Tom Vialle « Objectif top 3 l’an prochain, et pourquoi pas le titre »

À 18 ans, il est la révélation Française de la saison 2019.

Il a intégré la structure Red Bull KTM aux côtés de Jorge Prado fin 2018.
Il a signé son tout premier podium lors de sa seconde apparition en mondial MX2, en Angleterre.
Il a remporté son premier grand prix de carrière en Suède.

À l’âge de 18 ans,  Tom Vialle marche dans les traces laissées par son père – Frédéric Vialle – 22 ans plus tôt.

Tom Vialle en aura surpris plus d’un cette saison au guidon de la KTM usine pour sa toute première année en championnat du monde MX2. Le Français termine 4ème de son premier mondial, à seulement 3 petits points du podium final occupé par Jorge Prado, Thomas Kjer Olsen et Jago Geerts.

Si Tom a rapidement été convoité par d’autres équipes du paddock MX2, la réaction de l’usine Autrichienne a été immédiate et le pilote Français a vu son contrat prolongé jusqu’en 2021: un talent couvé par Joel Smets, un talent Made in France.

Sous l’auvent Red Bull KTM, Tom aura la lourde charge de reprendre le flambeau laissé par un certain Jorge Prado – double champion du monde MX2 2018 et 2019 – qui fera sa montée en catégorie MXGP dès la saison prochaine.

En 2020, Tom sera rejoint par l’Autrichien René Hofer en catégorie MX2 et les deux jeunes espoirs partent avec de grosses ambitions…  Pourtant, pour Tom Vialle, l’incertitude régnait il y a encore moins d’un an…

Tom, en 2018, tu réalises une saison en Europe 250, tu termines 8ème de ce championnat avec 5 podiums de manche et une victoire au sein d’une équipe privée. On apprend ta signature avec Red Bull KTM pour la saison 2019. Je voulais savoir comment ce rapprochement avec Red Bull avait été fait, ce qu’ils te proposaient et quels étaient les objectifs qu’ils fixaient pour toi ?

C’est KTM qui m’a contacté l’an dernier, juste après la manche de l’Europe à Assen, le soir même.

Avec mon père on a discuté 5 minutes avec Robert Jonas qui était intéressé pour me faire rouler. J’avais vraiment bien roulé sur le dur, comme en Russie, mais dans le sable, je n’avais pas très bien roulé.

En m’entraînant un peu plus dans le sable, j’ai fait un podium à Assen, j’avais même mené une partie de la manche et ils étaient plutôt satisfaits de moi car Assen, ce n’est pas un circuit facile. Ils m’ont contacté le soir même sans parler de Red Bull KTM, c’était pour rouler chez KTM, sans plus d’explications.

Une semaine ou deux après cette discussion, j’ai reçu un appel pour faire un test de deux jours en Belgique pour l’équipe Red Bull KTM avec Joel Smets. Il y avait le guidon de Pauls Jonass à récupérer.

On était 3 sur ce guidon, Brian Moreau, un Australien, et moi-même.  Moi, j’étais juste avec Joël pendant mes journées de tests. L’Australien est venu mais ça n’a pas fonctionné. Brian était sous contrat avec Kawasaki à l’époque donc il n’a pas pu rouler sur la KTM.

On a fait de la moto, du physique, Joël m’a posé plein de questions sur ma vie, avec ma famille. De là, on est retourné en France et on devait avoir la réponse un mois après. C’était long, on attendait… on attendait. Sans te mentir, si la réponse de KTM n’était pas positive, on ne savait pas du tout comment on aurait fait pour partir sur la saison 2019.

On n’avait rien de prévu. On aurait tenté de repartir avec KTM car Robert Jonas voulait à tout prix me garder mais on n’avait pas d’équipe, rien. On ne savait même pas si j’allais monter en MX2 ou rester en EMX250. Je voulais monter en MX2 mais selon ce qu’on aurait trouvé, selon l’équipe, j’aurais peut-être dû rester en Europe.

On reçoit la réponse de Red Bull KTM … c’est bon pour moi. Gros soulagement, une chance inouïe, inespérée même. La chance de ma vie.

Au niveau des objectifs, c’était vraiment une année d’apprentissage. Je n’avais jamais intégré de structure comme celle-ci, c’était une grosse marche à franchir pour moi que de rejoindre directement l’équipe usine KTM.

