Thomas Covington « Je n’étais même pas capable de faire 5 tours à Pala »

Qu’est-il arrivé à Thomas Covington ?

C’est la question qui était resté en suspens pendant la saison 2019. Le pilote Américain annonçait son retour aux USA après 12 podiums et 3 victoires en championnat du monde MX2 sur les saisons 2017/2018. Retour attendu aux Etats-Unis, retour suivi, et retour complètement manqué pour le pilote originaire d’Alabama capable – dans les bons jours – de rivaliser avec Jorge Prado, Thomas Kjer Olsen, Pauls Jonass & Co en Europe.

Une saison 2019 passée sous silence après avoir contracté le virus d’Epstein Barr.

2020, retour de Thomas Covington en mondial, en MXGP cette fois-ci. Avant de s’envoler pour l’Europe, Thomas a fait un petit crochet par le studio de SwapMotoLive pour s’entretenir avec Don Maeda. Lors de cet entretien, Covington est revenu sur sa saison 2019 et nous explique plus en détails les problèmes rencontrés aux USA. Les informations les plus pertinentes à mon sens sont regroupées ci-dessous.

Thomas Covington

« C’est drôle car dans la tête des gens, la scène américaine est la plus grosse, la plus prestigieuse, mais quand tu vas sur une épreuve du mondial en Italie ou en France, tu te rends compte à quel point le motocross, c’est énorme en Europe. Les courses sont très bien organisées, et les fans sont incroyables, ils vivent pour la moto, c’est différent des USA […].

Mon contrat en mondial terminait fin 2018 et je voulais vraiment décrocher un  guidon usine en MXGP. À l’époque, mon équipe Husqvarna ne pouvait pas me promettre un guidon en MXGP pour l’année suivante. J’ai toujours été en contact avec Bobby Hewitt (Rockstar Energy Husqvarna USA) et il n’arrêtait pas de rigoler en disant « Hey, il faut que tu reviennes et roules pour nous en Supercross ». Aux nations 2017, son offre était vraiment sérieuse, il poussait en ce sens mais je ne voulais pas passer à côté de ma dernière saison en MX2 en Mondial. Le problème, c’est que quand j’ai compris que l’équipe ne me proposerait pas de guidon en MXGP pendant la saison 2018, je me suis dit qu’il était mieux pour moi de retourner aux USA rouler pour Bobby Hewitt plutôt que de monter en MXGP et rouler pour une équipe de second rang en mondial.

Thomas Covington jouait pourtant les victoires en mondial en 2018

En 2018, je revenais d’une blessure au genou et je n’ai pas ramené de très bons résultats lors des premières épreuves. Husqvarna commençait à se poser des questions. De là, j’avais pris ma décision et j’ai annoncé que j’allais rentrer aux USA. Ma mère m’a dit de tout donner lors de mes dernières épreuves en Europe car c’était probablement mes dernières occasions de rouler là-bas. C’est là que j’ai commencé à gagner.  Sur les épreuves, les fans venaient tous me voir, et tout le monde me demandait un maillot. Les gens pensaient ne plus jamais me revoir [rires].

Me voilà donc de retour aux USA, à apprendre le Supercross à 23 ans. Les gamins qui arrivent roulent tous en Supercross maintenant alors qu’à l’époque, et à leur âge, on ne roulait pas en Supercross.

Je n’avais jamais roulé en Supercross avant de retourner aux USA même si j’avais roulé à la Monster Cup chez les amateurs. Mes seules expériences. Je me suis senti bien dès le début, mes temps au tour étaient plutôt bons en comparaison à ceux de mes coéquipiers.

Seulement deux finales de Supercross pour Thomas (11ème à Minneapolis et 15ème à Daytona)

Mi-décembre, je me suis mis mon premier volume dans les whoops et je me suis fait une ecchymose au fémur ; ça m’a gêné ensuite toute l’année. Je ne me suis pas fracturé le fémur, mais ça m’a fait mal pendant longtemps. A chaque fois que je sautais trop loin, que je faisais une erreur, mon fémur me faisait mal et on a pris la décision de me faire rouler à l’est à cause de ça. Juste avant l’ouverture de la saison à l’est, je me mets un nouveau volume et je me pète les dents, j’étais en vrac et je n’ai pas fait la saison de Supercross que j’espérais, en partie à cause de mes blessures. Ensuite, j’étais devenu plus prudent après les chutes, j’avais pris un coup au moral. J’ai fini par me tordre le genou et on a décidé de se concentrer sur l’outdoor.

De là, j’ai rejoint la Bakers factory pour me préparer pour l’outdoor et je me disais qu’il fallait que je gagne ce championnat vu ma saison de Supercross. J’ai fait tout ce que j’ai pu à l’entraînement. Après quelques semaines d’entraînement à la Bakers Factory, j’ai remarqué que je me sentais mal, mais je pensais que c’était dû à l’adaptation au nouveau programme et je me suis entraîné encore plus fort malgré le mal être.

Je m’entraînais avec Johnny O’mara à l’époque en Europe donc le travail, ça me connaît. Le programme d’Aldon était même plus light que celui de Johnny alors je n’arrivais pas à comprendre pourquoi je ne tenais pas le coup. Ma routine d’entraînement était plus simple aux USA que celle que je suivais en Europe.

Pas un seul top 10 aux USA pour l’ex vainqueur de grands prix

Je ne savais pas trop quoi penser. Epstein Barr ? Je ne savais même pas si ça existait vraiment, les gens en parlaient, mais voilà. J’ai continué à m’entraîner et après les premières épreuves j’ai compris que quelque chose n’allait pas, je n’étais pas moi-même, j’ai pris une semaine de repos, je suis resté dans mon lit toute la semaine et je suis allé au Colorado. Je ne me sentais vraiment pas bien une nouvelle fois, j’ai discuté avec le docteur là-bas qui m’a conseillé de consulter, ce que j’ai fait. Plus tard, je reçois un coup de fil, les résultats étaient tombés et j’avais contracté le virus d’Epstein Barr. Le docteur m’a recommandé de me reposer 4 à 6 mois pour éviter des problèmes sur le long terme.

Je me souviens, à Fox Raceway, j’ai pris un bon départ, j’étais dans le top 5, et dans le deuxième tour, j’étais complètement cuit. J’avais pour habitude de faire des manches de 40 minutes à Lommel et je n’étais même pas capable de faire 5 tours à Pala ? Vraiment ?

Quand j’ai compris qu’Husqvarna n’allait pas continuer avec moi aux USA, j’ai lancé quelques recherches pour savoir s’il restait des guidons en MXGP. Yamaha était intéressé et croyait en moi malgré mon année difficile. J’avais signé de bons résultats en MX2 et ils savaient que je pouvais signer de bons résultats en MXGP, il aura fallu pas mal de temps pour tout organiser mais j’ai fini par rejoindre Gebben Van Venrooy Yamaha. On va rester en Angleterre avec ma femme et acheter un camping-car pour vivre la vie de nomade sur la route pendant la saison en Europe et prendre l’avion pour se rendre sur les autres épreuves. […] »

Thomas retrouvera Vlaanderen et Lupino chez Gebben Van Venrooy cette saison.

Extraits tirés du SwapMotoLive Show avec Thomas Covington.


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