Shaun Simpson « J’étais persuadé qu’on avait fini 4ème »

31 ans, et encore toutes ses dents …

4 victoires de grand prix, 6 podiums, et une troisième place aux nations avec l’équipe Britannique à Assen; enfin !

Il aura fallu de nombreuses années à Shaun Simpson pour faire partie de l’équipe Britannique présente sur le podium lors du Motocross des Nations. C’est dans le dernier tour de la dernière manche, et suite à la panne d’essence de Gautier Paulin, que les Brits’ décrochent finalement la troisième marche du podium du Motocross des nations 2019.

C’est la première fois que Shaun Simpson rentre dans le top 10 lors d’une épreuve du motocross des nations (3-10 pour la troisième place individuelle en catégorie Open). L’an prochain, Shaun montera sa propre structure pour partir pour une énième saison en MXGP.

Shaun, comment tu te sens ? Fatigué a cause des courses ou à cause de la soirée Monster ?

Les deux, mais on a encore beaucoup de lavage à faire, il y a du sable absolument partout.

Tu mentionnais à Gatedrop.com que tu ne savais pas que vous étiez sur le podium dans le dernier tour. Paulin abandonne et mark [le team manager] te dit que vous êtes sur le podium, c’était comment ?

Tu sais, vu comment ça avait démarré pour nous, avec l’abandon de Nathan Watson et Adam Sterry qui ne ramène pas vraiment le résultat qu’il espérait, on s’est retrouvé acculé. Notre seconde manche nous a remis dans le coup un petit peu, j’étais 3ème et Adam 12ème. À l’approche de la dernière manche, on s’est dit qu’on avait nos chances, mais j’ai rencontré un problème d’embrayage en dernière manche et j’ai galéré un peu. On me panneautait, mais on ne me disait rien à propos du résultat final.

Dans le dernier tour, on me panneaute de finir la course, pour moi, ça voulait dire de faire attention à la moto car on perdait de l’eau. J’ai ralenti, je n’ai pas entendu d’encouragements en passant devant les spectateurs donc je me suis dit qu’on n’était pas sur le podium.

La France semblait avoir le podium en poche et à moins de regarder à la télévision, personne ne savait vraiment. Quand j’ai passé le drapeau à damier, j’étais persuadé qu’on avait fini 4ème jusqu’à ce que j’aperçoive la tête de Mark [Chamberlain] et qu’il ne me fasse un signe « 3 » avec les doigts.

J’ai terminé tant de fois 4ème au motocross des nations et cette fois, la malchance a frappé une autre équipe. L’équipe de France a eu beaucoup de chance dans le passé, cette fois c’était notre tour. J’ai 31 ans, je ne sais pas combien de fois encore je vais pouvoir représenter mon pays aux nations mais si c’était la dernière fois, alors c’était vraiment un truc de dingue.

Tu n’avais jamais fini dans le top 10 de manche aux nations. Te voilà à 31 ans a signer ton meilleur résultat individuel et ton meilleur résultat par équipes. La vie est belle à ton âge !

C’est clair et ça prouve que ce qu’on a fait avant la course a fonctionné. Mon père m’a dit qu’on avait de bonnes chances de réussite, et ça, c’était quand on avait encore Ben Watson et Max Anstie dans l’équipe.

Moi, je n’étais pas satisfait de ma machine, l’équipe faisait un bon travail pour l’entretenir et s’assurer que je pouvais finir les manches, mais j’en attendais plus de ma moto. Evidemment, à cette période de l’année il faut aussi prendre le budget en considération … J’ai demandé à mon équipe si je pouvais prendre la moto et faire mes propres changements, à mes frais, et ils ont accepté. Je les remercie pour ça, j’ai montré qu’avec une moto qui me convenait mieux, mes départs étaient meilleurs, mes courses ce weekend ont été bonnes et j’ai réussi à retrouver confiance en moi.

Certaines personnes m’ont dit que je semblais plus à l’aise. Le Shaun Simspon qui roulait ces derniers temps n’était qu’un fantôme du vrai Shaun. Je vais prendre quelques semaines de repos, monter ma propre structure et ça va me donner la confiance et l’énergie dont j’ai besoin pour faire l’intersaison dont j’ai besoin.

