Henry Jacobi « C’est dur d’accepter que je ne peux pas gagner »

La sensation Allemande de ce début de saison 2019 s’appelle Henry Jacobi.

À Matterley Basin, Henry Jacobi a fait monter sa Kawasaki F & H Racing sur la deuxième marche du podium de la journée en MX2.

Il signe son meilleur résultat de carrière dans la catégorie & pointe désormais second du classement provisoire du mondial MX2 derrière Thomas Kjer Olsen.

Rapide, agressif, Henry Jacobi roule sur le fil, et l’Allemand fait sensation en ce début de saison.

Henry, deuxième du général, meilleur résultat de carrière. Pourtant, je sentais que tu voulais la victoire et rien d’autre aujourd’hui. Es-tu en un sens déçu de ne pas pouvoir monter sur la plus haute marche du podium ?

En première manche je réalise un bon départ, j’étais même le plus rapide en piste, j’ai vu que je pouvais gagner, je suis resté patient toute la course pour tout donner et tenter de doubler dans les 3 derniers tours mais j’ai attaqué un peu tard.

C’était serré mais je n’ai pas pu capitaliser. Je me suis dit que j’allais tout donner en seconde manche mais j’ai un peu foiré les 10 premières minutes de la manche, j’étais bloqué derrière Walsh au début.

Olsen et Vialle étaient un peu partis et avaient creusé l’écart. Ensuite je me suis fait passer par Calvin Vlaanderen ….

Je me suis dit que 3ème de la journée c’était bien, c’était sur le podium, un premier pour moi et Kawasaki.

Puis j’ai vu que Calvin avait doublé Tom Vialle… Et je sais que quand on te passe, parfois tu perds un peu le rythme … J’ai essayé de faire de bons chronos, j’ai réussi, et j’ai pu doubler Vialle.

Je savais que ce dépassement me permettait de finir 2ème du général, on est vraiment content avec ça .

J’ai vu ton mécanicien te panneauter « souviens-toi » dans le dernier tour de la première manche, qu’est-ce que ça voulait dire ?

À l’entraînement, dans les derniers tours, j’ai tendance à faire des erreurs, je ne sais pas pourquoi, peut-être que mon cerveau manque d’oxygène [rires].

Dans les 3 derniers tours, je commets vraiment beaucoup d’erreurs et au lieu de me dire d’aller jouer la gagne – ce que je tentais de toute façon – ils ont essayé de me calmer « Souviens toi de ne pas faire autant d’erreurs » …. Comme parfois à l’entraînement…

Je n’ai pas trop écouté honnêtement, je voulais juste aller chercher la victoire …

Quand tu étais à la poursuite d’Olsen en première manche, je sentais que tu étais plus rapide partout sauf à un endroit, le second secteur, une idée de la raison ?

Ouais, je savais qu’il fallait que je le rattrape pour la victoire et j’ai fait quelques erreurs. Je ne suis pas habitué à rouler dans cette position.

Ces erreurs étaient dues au fait que j’étais un peu nerveux, je pensais au fait que peut-être, je pouvais gagner.

Il faut que je m’habitue à ça et j’espère pouvoir rester au contact.

Penses-tu avoir dépensé trop d’énergie en première manche, l’as-tu ressenti pendant la seconde ?

C’était un peu dur au début de la seconde manche, je pense que c’est parce que j’ai été bloqué derrière Walsh un peu trop longtemps en début de course, j’ai perdu un peu le rythme.

Je sentais que j’avais moins de jus, qu’il me manquait peut-être un peu de physique.

Mais après 15 minutes, regain d’énergie, je n’avais pas trop vidé mes réserves en première manche, donc c’est un bon signe.

Tu aurais pu monter sur le podium en Argentine, tu y parviens ici. Si l’on revient sur tes 2 GP, j’imagine qu’il n’y a pas de quoi être trop déçu.

Non. On ne savait pas ou on allait se situer lors de la première course, ça pouvait être dans les 10, dans les 5, sur le podium.

On n’était vraiment pas loin du podium en Argentine, à égalité aux points avec 3 pilotes.

J’étais le plus rapide aux chronos, j’étais bien dans la manche de qualification… À partir de là tu sais que tu peux y arriver si tu le veux vraiment et j’ai tout tenté pour y arriver.

Tu as la vitesse, l’intensité, peut-être même un peu trop des deux, j’imagine que c’est un point sur lequel tu travailles, comme tu l’as dit, réfléchir un peu plus, et essayer de te calmer au besoin.

Je veux tout le temps gagner, parfois, c’est dur d’accepter que je ne peux pas.

Surtout après avoir gagné autant en 85cc, j’ai été champion du monde junior donc j’avais l’habitude de gagner… Après ça, je n’ai plus vraiment gagné quoi que ce soit ….

Mais là, on est en championnat du monde et on ne peut pas gagner aussi facilement….

 

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