vais aller passer un été aux USA ».

Je pense que l’écart de niveau en motocross est énorme entre les USA et l’Europe maintenant.

De Septembre à Mai, les pilotes Américains roulent en supercross, ils ne s’entraînent jamais, ou très peu en motocross, quand il pleut ils vont un peu dans s’entraîner dans les collines, ils font des vidéos et disent « Wow le circuit était défoncé aujourd’hui mais il était fun ». Mais ils ne s’entraînent pas vraiment en motocross.

C’est une vraie galère que de réussir à faire rouler un pilote US en motocross.

Si tu dis aux Américains « Allez, on va faire une journée d’entraînement en motocross par semaine cette saison » ils vont tous te répondre qu’ils vont attendre jusqu’aux vacances de pâques, qu’ils feront quelques jours de testings et que ça ira.

Effectivement, ça fait l’affaire, mais seulement à partir du moment où tout le monde fait la même chose…

Et puis tu as des mecs qui ne posent jamais leurs roues sur un terrain de supercross de toute l’année, comme Herlings, Cairoli ou Gajser qui ne connaissent que le motocross.

En hiver, ils vont en Espagne, en Sardaigne, en Italie. Ensuite ils vont à Lommel, en Belgique, ils font des manches, des manches et des manches …. Ils roulent dans le sable, dans la boue, sur des circuits bétons, sur de la terre. Ces pilotes-là savent rouler sur n’importe quelle surface et dans n’importe quelle condition.

Ils peuvent aussi trouver les réglages pour n’importe quel type de surface, ils ont des réglages de base pour n’importe quel type de terrain, ils sont capables de rouler dans toutes les conditions qu’ils rencontrent.

Aux USA, 10 des 12 circuits du championnat de motocross outdoor – si tu enlèves Washougal et Unadilla de l’équation – sont identiques.

Même terre, même arrosage, même préparation, tout pareil, et les pilotes roulent plus ou moins avec leurs réglages de Supercross en ayant des suspensions plus souples…

Du coup, quand ils font tous ça, la même chose, le même programme, qu’ils testent autant les uns que les autres, ils ont tous le même niveau.

Ils commencent un peu en Mars et Avril à faire quelques jours de testings, puis ensuite après Las Vegas ils font des manches de motocross à fond.

Mais du coup, ils font tous la même chose, donc personne ne fait vraiment mieux qu’un autre, ils font pareil, sont tous pareils, et restent pareils.

Mais quand ils se retrouvent confrontés à des pilotes Européens qui font du motocross toute l’année, là ils se rendent compte qu’il y a un problème.

Aux USA, on met beaucoup l’accent sur le supercross, il faut être bon en supercross pour faire de l’argent et signer de gros contrats, toute la publicité tourne autour du supercross. Mais il faut aussi s’entraîner en Motocross, c’est obligatoire.

C’est un problème aux USA, il y a des débats depuis des années après le motocross des nations, les Américains se demandent pourquoi ils ne gagnent plus, se demandent ce qu’il se passe. « Avant, on gagnait tous les ans »

Ouai, mais ça les gars, c’était avant, c’était différent. À l’époque, les Européens ne vivaient pas en Belgique par exemple.

Cairoli a changé toute la scène du motocross en Europe. Il est originaire d’Italie, là-bas, tu ne trouves presque que des terrains bétons.

À mon époque, les Italiens roulaient comme des merdes dans le sable. Quand on arrivait sur un terrain de sable en GP, ils ne prenaient même pas la peine de participer aux essais, ils savaient qu’ils allaient être pourris et se disaient « Tu sais quoi, la semaine prochaine, en Espagne, on sera meilleur. »

Il y avait 2 circuits de sable dans l’année, ils se pointaient, finissaient 12ème ou 15ème, ça leur convenait, ils attendaient les épreuves suivantes.

Mais Cairoli, tout comme Carmichael aux USA, a changé la donne en Europe.

Il a déménagé en Belgique, s’est entraîné comme un dératé, il dormait MX, bouffait MX, chiait MX, toute l’année.

Il a déplacé son team Italien en Belgique, et il roulait dans le sable tous les jours. Ça a changé la donne, et tout le monde s’est mis à faire la même chose, pour devenir meilleur.

Donc si vous, les Américains, vous ne gagnez plus le motocross des nations maintenant, vous pouvez mettre ça sur le dos de Cairoli, parce qu’il a élevé le niveau du motocross en Europe.

 

Le lien du PulpMX Show #375