Après les blessures de Ben et Max, on se demandait, vu tes résultats, si prendre Nathan Watson à ta place n’était pas une bonne idée …

Pour être honnête, Mark Chamberlain a fait un boulot fantastique. Il m’appelait souvent pour savoir comment je m’en sortais avec la moto, ce que je pensais. J’ai signé quelques résultats décents et il m’a sélectionné dans l’équipe. Il m’a demandé si j’allais être en mesure de me faire fournir un second moteur, il savait ce qu’il faisait et il est resté sur ses positions. Il savait qu’une fois sur place, j’allais faire le travail et je me dois de le remercier d’avoir cru en moi car il m’a aussi donné la motivation nécessaire pour faire ça.

C’est la première année que je roule pour lui en tant que team manager de l’équipe Anglaise. L’atmosphère dans l’équipe était présente, bien meilleure, on avait plus de matos à notre effigie, un peu comme l’équipe de France, d’Australie ou des USA. On était un bon gros groupe d’Anglais et c’est cool d’avoir eu tout ce soutien.

Quand vous vous êtes réveillé le dimanche matin à Assen, vous avez dû vous sentir confiant, voir content, en tant qu’Anglais …

Tu sais, personne n’aime se réveiller avec la pluie. Quand tu es dans le camping-car et que tu entends la pluie sur le toit et les fenêtres, tu veux te glisser encore plus dans ton lit, sous ta couette, et te rendormir. Il faut savoir utiliser ces moments à ton avantage. On savait qu’il fallait utiliser ces conditions météo à notre avantage. On vient d’Angleterre, il pleut beaucoup chez nous. Il faut s’en servir.

La plupart des pilotes commencent à psychoter à cause de la pluie, pensent à leurs lunettes, se disent que ça va être une loterie. On s’est juste dit qu’on allait tout donner et on savait qu’il n’y avait pas une grande marge entre nous et l’Estonie car ils n’étaient que 4 points derrière nous.

Tu as gagné des grands prix, c’est différent de monter sur le podium lors de la plus grosse course de l’année ?

C’est totalement différent, et je l’ai dit aux autres. Une victoire de grand prix, c’est incroyable, c’est une victoire personnelle. Je n’étais pas content de ma seconde course à Assen à cause des problèmes rencontrés, et on avait un abandon avant Nathan Watson… Mais finalement tu te retrouves sur le podium avec tes coéquipiers lors de la plus grosse course de motocross de l’année avec les Néerlandais qui gagnent et l’atmosphère est juste incroyable. La conférence de presse dure bien plus longtemps et ça fait bien plus le buzz, je vais m’en souvenir pendant longtemps.

Pour finir, tu vas monter ton équipe pour la saison prochaine. Tu vas avoir beaucoup de boulot ?

J’ai fait 60% du boulot et il reste encore beaucoup de choses que je n’ai pas eu le temps de faire car je roulais. Je suis toujours à la recherche de budget, de finances. Je ne veux pas mettre mon propre argent dans ce programme car c’est le début de la fin selon moi.

Je vais demander des faveurs à certains de mes sponsors actuels et heureusement, je connais assez de personnes dans cette industrie pour recevoir des coups de main. Je pense que payer les factures chaque mois sera la partie la plus difficile, payer un mécanicien, un chauffeur de camion, les avions, les déplacements.

Je ne prends pas ça à la légère; c’est quelque chose que je sais que je peux faire correctement. Il y a beaucoup de gens autour de mois qui croient en moi et il me faut des gens comme ça autour de moi pour l’instant. J’ai 31 ans et je sais ce que je veux, ce qui fonctionne pour moi, et il faut que tout le monde soit sur la même longueur d’onde.

Et l’intersaison, tu vas faire quoi, la Weston Beach Race ?

Non, malheureusement je vais louper la Weston Beach Race. On va aller en vacances avec la famille en Californie pour deux semaines pour le mariage de Max Anstie. La Weston Beach Race, c’est une course que j’aime faire, c’est toujours un bon weekend et il y a beaucoup de battage médiatique, genre 100.000 spectateurs qui regardent … Je vais mettre les bouchées doubles, prendre les bons choix, trouver mes motos, mes pièces, monter ma première moto et faire des tests en Espagne, peut-être. J’ai aussi des cours de pilotage à donner prochainement et ça va me tenir occupé jusqu’à Noel.

 

Via Adam Wheeler

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