Justin Cooper « On va aux nations pour gagner »

Justin Cooper ne va pas aux nations pour faire de la figuration.

Après seulement 2 saisons chez les professionnels, Justin Cooper a été sélectionné pour représenter l’équipe Américaine lors du Motocross des Nations aux côtés de Zach Osborne et Jason Anderson. Visiblement, le pilote Star Yamaha ne compte pas faire le déplacement pour rien et espère pouvoir jouer la victoire dans l’épais sable d’Assen. Si la victoire des USA aux nations était difficile à envisager il y a encore deux mois, on semble presque la redouter à présent. Vu le plateau affiché aux Nations, difficile de prétendre à « la course la plus relevée de l’année » quand on liste le nombre d’absents.

Une chose qui te démarque des autres est le fait que tu as eu une vie d’adolescent relativement normale. Tu as été jusqu’au lycée, pas vrai ?

C’est vrai. En fait, il y avait pas mal de gars qui ont grandi avec des contrats usines qui me fumaient plus jeunes et maintenant qu’on est chez les pros ils sont loin derrière moi. Je suis sur le podium et eux terminent 15ème ou 20ème. Je pense qu’ils ont eu l’habitude de tout avoir chez les amateurs. Ils ont pris les choses pour acquises alors qu’un pilote qui n’a pas de guidon va travailler dur pour mériter ce qu’il a car on ne lui donne rien sans effort, c’est tout ce que j’ai à dire. À moins d’être hyper dominant chaque année … Pourtant, tu peux voir que la plupart de ces jeunes finissent par sombrer une fois qu’ils décrochent un guidon usine, ils ne sont pas assez motivé je pense.

Tu n’as peut-être pas gagné le championnat mais tu as connu une belle saison.

La saison s’est déroulée en accord avec les objectifs. Quelques courses m’ont mis hors du coup. Mais je suis monté sur le podium presque toute la saison et j’essayais de finir sur la plus haute marche du podium.

Est-ce que tu peux pointer quelque chose du doigt que tu aurais pu faire différemment ?

Non car je pense que j’ai tout donné à chaque épreuve cette année. Je n’ai pas très bien roulé lors de certaines épreuves, j’ai eu des jours sans, mais ça fait partie du sport. Il faut tirer profit des bons jours. Quand j’ai connu des mauvaises journées, j’ai tout de même essayé d’avoir la bonne attitude et de tout donner pour faire en sorte que ça fonctionne. J’ai appris des choses que je pourrais utiliser pour l’an prochain, et même pour le Motocross des Nations.

En tout cas, aucun point faible ne semblait apparent.

En Motocross tu connais la boue, la chaleur, les terrains secs, différentes surfaces. Il faut être bon partout. Il faut être au point chaque fois. Il faut faire en sorte qu’une mauvaise journée puisse être une bonne journée, et lors des bonnes journées, il faut dominer. Si tu veux gagner le championnat, il faut monter sur le podium et tu ne peux pas te permettre de terminer 10ème. Il faut monter sur ce podium. Je pense que j’ai tout donné cette année et engrangé beaucoup d’expérience. Ce qui ne te tue pas te rend plus fort, il faut continuer de travailler, et je reviendrais pour le titre l’an prochain.

Adam et Dylan, tes concurrents principaux, roulent depuis plus longtemps que toi.

Oui, c’est ma seconde saison de Motocross, ma première année pro complète, et je vais représenter mon pays au motocross des nations. Les choses se déroulent bien pour moi, c’est sûr. Parfois, je me mets beaucoup de pression sur les épaules, les gens attendent beaucoup de moi. Je suis monté sur le podium 9 fois cette saison, c’est un bon ratio mais j’aimerais pouvoir prétendre à plus de victoires d’épreuves.

Tu es dans une équipe avec beaucoup de très bons pilotes.