Au début, l’objectif était de s’habituer à la structure, à la moto, au format grand prix, ce n’était pas simple. Il y avait beaucoup de choses qui rentraient en compte, beaucoup de choses nouvelles.

Si je pouvais rentrer dans le top 10 ou le top 15, c’était super, c’était l’objectif qu’on avait.

Intégrer une structure comme Red Bull KTM, j’imagine que ça implique d’effectuer de gros changements dans ta routine, quel a été le plus gros challenge ?

Il y a eu beaucoup de contraintes. On a dû partir vivre en Belgique pour l’entraînement. Je n’étais jamais parti de chez moi plus de quelques jours avant.

Là il fallait que je m’entraîne dans le sable tout le temps, ma vie était différente, c’était un gros changement.

J’ai dû m’adapter à la nouvelle moto, c’était difficile, beaucoup de choses ont changé pour moi les premiers mois.

Quels problèmes as-tu rencontrés avec la moto ?

Le premier jour où j’ai roulé sur la moto, c’était vraiment compliqué pour moi. Les suspensions étaient très rigides; difficile de m’adapter à la 52mm, je pense même qu’au début, j’étais plus rapide sur ma moto d’origine que sur la moto d’usine.

Après quelques semaines, ça allait beaucoup mieux, mais on a dû beaucoup travailler au niveau des suspensions car j’étais vraiment différent de Pauls Jonass, il est plus lourd que moi, plus agressif en piste.

KTM disposait de beaucoup de réglages différents, mais moi, je devais repartir de zéro.

Le moteur marchait vraiment fort aussi, il y avait beaucoup de nouveaux paramètres et pour moi le début n’était pas facile.

Par rapport à la mise au point, avec l’expérience de Red Bull KTM, c’était probablement plus simple de répondre à tes besoins.

Au niveau des suspensions, on avait les ingénieurs de White Power (WP) pour gérer ça. Jeffrey et moi, on a un ingénieur à nos côtés, il est top et très expérimenté, il bosse dans le milieu depuis 20 ans.

Il a énormément de données, celles de presque tous les pilotes de grand prix.

Avec ça, on a trouvé un bon réglage, adapté pour moi après quelques semaines d’entraînement et c’était un gros point positif, ça m’a énormément aidé pour me sentir à l’aise ensuite.

Au niveau de Red Bull KTM, j’imagine que tu as dû te professionnaliser assez rapidement pour répondre aux exigences, tu gères ton quotidien, ton programme, ta diététique ?

C’est Joël Smets qui gère tout mon programme, toute l’organisation, l’entraînement. Je vis à 10 minutes de chez Joël. Pendant les deux premiers mois, je me suis entraîné presque tous les jours avec Joël. Je suis le programme qu’il me donne.

Niveau diététique, on gère ça avec ma mère, je ne mange rien de spécial. Bien sûr, je ne mange pas de Nutella ! Quoique, pendant les courses, j’y ai le droit un petit peu. Je fais attention, ma mère sait ce qu’il faut faire, de ce côté-là, on gère nous-même.

Tant que je n’ai pas de problèmes au niveau de mes analyses et bilan de santé, on n’a pas besoin de changer ou de s’inquiéter.

Quand tu t’alignes derrière la grille de départ de ton tout premier grand prix en Argentine sous les couleurs de Red Bull KTM, aux côtés de Jorge, tu ressens beaucoup de pression ?

C’est sûr que d’un point de vue extérieur, on peut imaginer que c’est beaucoup de pression. Sur le premier grand prix, beaucoup de monde me regardait, les gens voulaient voir ce que j’étais capable de faire.

Moi, j’étais vraiment content d’être là, c’était la première fois que je voyageais de cette façon-là, que j’allais rouler en Argentine.

J’ai passé un super weekend pour mon premier grand prix, j’ai apprécié chaque moment. Au niveau de la pression, elle était présente, mais j’étais tellement content d’être là que j’ai oublié cette pression et tout s’est bien passé pour moi.

En plus, tu fais 7 en Argentine, première réponse, première récompense.

