Marvin Musquin « La douleur est encore présente, il me faut du temps »

Encore un peu de repos pour Marvin Musquin.

Alors qu’il avait gagné la première manche de la dernière épreuve du championnat de motocross Américain à Ironman, Marvin Musquin a été victime d’une chute lors du départ de la seconde manche et s’est blessé au genou. S’il n’a pas été contraint de passer sur le billard pour soigner son genou, le pilote Français n’est pas remonté sur sa moto depuis sa chute et se voit contraint de patienter encore quelques semaines avant d’entamer sa préparation pour la saison 2020. Pas de quoi perturber Marvin qui sait que son intersaison est loin d’être pire que celle de 2019 puisque le pilote RedBull KTM se retrouvait sur la touche à quelques semaines de l’ouverture de la saison dernière.

Marvin était présent lors de la journée de presse KTM vendredi dernier et RacerX est allé à la rencontre du pilote Français pour prendre des nouvelles.

Marvin, elle ressemble à quoi ton intersaison ? Tu étais en France, n’est-ce pas ?

Comme à l’habitude, un mois de repos en Septembre. Juste après Ironman on a pris un mois de repos. Malheureusement, les vacances ne se sont pas passées comme prévu car je devais soigner mon genou. C’est comme ça. On est rentré en France et on s’est marié une nouvelle fois avec Mathilde !

Une cérémonie de mariage ?

C’est ça. Avec Mathilde, nous sommes mariés depuis 2012, mais là, on a fait une énorme cérémonie. On était super content. Tout s’est bien déroulé. On a passé un super moment avec nos amis et nos familles.

Tu ne boitais pas lors de la cérémonie ?

Non, ça allait. C’est drôle car mon chirurgien est vraiment proche de moi et de Mathilde maintenant, c’est un bon ami, et il était présent avec mon kiné. Mon team manager Ian Harrison, Aldon Baker ou le Docteur G. ont pu parler à mon chirurgien le jour de mon mariage, c’était marrant.

Ils sont venu à ton mariage ?

Oui, tout le monde était présent.

Tu as eu besoin de te faire opérer ?

Non, c’était juste une surtension du genou. J’ai hâte de remonter sur la moto. Se reposer, c’est bien, mais j’aime aussi énormément ce que je fais. Ça sert aussi à ça les pauses, à réaliser qu’il faut prendre le temps pour que le corps et l’esprit récupèrent.  Tout ce que tu fais pendant ta saison, ta routine, au final, c’est tout ce que tu sais faire, tout ce que tu aimes.

Tu vas reprendre l’entraînement quand ?

Je ne sais pas encore. Je vais prendre encore deux semaines de repos. Il me faut encore un peu de temps pour m’assurer que mon genou est assez solide. C’est difficile de gérer une blessure au genou. Je ne veux pas revenir et ne pas être à 100% physiquement. Je veux que mes jambes soient fortes. […]

Je veux guérir et ne pas avoir de douleurs. Pour l’instant la douleur est encore présente. Il me faut encore du temps. C’est une longue intersaison mais le temps passe déjà très vite. Mais bon, quand tu vois ou j’en étais à cette période l’an dernier, tu te dis que ça pourrait être pire.

L’an dernier, à Noël, tu ne savais toujours pas si tu allais pouvoir rouler à Anaheim 2 semaines plus tard.

J’ai repris l’entraînement le 26 décembre, le jour après Noel, on a essayé pour voir comment ça allait. En dehors de ça, je faisais de mon mieux au niveau de la rééducation, du kiné et du cardio car en dehors de la moto, c’est très dur de rester en forme. Heureusement, je pouvais faire un peu de vélo.

On entend toujours dire que le programme d’Aldon est très difficile à suivre. C’est ta 5ème saison avec lui c’est ça ?

5ème saison, l’an prochain, ce sera la 6ème.

Tout le monde dit « C’est trop dur, tu ne peux pas faire ça pendant longtemps ».

Oh, c’est dur. Je suis juste un dur a cuire et j’arrive à tenir ! [rires]. C’est assez strict, on suit un programme, c’est un bon programme. Un programme de qualité avant même d’être un programme basé sur la quantité. Je m’en sors bien, ça m’apporte beaucoup. On va continuer à suivre le programme d’Aldon.

Les gens pensent que 4 ou 5 an, c’est le maximum qu’on puisse tenir avec Aldon, mais tu te sens apparemment aussi bien qu’au début à l’approche de ta 6ème saison ?

Je pense que tout dépend de la situation dans laquelle tu te trouves. Ryan Dungey, il était au top du top pendant de longues années. Je pense que pour lui, le fait de prendre sa retraite tôt venait surtout du stress de devoir être numéro un chaque saison. Ça a dû être dur, très dur, chaque année. Je n’ai jamais été dans cette position, vraiment, même si j’ai déjà mené des championnats lors de certaines années et que je me suis battu pour des championnats, je n’ai jamais terminé sur la plus haute marche du podium. Et puis en dehors de ça, il faut voir comment tu vis ça.

Villopoto et Dungey, ils ont seulement tenu 4 ou 5 ans avec Aldon avant de se retirer. Je dis tout le temps « Il gagnaient chaque année, c’est beaucoup de pression, pression que beaucoup de pilotes n’ont pas sur les épaules ». Ce n’est pas seulement le vélo qu’ils font pendant la semaine qui les fatigues, mais le fait de devoir entendre « Qu’est-ce qu’il t’arrive » le jour où ils terminent second.