L’équipe est très bonne cette année, je pense que tout le monde le réalise et c’est cool. C’est bon d’avoir une équipe aussi forte. Pas seulement un pilote ou deux, on est 4 ou 5 à être devant parfois. C’est vraiment spécial et c’est tout benef’ pour l’équipe. Bien sur, je veux être le meilleur de l’équipe. Je fais de mon mieux et je donne tout, à chaque fois, pour l’être.

Avec Dylan, vous vous êtes beaucoup battu pour les positions au championnat. Est-ce que vos relations ont changé depuis que tu as signé avec Star Yamaha ?

Honnêtement, non. On est ami en dehors du circuit et on se tire la bourre sur le circuit. On se respecte en tant que pilote, c’est ce qu’il faut faire. C’est comme avec n’importe quel coéquipier. Les autres équipes aussi ont des pilotes qui se battent. On se bat sur la piste et après on est pote en dehors du circuit. Si on se battait pour le championnat tous les deux, ça deviendrait un peu plus chaotique mais autrement, il y a du respect, on fait notre boulot.

Qu’est-ce que tu penses du fait de s’entraîner en Californie plutôt qu’en Floride pendant la saison de Motocross ?

Je préfère la Californie, il fait trop chaud en Floride. Je pense que si tu travailles trop dur en Floride, tu vas te cramer. Je veux bien aller là-bas 4 ou 5 semaines quand on roule sur la côte Est, entre Thunder Valley et Washougal par exemple. Un mois en Floride, mais je préfère la Californie. On vit là-bas, tout ce dont on a besoin est là-bas. On voyage un peu plus, mais tout fonctionne plutôt bien. Tout est bien organisé; on suit notre programme et on ne s’entraîne pas sous 40 degrés avec cette humidité permanente. Pour moi, c’est ridicule de rester en Floride. Cette saison, on a connu une ou deux épreuves où il faisait très chaud. Ce n’est pas comme si on avait besoin de s’entraîner sous le cagnard toute l’année à se tuer à la tâche pour une ou deux épreuves. Je pense qu’on est bien en Californie.

Parlons des Nations. Tu dois être un des pilotes avec le moins d’expérience à être sélectionné par l’équipe Américaine.

Oui, c’est seulement ma seconde saison chez les professionnels donc tu peux difficilement faire plus tôt, à part si tu es sélectionné dès la première année. J’ai hâte et je n’ai pas peur. Je vis le moment présent, je suis vraiment content d’en faire partie. Je vais y aller à fond, et surement pas reculer à cause de mon manque d’expérience.

Tu voulais vraiment y participer n’est-ce pas ?

Oui, même si ça rallonge la saison et que tu n’as pas beaucoup de repos. Les autres veulent rentrer chez eux et se reposer. Je ne dis pas que je ne veux pas de vacances, mais je préfère représenter mon pays. C’est une superbe expérience et c’est un honneur d’avoir été choisi. Je vais faire de mon mieux, ce sera une longue saison mais je ne voudrais rien faire d’autre que d’aller rouler aux Nations.

Je crois que tu vas y aller tôt pour te préparer ?

Oui, car il faudra s’entraîner dans le sable. Il faut se préparer autant que possible. On va aller en Europe deux semaines plus tôt, rouler dans le sable profond, et on va tout donner.

En vous écoutant parler, toi, Jason et Zach, on a l’impression que vous approchez la course avec un objectif d’équipe plus qu’un objectif individuel.

Oui, c’est l’objectif cette année. L’an dernier l’équipe Américaine était un peu éparpillée, ce n’était pas vraiment un effort d’équipe. Cette année, on va tous être ensemble dans les paddocks et on va travailler comme une équipe, c’est vraiment ce qui est important. C’est une course par équipes, pas une course individuelle, il faut travailler ensemble.

Quels sont les objectifs pour les nations ?

On va aux nations pour gagner. On ne veut pas perdre notre temps pour finir 5ème. Beaucoup de travail va être fait, on va faire du mieux qu’on peu, et que la meilleure équipe gagne.

Par Jim Kimball

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