Jean Michel Bayle « Je n’étais pas le bienvenu aux USA »

Jean Michel Bayle se rappelle.

Vous ne tomberez pas des nues en apprenant que nos pilotes Français n’ont pas toujours été les bienvenus aux USA; Christophe Pourcel, Marvin Musquin et plus récemment Dylan Ferrandis pourront témoigner.

Bien des années avant l’époque des Ferrandis, Musquin, Pourcel, voir des Vuillemin, Pichon, Tortelli & Co, Jean Michel Bayle lui-même se retrouvait confronté aux médisances des fans Américains.

En 1988, Jean Michel Bayle remporte le titre de champion du monde 125 et enchaîne avec le titre 250 l’année suivante.

Avec ce titre en poche, Bayle s’envole disputer quelques épreuves de Supercross aux USA, ainsi qu’une épreuve d’outdoor 250 et quatre épreuves d’outdoor 500. Il s’adjugera la victoire au Supercross de Tokyo dans la foulée.

En 1990, Jean Michel Bayle débarque aux USA et termine second du championnat de Supercross 250 et 4ème du championnat oudoor 125. Il remportera cette année-là le Supercross de Bercy, de Genève et de Maastricht.

En 1991, Jean Michel Bayle a écrit l’histoire du motocross Français aux USA …

Jean Michel Bayle

« Quand j’étais gamin, je rêvai de venir aux USA pour rouler contre les meilleurs pilotes du monde. Quand j’ai grandi, j’ai roulé pour l’équipe usine Honda en Europe. Roger DeCoster travaillait pour American Honda à l’époque. C’était parfait pour moi, car Roger était fan de moi. Cette relation a facilité les choses pour que je puisse rejoindre l’équipe Honda aux Etats-Unis. Non seulement, j’accomplissais mon rêve, mais en plus je pouvais rouler sur une Honda, qui était la meilleure machine sur le circuit à l’époque.

Aller s’installer aux USA n’était pas simple. Peu de pilotes Européens l’avaient fait avant moi. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Beaucoup de fans Américains n’étaient pas habitués à voir un Européen rouler dans leur championnat. Il faut aussi se souvenir qu’à cette époque, les pilotes Américains dominaient à travers le monde. Voir un Français défier les meilleurs pilotes Américains, c’était difficile à accepter pour beaucoup de fans là-bas.

Ricky Johnson était mon plus gros concurrent quand je suis allé rouler sur le championnat de Supercross et l’outdoor US. Ensuite, après la blessure de Johnson en 1989, Jeff Stanton est devenu mon plus gros concurrent. Il était vraiment dur à battre, tout comme Damon Bradshaw. Ce n’était pas simple de gagner, cependant, j’ai été en mesure de remporter 3 titres en 1991. Cette année-là, j’étais content de remporter le titre de Supercross en 250, et après avoir remporté le titre outdoor 250, j’étais intéressé par le titre en catégorie 500cc. Je savais que je pouvais très bien rouler sur une 500cc, c’était vraiment super de pouvoir remporter tous ces titres la même année.

Les choses ont changé pour moi après avoir gagné ces 3 titres en 1991. Il n’était pas simple de tout gagner en tant que Français. Les fans ne m’aimaient pas et le faisaient savoir. C’est la raison pour laquelle j’ai jeté l’éponge aussi vite et me suis dirigé vers une carrière sur le bitume.  Si les choses avaient été plus simples pour moi, je serais probablement resté une ou deux années de plus, mais il y avait tellement de pression, je n’étais pasle bienvenu aux USA. Honnêtement, c’était un peu comme une guère entre les fans et moi; même si moi je ne la voulais pas. Ma passion, c’était de rouler le championnat de motocross et de supercross US. Je n’ai pas décidé de venir aux USA avec l’objectif de battre les Américains. Je suis venu aux Etats-Unis pour rouler contre les meilleurs pilotes du monde. Les gens ne comprenaient pas que j’honorais les pilotes Américains en voulant rouler contre eux.

C’est facile de venir aux USA en tant que pilote du moment que tu ne gagnes pas. Quand tu commences à gagner, les choses se compliquent. Les gens te traitent différemment. C’est normal j’imagine. C’est un très grand pays et les gens sont très fiers d’être Américains. J’ai beaucoup de respect pour eux. Mon grand-père a combattu aux côtés des Américains lors de la seconde guerre mondiale, on respecte l’Amérique. »


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