C’est ça. Je signe le holeshot en première manche, je roule presque 10 minutes second. Ensuite Henry Jacobi me double et là, je me retrouve 3ème pendant 15 minutes. Je fais presque toute la manche dans le top 5 et à 3 tours de la fin, je me fais doubler. Je termine 7ème de cette manche mais j’aurais pu faire un top 5 lors de ma toute première manche.

Physiquement, c’est sûr que ce n’était pas facile pour moi mais j’étais content car j’étais resté 3ème pendant presque 20 minutes et à 3 tours de la fin, j’étais encore 5ème ! Quand j’ai terminé la manche, j’étais super content.

Au final, 7ème en Argentine, c’était top pour débuter l’année.

Tu signes un podium dès ton second grand prix à Matterley. Visiblement, KTM avait vu juste, et les sceptiques avaient eu tort. Matterley, un moment clé dans la saison 2019 pour prendre confiance ?

Oui et non.

Oui car c’était réconfortant mais non car je savais aussi que j’étais parti devant, que j’avais la vitesse, que j’étais assez bien en piste ce jour-là.

Après, tenir des manches de 35 minutes dès le second grand prix, c’était compliqué pour moi.

La moto était encore trop dure, exigeante, et physiquement, j’étais un peu juste.

Honnêtement, lors des 10 premiers grands prix, je n’étais pas en mesure de rouler 35 minutes au même rythme.

Quand j’ai signé ce podium, j’étais forcément très content car on avait énormément travaillé pendant l’hiver, avec mes parents on avait fait beaucoup de sacrifices, c’était vraiment top de pouvoir se récompenser comme ça.

Le physique, c’est ce sur quoi tu as dû le plus travailler pour arriver à ce niveau en fin de saison ?

Oui, c’est une certitude.

J’ai progressé lors de chaque grand prix, je tenais un peu plus à chaque fois. Lors des 5 dernières épreuves, j’étais présent pendant presque 30 minutes à chaque fois. Dès le milieu de saison, la vitesse était bonne, je partais derrière Jorge et je tenais 10, 15 minutes, un peu plus à chaque fois.

Au début, j’ai fait pas mal d’erreurs, je me précipitais un peu mais la vitesse évoluait rapidement. Après quelques grands prix, la vitesse était là, c’était le physique qu’il fallait améliorer.

Quand la vitesse augmente, le rythme cardiaque augmente, physiquement, c’est plus exigeant, tout devient plus dur. Tenir une manche à fond au rythme de Jorge ou de Kjer Olsen, c’est vraiment très dur physiquement parlant.

Maintenant, j’ai une saison de grand prix dans les jambes, une saison de préparation physique, je me sens vraiment bien sur la moto donc l’année prochaine, le problème physique ne sera plus présent.

Après le grand-prix de France, on apprend ta prolongation chez Red Bull KTM jusqu’en 2021. C’était relativement tôt dans l’année. Est-ce qu’à ce moment-là, d’autres équipes avaient déjà commencé à te contacter ?

Oui, c’est vrai que j’avais déjà reçu de grosses propositions de la part de Honda et Yamaha pour les saisons suivantes. KTM a directement réagi pour me garder car on me proposait de beaux contrats. Ils sont intervenus avec une proposition très intéressante pour me garder pour les deux prochaines saisons.

2 années supplémentaires, j’imagine que les objectifs ne sont plus du tous les mêmes que lors de ta signature initiale.

C’est sûr qu’avec un an d’expérience, je saurais à quoi m’attendre. Avec la vitesse que j’ai montrée lors des derniers grands prix, avec la montée de Jorge Prado en 450, avec le passage de 4 ou 5 gars du top 10 en catégorie MXGP à cause de la limite d’âge, les objectifs changent.

Bien sûr que je vais vouloir me battre pour la victoire de manche et de grand prix le plus souvent possible. Le top 3 l’an prochain, c’est l’objectif, et si tout se passe bien, pourquoi pas viser le titre.

Jorge Prado et Antonio Cairoli s’entraînent ensemble et se poussent vers le haut. Toi, tu t’es entraîné à l’intersaison avec Jeffrey. Comment ça s’est passé cette saison pour l’entraînement avec les blessures de Jeffrey ?

