Jett Lawrence « Je suis parti de rien »

Jett Lawrence monte chez les pros.

Vainqueur d’une épreuve en championnat d’Europe 250 en 2018 pendant que son frère Hunter enfilait les podiums en MX2, il n’aura pas fallu bien longtemps pour que les frères Lawrence soient repérés par les équipes Américaines. De fait, Jett et Hunter se sont envolés pour les USA à l’intersaison 2019 pour tenter l’American dream.

Si Hunter a fait ses débuts chez les pros outre Atlantique dès l’ouverture du championnat Outdoor, son petit frère Jett a attendu d’empiler quelques titres amateurs avant de faire la transition à l’intersaison 2020. Vainqueur de la catégorie amateur de la Monster Cup, Jett Lawrence fera ses débuts officiels chez les pros à Melbourne, à l’occasion de la dernière épreuve du championnat de Supercross Australien / d’Océanie.

En 2020, les deux frères Australiens s’aligneront sur le championnat de Supercross 250 au sein de l’équipe Geico Honda.

Faire tes débuts en Australie, au Stadium Marvel, ça te fait quoi ?

C’est vraiment top, top de pouvoir faire mes débuts chez les pros là-bas, à domicile, au lieu de les faire aux USA. Rouler contre les grosses pointures dans un stade aussi gros, c’est vraiment dingue, je suis content de pouvoir faire ça et j’ai hâte que ça commence.

Tu as roulé lors de beaucoup de grosses épreuves, lors de la Monster Cup aussi, j’imagine que rouler dans un stade, c’est différent que de rouler à l’extérieur.

C’est plutôt cool. Quand tu entends la foule en délire, tu sais que quelque chose s’est passé, en plus, j’ai tendance à être distrait assez facilement donc j’essaye de savoir ce qu’il s’est passé !(rires). C’est un énorme stade ici, il y a un toit, ça va faire encore plus d’écho, quand quelqu’un va se manger ou doubler, ça va faire du bruit ! J’espère être celui qui double, comme ça le public fera du bruit pour moi.

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Tu as voyagé en Australie, en Europe, maintenant aux USA. Ça doit être cool d’avoir un pied-à-terre en Californie pour pouvoir vivre et t’entraîner désormais.

Ça fait du bien, ce n’est pas vraiment chez moi, mais petit à petit, je me sens de plus en plus à la maison ici. Je suis resté chez la famille O’Mara récemment, j’ai l’impression d’être un enfant parmi eux (rires). Cependant, ça fait du bien d’avoir une maison, car on a voyagé en famille pendant longtemps en Australie, en Hollande, en Belgique, en France, aux USA … C’était fou, mais maintenant, c’est bon de savoir qu’on va pouvoir rester quelque part pour plus d’une année et qu’on va pouvoir appeler cet endroit notre chez nous.

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Est-ce que tu te dis qu’il était temps que tu passes chez les pros ?

Oui, pour un jeune, les étapes amateurs sont très longues, surtout quand tu viens d’Australie, donc c’est bon de pouvoir enfin se dire « je suis pro désormais », j’ai l’impression d’être bon dans quelque chose désormais (rires). C’est cool, on a fait le championnat du monde, on a essayé de se faire repérer, on a fait l’Europe, désormais les USA, c’est une sacrée procédure.

Le but, c’était de te faire repérer, ou plus de te pointer et de t’éclater à moto ? Gamin, tu voulais surtout faire de la trottinette et rester avec tes copains.

Beaucoup de gens essayent de se faire un nom dans le milieu, mais j’ai toujours essayé de m’éclater et j’aime vraiment passer du bon temps, faire l’idiot, dire n’importe quoi. J’ai toujours voulu me concentrer sur l’aspect fun de la chose, je dois me souvenir d’où je viens. Je suis parti de rien et maintenant je suis l’un des pilotes attendus chez les pros, j’espère être le plus rapide des jeunes pilotes ! En Europe, on s’est souvent demandé ce qu’on ferait si on ne faisait pas ça, c’est quelque chose à quoi tu penses souvent donc je suis reconnaissant d’avoir pu vivre ces expériences car peu de personnes de 16 ans ont connu ça. J’apprécie vraiment ce qu’il m’arrive.

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Les jeunes aux USA, ils ont des fans aux USA, tandis que toi, tu as des fans à travers le monde pour avoir roulé aux 4 coins du monde.

Oui, je suis un peu comme Ken Roczen, j’ai des gens qui me suivent du monde entier. Quand je regarde les gens qui me suivent, d’où ils viennent, je vois que certains sont Australiens, Allemands, Néerlandais, Américains, d’un peu partout et c’est vraiment dingue de voir ça, ce n’est pas juste mes amis aux USA. C’est cool d’avoir une base de fans aussi grosse que ça.

Et représenter l’Australie, c’est important pour toi ?

Oui, ça l’est. D’une certaine façon, je représente mon pays et je veux bien figurer pour ça. Les USA, c’est bien, mais je veux que les gens voient les Australiens comme des énervés de la gâchette – je veux que mon pays soit fier de moi.

Anecdote d’Hunter lawrence – Le grand frère de Jett Lawrence 

« Pour moi et ma famille, c’était un gros sacrifice d’aller en Europe pour rouler en GP.

On n’avait pas d’argent, on a fait du jardinage et de la peinture dans la maison pour la rendre plus attractive pour la vente, on a vendu des vélos, on a vendu tout ce qu’on pouvait vendre, jusqu’à nos casseroles, 1$, 2$, même si personne n’en voulait, si ça nous faisait 1$, on le prenait.

On a tout vendu, on n’a plus aucune attache en Australie à part la famille et les amis. On ne risquait pas de perdre d’argent en venant en Europe, on n’en avait pas de base. …[…]

La première équipe pour laquelle j’ai roulé en Europe m’avait promis de s’occuper de mon visa. Après 3 mois, ils se sont rendu compte que c’était difficile d’obtenir un visa et qu’ils ne pouvaient pas le faire pour moi.
Fin février, ils me disent qu’ils ne peuvent plus me payer car je ne suis pas en règle niveau visa et qu’il va falloir rompre le contrat mais me demandent quand même si je peux continuer à rouler pour eux.
C’était la merde, mais j’ai continué à rouler, c’était ma chance de briller et me faire repérer par une autre équipe.[…]

Le boss de Kawasaki Europe m’a dit de rentrer chez moi et qu’il s’occuperait de me faire revenir dans les règles l’année suivante, mais on ne pouvait pas, on n’avait plus de maison, plus de voiture, plus rien.
On est resté, j’ai roulé sans être payé jusqu’au Janvier de l’année suivante.
Ensuite j’ai été chez Suzuki, c’était cool, et la dernière année, une nouvelle fois, j’ai roulé sans être payé. L’équipe avait déjà signé leurs deux pilotes et ne pouvait pas me payer. […]

Le jour où on a fini par nous dégoter un visa… On avait la résidence à Chypre, une petite île Grecque.
C’était à 4heures d’avion de là où on vivait en Belgique. Tous les 3 mois, moi et toute ma famille, on devait se rendre à Chypre pour se faire tamponner nos passeports pour être dans la légalité en Europe.
Tous les 4 ou 5 grands prix, le dimanche après être rentré de l’épreuve, on se préparait, et le lundi matin on se levait à 3h pour prendre l’avion pendant 4 heures, faire tamponner nos visas, on restait une nuit sur place, et on rentrait. […] »

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Source: AU SX OPEN


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