Quentin Prugnières « On veut toujours plus, toujours mieux »

Fini le 85 pour Quentin Prugnières.

Champion de France minivert en 2016 et 3ème du championnat de France Espoirs en 2017, l’ascension de Quentin Prugnières s’était retrouvée d’un coup compromise en 2018 sur des soucis de santé qui avaient tenu le pilote originaire de réunion éloigné des circuits. Pourtant, ce dernier a fait un retour en trombe en 2019 dès l’ouverture du championnat de France Espoirs.

C’est une saison 2019 chargée qui attendait Quentin cette année puisque le jeune pilote Bud Racing  – coaché par Steven Frossard – s’adjuge le titre de champion de France Espoirs tout en dominant les qualifications à l’Europe  zone sud-ouest.

Il participait cette année à son premier Mondial 85cc à Trentino où il termine 4ème et monte sur le podium du championnat d’Europe 85cc deux semaines plus tard à Loket. Quentin raconte.

Quentin, avant même d’entrer dans le vif du sujet, j’aimerai savoir comment tu t’es retrouvé à faire de la moto en étant originaire de la réunion. J’imagine que c’est un sport bien moins présent que sur le continent.

En fait, la Réunion, c’est très petit. Du coup, quand il y a une course qui se déroule, toute l’île est au courant. Un jour, on a été assister à une épreuve et moi, je ne voulais plus partir.

On y est retourné 2 ou 3 fois et tout est parti de là. Figures-toi que le motocross est bien présent là-bas, seulement, c’est une petite île.

Le champion de France Espoirs 2019 termine second en première manche 85cc à Loket

À quel moment avez-vous pris conscience que tu avais le potentiel et avez pris la décision de tenter votre chance en venant vous installer sur le continent ?

Je n’ai jamais vraiment pris conscience du potentiel que j’avais, je ne me suis jamais dit que j’étais bon, et je ne me le dit toujours pas aujourd’hui. Moi, je voulais venir rouler en France car j’aimais ça. On était venu pour le fun.

Comment s’est passée la transition pour vous ?

Ça s’est très bien passé. Au début, ma mère a dû rester à la Réunion pour son travail. Le plus dur, c’était de s’habituer aux températures ici.

Après des pépins de santé en 2018, revenir et gagner l’ouverture du France Espoirs, ça a dû être un vrai soulagement pour toi ? Comment es-tu parvenu à non seulement revenir au niveau ?

C’est vrai que ça a été un vrai soulagement. J’y suis parvenu avec beaucoup de travail même si j’ai manqué deux mois de préparation pendant l’hiver. On a beaucoup travaillé avec Steven.

Une équipe de renom, coaché par Steven Frossard, tu te donnes clairement les moyens de réussir et cette saison, ça a plutôt bien fonctionné pour toi. Pourtant, j’imagine que malgré le beau podium de Loket, ce n’était pas vraiment le résultat espéré sur l’Europe ?

C’est vrai que ça a très bien fonctionné avec Steven Frossard cette saison. Pour l’Europe, j’avais visé plus haut mais c’est déjà ça [une troisième position]. C’était un assez bon weekend bien que le stress soit venu m’empêcher de rouler à pleine capacité, je n’ai pas pu me relâcher à 100%.

Je me sentais assez bien sur la piste de Loket, je le voulais ce titre, mais ce n’était pas pour moi cette année. C’est comme ça, on essayera de faire mieux l’année prochaine en 125.

Tu vas tout de même chercher le championnat de France 85 cette saison et un top 5 en mondial à Trentino. Pour ta dernière saison en 85, un titre national et un podium en Europe, difficile de se plaindre non ?

L’objectif sur le championnat de France est atteint mais pas sur le mondial et l’Europe, c’est dommage. Mais bon, on veut toujours plus, toujours mieux, donc je ne me plains pas.

Cette collaboration avec Steven Frossard à l’air de plutôt bien fonctionner. Si tu devais pointer du doigt un secteur dans lequel il t’a le plus aidé, lequel ce serait ?

Je dirais l’aspect mental. Mais aussi le physique, la technique et la vitesse sur la moto. J’ai appris beaucoup de choses et je continuerais à apprendre avec lui.

Si Steven devait se plaindre de toi, ce serait à propos de quoi ?

À propos de la nourriture je pense [rires]

À quoi ça ressemble, une semaine type dans ton programme avec Steven ?

Le lundi, c’est piscine.  Le mardi, c’est salle de sport. Le mercredi, c’est moto. Pour le jeudi, c’est soit salle de sport soit moto. Vendredi, c’est repos et le weekend, c’est moto.

Ça, c’est quand on est chez Steven, après on fait beaucoup d’activités à côté comme du Jet-ski, du fly-board, du BMX, du trampoline, etc.

Si jeune, pourtant, tu te consacres à 200% à ton sport. Beaucoup de pilotes plus jeunes vont s’identifier à toi et vouloir emprunter tes traces. As-tu un conseil à leur donner ?

Mon conseil serait de ne jamais abandonner, quand on veut, on peut.

La 85cc a fait son temps, il est temps de passer à la 125cc. l’Europe 125, le championnat de France Junior, on rentre dans les choses sérieuses ?

C’est ça, on va déjà prendre du plaisir, apprendre, évoluer dans les plus grosses catégories.

Si tu souhaites remercier des personnes ou des sponsors, c’est le moment !

Je souhaite remercier mon équipe, Bud Racing, JBS moto Toulouse, tous les sponsors de l’équipe ainsi que ma famille, mes amis et Steven Frossard.

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