On a beaucoup travaillé cet hiver ; on a passé deux mois ensemble avec Jeffrey à s’entraîner en Espagne, en Belgique. Après, il s’est blessé et j’ai dû continuer tout seul. D’un côté, je n’étais pas trop dérangé car jusqu’à présent, je m’étais toujours entraîné seul. Ce n’était pas déstabilisant pour moi. Il est revenu, on s’est entraîné de nouveau ensemble, et il s’est de nouveau blessé au pied. Cette saison, c’était compliqué pour lui et on n’a pas vraiment pu s’entraîner ensemble pendant la saison.

En Belgique, lors de chaque entraînement, tu retrouveras forcément un pilote de grand prix en piste avec toi. Je m’entraîne aussi avec Glenn Coldenhoff, Arminas Jasikonis, Pauls Jonass, il y a toujours des pilotes 250 aussi. En Belgique, il n’y a pas non plus énormément de terrains donc on s’entraîne tous ensemble.

Prado et Cairoli sont en Italie, ils sont tous seuls, ils doivent s’entraîner ensemble car sinon, ils vont s’entraîner seul.

En Belgique, je ne suis jamais seul et il y a toujours du rythme à l’entraînement, c’est l’avantage.

Quel rôle a joué ton père lors de ta première saison MX2 ? Est-ce qu’il est impliqué dans ton programme avec KTM ?

Mon père m’a beaucoup aidé cette saison avec son expérience, j’ai énormément de chance qu’il soit là car il m’apporte beaucoup.

C’est un énorme changement pour lui aussi car la saison dernière, on faisait tout ensemble, il était très présent puisqu’il m’entraînait, faisait ma mécanique. Désormais, il est beaucoup plus en retrait car il n’a plus ces aspects-là à gérer. Il est présent avec moi sur les courses et il m’aide beaucoup, il m’aide à préparer mes épreuves, mes affaires, on parle des terrains, des lignes.

C’est un énorme plus pour moi, il m’apporte énormément.

On parle de révélation cette année, d’ailleurs tu reçois le Jan de Groot Award à Assen. Tu gagnes ton premier grand prix en Suède, tu es le seul pilote cette saison à battre Jorge à la régulière sur un grand prix, en dehors de Jago. Une saison presque parfaite sans ce double abandon en Italie ? On peut revenir sur Imola ?

Imola, c’est vrai que ce weekend avait pourtant très bien démarré puisque j’avais signé la pole position aux essais libres. Le dimanche, j’étais à l’aise sur la piste, en confiance, et peut-être même un peu trop. En première manche, j’ai fait une erreur et j’ai chuté, j’ai endommagé mon frein et j’ai dû abandonner après 3 ou 4 tours.

En seconde manche, je suis tombé au départ, je me suis accroché avec un autre pilote. J’ai fait une erreur en première manche et j’ai connu un peu de malchance en seconde manche.

C’est arrivé sur le même grand prix et je signe un double abandon lors d’une seule et même épreuve.

Finalement, je me sers de ce weekend pour tirer des leçons et apprendre de mes erreurs de précipitation, je vois le positif, ça va me servir pour la saison prochaine.

36 manches cette année, Jorge et toi comptabilisez 31 holeshot. Okay, la technique est parfaite, mais avec la Husqvarna ou la KTM de l’an dernier, tu sors devant comme ça ?

La KTM usine aide énormément, il ne faut pas se le cacher.

Après, avec ma moto d’origine l’an dernier sur l’Europe, j’arrivais à partir devant un pilote comme Mikkel Haarup qui disposait d’une moto d’usine.

Je pense que si on échange la moto de Jorge avec un autre pilote, Jorge partira devant. Il ne sera pas dernier, c’est sûr. Jorge a le coup de main et il excelle dans ce domaine.

Si on regarde Jed Beaton et Thomas Kjer Olsen, ils roulent sur les mêmes moteurs que nous chez Red Bull KTM pourtant, ils sont moins performants sur les départs.  Pauls Jonass l’an dernier ne partait pas toujours devant avec Jorge non plus avec la même moto.

Je pense qu’avec Jorge, on a été vraiment bon de ce côté-là cette saison

Une KTM factory, c’est exploitable à 100% ?

Je ne l’exploite pas à 100%, je n’ouvre jamais en grand.

