Ryan Dungey « j’ai dû apprendre ce qu’était la vie sans moto »

Des nouvelles de Ryan Dungey

Le quotidien de Ryan Dungey a bien changé depuis que le pilote a pris sa retraite sportive fin 2017. Avec ses 9 titres AMA en poche, Ryan est resté étroitement lié à l’équipe KTM et il n’est pas rare de le voir flâner dans les paddocks afin d’épauler la relève.

Désormais papa d’une petite fille, un gros chapitre du motocross s’est tourné fin 2017 mais le nom de Ryan Dungey restera longtemps gravé dans les archives de l’AMA. A ce jour, Ryan est le 4ème pilote le plus titré en Supercross US (derrière Mc Grath, Carmichael et Ryan Villopoto) et comptabilise 35 victoires de finales de Supercross.

À 29 ans, la retraite a du bon. Mais il fait quoi Ryan, en ce moment ?

« Ces derniers mois on a été très occupé avec Harper, notre petite fille qui est née le 14 juin, le temps passe vite. Le premier mois tu dors peu, mais elle se porte très bien et elle commence à interagir avec nous, c’est vraiment cool, c’est quelque chose qu’on attendait avec impatience.  En dehors de ça, je suis toujours impliqué dans l’industrie, avec KTM, j’aide les pilotes, je viens aux courses. C’est bon d’être capable d’utiliser mes connaissances pour aider l’équipe. »

Décrocher du milieu après des années de succès dans le sport n’est pas tâche facile. Ryan Dungey a dû apprendre à vivre une autre vie, celle sans motocross, et se trouver de nouveaux objectifs, non sans avoir auparavant parcouru le globe avec sa femme Lindsay pour fêter un départ à la retraite amplement mérité.

« C’est sûr qu’après la retraite sportive, il y a une grosse période de transition. Ça fait deux ans maintenant.

Moi, j’ai roulé pendant 11 ans. Quand tu es à 200% dans la compétition tu sais, c’est difficile de décrocher. Quand tu as un break dans la saison, tu sais que tu vas devoir te préparer pour remonter sur la moto, là, c’était différent.

Les premiers mois j’avais besoin de me reposer, de prendre du temps pour moi. C’était cool de pouvoir se lever le matin et se laisser aller, ne pas avoir à faire quelque chose en particulier, tu prends du temps pour toi, tu te reposes, vraiment.

Ryan Dungey profite pleinement

J’ai toujours eu du mal à faire ça, à me reposer, à prendre du temps pour moi, j’anticipais tout, je gardais la tête dans le guidon, je me préparais. Après quelques mois, l’excitation de n’avoir aucune obligation s’en va et me connaissant, il fallait que je me remette à faire quelque chose, que je m’occupe, que je contribue, que je trouve mon nouveau challenge, mon prochain objectif. »

Tu sais, j’ai roulé depuis l’âge de mes 5 ans, j’ai dû apprendre ce qu’était la vie sans moto. C’était une bonne opportunité d’en apprendre sur moi-même et j’en apprends encore tous les jours. »

Ryan et Lindsay sont revenus vivre sur leurs terres d’origine, le Minnesota, et honnêtement, on est loin de l’envier …

« Avec Lindsay, on est retourné vivre au Minnesota, c’est de là qu’on vient avec ma femme, on est né là-bas, on savait qu’on finirait par y retourner, qu’on aurait notre pied à terre.

Non pas qu’on vivra le reste de nos jours là-bas. Pour l’instant, on passe tout notre temps dans le Minnesota, avec la famille, avec Harper.

Les hivers sont longs et froids, Lindsay, ça ne la dérange pas. Moi je voyage encore pas mal, donc ça fait une cassure au niveau du climat. Il y a beaucoup de choses à faire là-bas, mais il fait froid, très froid … »

Ryan, Lindsay et Harper Dungey

Sportif un jour, sportif toujours. Ryan garde la forme physique et continue de s’entraîner régulièrement physiquement. Formaté pour l’excellence sportive, difficile de changer des habitudes qui mènent au succès (Quoique, si l’on prend l’exemple de James ….)

« J’ai encore la forme ? (rires) J’imagine. J’ai toujours aimé l’aspect physique, le sport, la préparation, évidemment, la charge de travail était parfois difficile à gérer.

J’aime faire du vélo, du cardio, de la muscu, je n’ai jamais vraiment arrêté, je n’ai pas envie d’arrêter, je me sens bien quand je fais ça et je ne veux pas me laisser aller, mentalement comme physiquement. Ma femme est coach, donc elle fait beaucoup de sport, fait attention à son alimentation, tout ça, donc, on s’aide à rester sur le droit chemin… Mais tu sais, au bout d’un moment, on s’est quand même dit qu’on méritait un peu de malbouffe aussi (rires).

On ne s’empêche plus d’acheter des cookies, de balancer de la viande sur un barbecue ou de commander une pizza. De toute façon, on n’a pas vraiment à se soucier de tout ça désormais, puisqu’on reste très actif.

Heureusement que ma femme est là, je lui dois beaucoup, sinon, moi, je continuerais à manger du riz et du poulet, je n’ai pas envie de mettre mon cerveau à contribution pour cuisiner [rires]. »

11 saisons au plus haut niveau

Tout va bien pour Ryan Dungey.

« J’aide un peu mon père avec son entreprise de construction, il aimerait probablement que je l’aide un peu plus souvent mais je suis toujours impliqué dans l’industrie, j’ai un enfant désormais. Parfois je vais l’aider. Je l’aide depuis que je suis gamin. Parfois, il me passait un coup de fil en me disant qu’il avait besoin d’aide et au final il y avait déjà 6 ou 7 mecs sur place et je me demandais s’il voulait mon aide ou s’il voulait simplement passer un peu de temps avec moi.

Il y a aussi mon frère Jade, il est mécanicien chez Factory Connection. Tout le monde va bien, mes parents gèrent leur entreprise de construction, la vie est belle pour nous en ce moment. »

À l’occasion, Ryan roule encore.

Interview de Michael Antonovich

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