Exactement. Ça a dû être très dur pour Ryan Dungey d’avoir des gars comme moi, Jason Anderson ou des pilotes plus jeunes qui venaient le battre à l’entraînement. Pourtant, il était toujours très fort lors des courses. Le mélange de tout ça, c’est vraiment ça qui est dur, mentalement. Je n’ai jamais été dans cette position. Difficile d’accepter de se faire battre quand tu es le numéro 1

Tu as quel âge maintenant ?

29 ans, je vais avoir 30 ans le 30 décembre.

Ça va faire une différence ?

On verra [rires]. Peut-être que quand je réaliserais que j’ai 30 ans je vais me dire « Oh putain » [rires]. Pour l’instant, j’ai l’impression d’avoir déjà 30 ans, tu vois, même si je n’ai que 29 ans.

Les études démontrent que parfois, avoir 30 ans, c’est encore mieux que 25 ans au niveau du cardio. C’est encore plus de pression ? Je ne pense pas qu’avoir 30 ans signifie qu’on n’est plus capable de performer […]

Même si le Motocross est un sport très exigeant, je pense qu’à 30 ans, on a une très bonne base physique et cardiaque que ça dépend plus de l’état global de ton corps, de tes muscles, de tes os, de tes ligaments, de ce qui va venir te faire mal, des blessures. J’ai eu des problèmes au niveau des genoux mais j’ai toujours été en mesure de prendre le dessus et de revenir plus fort de nouveau.

Tu as signé un contrat de deux ans, jusqu’en 2021 ?

Oui, deux ans. C’est génial de signer un contrat de deux ans, tu sais ce qui t’attend. On verra pour la suite.

Tu es plus vieux car tu as aussi fait un bout de chemin pour arriver ici. Tu as roulé en Europe pendant longtemps. Tu as gagné des titres. Ça prend du temps. C’était ton objectif ultime les USA ?

Oui, c’était l’objectif. Bon, quand j’ai galéré lors de ma première année et demie en Europe avec une équipe privée, je ne dirais pas que je ne pensais pas aux USA, mais j’étais dans une situation délicate. J’essayais de faire ce que je pouvais. Depuis que je suis petit, j’ai toujours voulu venir aux USA et rouler en Supercross. L’opportunité s’est présenté après mon second championnat et KTM voulait passer à la vitesse supérieure aux USA et nous avoir sur place. Le timing était parfait. Je n’aurais pas pu rêver mieux.

Tu regardais les courses de Supercross à la TV quand tu étais gamin ?

Oui, bien sur.

Je me demande toujours comment vous faites pour regarder les courses, ça passe à la TV ?

Je regardais ce que je pouvais. Je dirais que c’était sur DVD’s, mais je ne sais même pas si ça existait à l’époque.

Des VHS ?

Oui, des VHS. Je ne sais plus exactement mais il est clair que je regardais. Je lisais les magazines, tout ce que je pouvais. J’allais à Bercy et je parlais à Vuillemin, Mc Grath, Lusk, Windham, à chaque fois. Je voulais faire exactement pareil que Vuillemin, Tortelli ou Pichon.

C’était comment ? Tu étais jeune à l’époque. Ils étaient cool ? Tu avais des liens avec eux à l’époque ou tu étais juste un autre gamin pour qui ils signaient des autographes ?

J’ai une histoire avec David. J’étais dans les paddockq de Bercy et ma mère se promenait toujours avec des photos de moi à moto. On avait notre propre circuit à l’époque, et c’était vraiment quelque chose. J’avais un terrain de supercross. J’avais 10 ans et je roulais en 65cc.

On voulait montrer nos photos à David, lui montrer qu’on avait un terrain de Supercross, et David a dit « Gamin, tes sauts sont petits ». J’étais là « Putain, il n’a que ça à dire de mes photos ? ». Je roulais aussi sur la 125 de mon frère à l’époque, j’étais tout petit, David a regardé la photo et il nous a dit qu’on était dingues. David était vraiment cool. Je lui ai demandé son maillot et il m’a dit « Okay, si tu me donnes le tien ». Je lui ai donné mon maillot, j’ai mis le sien, et lui a mis le mien. J’avais 10 ans, je ne sais pas comment il a réussi à rentrer dedans, mais il y est parvenu !

David était cool ?

Oui, il était vraiment cool. Ma mère était probablement un peu ennuyante pour lui car elle voulait vraiment que je sois content et que je puisse parler à David. Il se souvient probablement plus de ma mère qui venait l’embêter dans les paddocks que de moi.

Tu travailles toujours avec lui ? Tu travaillais un peu avec lui l’an dernier.

Je ne sais pas encore, on va voir.

Est-ce que parfois tu te dis « Je n’arrive pas à y croire. Je travaille avec David, je suis ami avec David! ». C’est dingue si on repense à quand tu avais 10 ans.

C’est clair. Depuis qu’il a pris sa retraite sportive, David essaye d’aider les pilotes. Il est de mieux en mieux à ce niveau-là. Je l’ai vu faire du bon travail avec Dylan Ferrandis. J’aime vraiment son approche du sport, de la technique, des lignes, c’est pourquoi je voulais l’avoir avec moi parfois à l’entraînement. On va voir si on peut continuer à travailler ensemble l’an prochain.

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