Nick Gaines « J’aimerais rentrer dans le top 10 »

Un privé parmi tant d’autres.

Depuis quelques saisons déjà, Nick Gaines tente de faire son apparition dans le top 10 en Outdoor US, en vain. L’an dernier, le pilote originaire de Géorgie s’est aligné pour ses premières épreuves de Supercross et encore une fois, il n’est pas passé loin de remplir ses objectifs de top 10.

Après une carrière en amateur remplie de succès, le passage chez les pro a été délicat pour le pilote de la petite structure 3D Racing. Rentrer dans le top 15 n’est pas chose simple face aux pilotes usines mais Nick vient de réussir le coup en terminant 13ème à Southwick et 15ème à Redbud.  Nick a inscrit des points lors de 7 des 8 dernières manches et espère bien pouvoir passer un cap avant la fin de la saison avec son entraîneur, Ezra Lusk.

Une interview réalisée par RacerX – retrouvez la version originale en cliquant ici

Nick, tu fais quoi là ?

Je viens de rentrer chez moi, je viens de passer la journée à m’entraîner avec Ezra Lusk. Il fait chaud ici, en Géorgie [rires]

Wow, Lusk ?

Ouai, c’est génial d’être avec lui 3 jours par semaine. Il donne des cours du mardi au jeudi de 10h à 15h. Travailler avec lui cette année, c’est top, il en connaît beaucoup et il me pousse beaucoup pendant la semaine. J’essaye de tout imprégner et de m’en servir les samedis en course !

D’un coup, tes supers manches prennent sens [rires].

C’est clair ! C’est vraiment génial de pouvoir se confronter aux pilotes usines pendant les weekends. Il faudrait que j’arrive à prendre un bon départ, je galère vraiment à me retrouver devant en début de course. Mais je suis vraiment content du déroulement de la saison, de ma vitesse, de ma condition physique.

Tu es content, mais est-ce qu’Ezra l’est ?

Il n’était pas très content de moi en seconde manche à Redbud. Il me l’a fait payer aujourd’hui ! Ça va être deux longues semaines pour moi maintenant j’imagine [rires]

Outch, un bootcamp de mi-saison ?

Ouai, un bootcamp de mi saison. Ça aurait été mieux pour moi de finir sur une bonne manche avant le break !

Parlons de tes manches. Même si Redbud n’était pas excellent, tu termines dans le top 15 ces deux dernières épreuves.

J’étais satisfait de ma première manche car je suis revenu de loin et j’ai pu doubler quelques bons pilotes à la fin de la manche et je termine 13ème. Lors de la seconde manche, je ne sais pas ce que j’ai foutu lorsque la grille s’est abaissée, mais c’était terrible. Mais bon, j’ai attaqué, j’ai mis la tête dans le guidon et je suis remonté 15ème, par là, avant de tomber et de me cogner la tête assez fort. Derek Drake et moi on est rentré dans un virage côte à côte et c’était à celui qui couperait les gaz en premier. J’ai fait le dépassement mais malheureusement je suis arrivé dans le virage vraiment trop vite et j’ai pris un trou qui m’a fait passer par-devant, la moto est ensuite venue me percuter au niveau de la tête. Je n’arrivais pas à retrouver le rythme dans les 6 ou 7 derniers tours, donc ce n’était pas une bonne manche. Je n’arrivais plus à doubler.

« Tu es sur une moto d’usine, si tu veux me doubler, on va voir qui coupe les gaz en premier », c’est ta mentalité quand tu roules dans le top 15 comme ça?

Non, pas vraiment. Je veux tout de même battre autant de pilotes usines que possible. Je me concentre plus sur moi-même et sur le fait de faire du mieux possible à chaque manche. Au mieux, avec un bon départ, je sais que je peux être dans les top. Il faut juste que j’arrive à partir devant plus souvent que ça.

Est-ce que c’est l’objectif pour toi et ton équipe, de finir dans le top 10 ?

Bill, le propriétaire de 3D Racing est super cool et me soutient beaucoup, mais ouai, lui, Ezra et quelques autres personnes me poussent et me disent que je peux le faire et que je peux faire partie de ces pilotes de devant. Ça me fait bosser encore plus fort, je veux être dans les 10, j’en ai marre des positions à deux chiffres.

Beaucoup de pilotes privés ont ce but commun. Qu’est-ce qui fait que vous voulez autant rentrer dans le top 10 ? C’est un sentiment de réussite, rouler dans le groupe « d’élite » ?

Ouai c’est clair, ce sentiment de mettre les pièces du puzzle en place. Terminer 9ème ou mieux en 250 vu le niveau du plateau, c’est quelque chose dont tu peux être fier. Mon but reste le même, continuer de travailler pour peut-être pouvoir devenir un pilote usine qui signe des holeshot et mène des tours, c’est le rêve. Il faut continuer de s’améliorer.

Tu as goûté au succès chez les amateurs, qu’est-ce que ça fait de passer chez les pros et de devoir mesurer ce succès différemment ?

Connaître une carrière amateur remplie de succès, c’était cool. J’ai eu de la chance de pouvoir rouler pour Cobra puis pour l’équipe Monster Energy Kawasaki Team Greek pendant 11 ans. Le truc, c’est que chez les amateurs, il n’y a que 3 ou 4 pilotes très rapides et c’est comme faire un sprint. Chez les pros, il y a 20 mecs qui ont déjà gagné un titre chez les amateurs. Moi, quand je suis arrivé chez les pros, j’ai terminé 11ème lors de ma première course mais je n’ai pas réussi à rester en bonne santé toute l’année, je me suis blessé. Donc il a fallu que je revienne et que je reconstruise tout, que j’essaye de m’améliorer en plein milieu de la saison, peut-être que je peux parvenir à mettre tout ça derrière moi maintenant, aller de l’avant et continuer comme ça. Je sais que je fournis le travail pour et que ma confiance revient.

Retour à Ezra. T’entraîner avec lui, ça doit être éducatif. En dehors du fait qu’il te botte le cul, c’est comment de bosser avec lui ?

Il me botte le cul chaque semaine, c’est sûr ! Il est super, il en connaît un rayon et j’essaye d’être comme une éponge et de tout absorber. Aujourd’hui, c’était jour de manches donc on a sectionné le circuit pour travailler, on a fait 2 entraînements, puis ensuite 2 manches de 30 minutes. Chaque jour est différent, le circuit est différent, on travaille sur des choses différentes, on s’occupe du rythme cardiaque, on chronomètre chaque tour. Avec lui, je ne me demande plus si j’en fais trop ou pas assez.

Est-ce qu’il roule avec toi ? Tu roules seul ?

J’essaye de le faire rouler avec moi ! Il a une 250 CRF mais il ne roule pas, il se concentre sur nous, ses pilotes, sur le circuit. J’essaye de lui faire faire du vélo ou du vtt avec moi, même s’il me fumerait. Il y a des jeunes qui roulent avec moi, certains d’entre eux se préparent pour Loretta Lynn’s, d’autres veulent juste s’améliorer pour leurs courses du weekend.

D’ici à la fin de saison, dans quel domaine espères-tu t’être amélioré le plus ?

Je veux toujours être meilleur, peu importe la façon ! J’aimerais rentrer dans le top 10 avec un bon départ et rouler du mieux que je peux et je pense que je me surprendrai. De toute façon, je veux être un pilote solide, un mec qui peut se battre devant, un type dans lequel les équipes peuvent investir.

 

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