Quand je regarde sur l’ordinateur, je remarque que j’ouvre les gaz à 80%, il en reste encore à mettre. Je ne roule jamais à fond, mais je pense que ça fait aussi partie de mon pilotage. Je n’ai pas les informations sur Jorge mais je ne pense pas qu’il ouvre à 100% non plus.

Par contre, on a les données d’un pilote comme Thomas Kjer Olsen qui ouvre en grand et utilise à 100% son moteur.

L’an prochain, on verra si j’arrive à mettre plus dedans.

Finalement, Jorge a fini par devenir ton plus gros concurrent en fin de saison sur la piste en plus d’un très bon point de repère de ta progression. Comment étaient les relations entre vous ? Il avait l’air un peu irrité en Indonésie par ta présence dans sa roue arrière.

Avec Jorge, ça s’est toujours bien passé. Au début de l’année, je n’étais pas une menace pour Jorge donc on s’entendait bien. Ensuite, on ne se voyait que sur les grands prix, jamais en dehors.

Quand on arrive sur les épreuves, on est tous les deux très concentré sur notre weekend et on ne fait pas vraiment attention l’un à l’autre. On partage un endroit pour se changer avant et après les manches donc c’est sympa car on peut discuter à ce moment-là, partager des infos sur le terrain par exemple. Il y a toujours eu une bonne ambiance.

C’est vrai que j’ai entendu ça en Indonésie mais je n’ai pas eu de retour de sa part après la course, il devait être un peu irrité sur le coup mais vraiment, on s’est toujours bien entendu avec Jorge. On a même mangé tous ensemble le soir même avec KTM et l’équipe, on a bien rigolé, je n’y ai pas porté plus d’attention que ça et ça c’est bien passé toute la saison.

C’était vraiment bien d’avoir Jorge comme coéquipier cette saison, il m’a beaucoup apporté car je suis beaucoup parti derrière lui et j’ai pu apprendre de lui, analyser sa gestion de course, et ça m’a beaucoup servi cette année.

Au début j’arrivais à le suivre 10 minutes, puis en Indonésie j’ai tenu 20-25 minutes avec lui. Par la suite, j’ai réussi à rouler à sa vitesse et sur les derniers grands prix comme en Suède ou en Chine, c’était vraiment très serré entre nous. Tout ça permettait de voir que j’évoluais et que j’allais dans la bonne direction.

Je ne vais pas revenir sur l’histoire de la sélection Française, mais je sais que tu étais présent à Assen et que tu as regardé les manches. Finalement, on était bien aussi, au sec…

C’est vrai que le samedi j’étais un peu déçu de ne pas rouler car le circuit avec l’air vraiment sympa et le temps n’était pas trop mauvais. En me réveillant le dimanche matin, je me suis dit que j’étais content de regarder finalement [rires]

Un peu moins déçu le dimanche à la vue des conditions. Tu en as pensé quoi de ce motocross des nations, d’Assen, de l’équipe de France ?

Le circuit avait l’air pas mal. Le samedi, ça avait l’air plutôt dur et glissant, mais le dimanche, c’était complètement différent. Quand je voyais Jeffrey – qui roule normalement plus vite que tout le monde dans le sable  – souffrir, je me suis dit que ça devait vraiment être compliqué pour les pilotes.

Tout le monde a souffert en manches, c’était délicat. En partant devant, ça avait l’air d’aller, mais en partant dans le paquet, au niveau des lunettes, c’était terminé. En roulant en 250 contre les 450, ce n’est pas facile de partir devant en plus.

En ce qui concerne la performance de l’équipe de France, c’est dommage de perdre le podium aussi proche de la fin. Ce n’est pas facile à avaler mais Gautier a très bien roulé, il m’a surpris car il a vraiment beaucoup donné et on voyait qu’il roulait à 100% avec le cœur. Jordi et Maxime aussi ont tout donné, ils ont connu des problèmes au niveau des lunettes, les conditions étaient vraiment très compliquées.

Faire 3ème à Assen, ça aurait été vraiment beau, mais c’est comme ça, une panne d’essence, ça peut arriver.

Ton intersaison 2019, elle va ressembler à quoi ?

Honnêtement, je ne sais pas du tout pour l’instant. Je sais que je dois reprendre le 10 novembre, dans un mois, c’est Joël qui va s’occuper de mon programme et on verra quand je rentrerai en Belgique.

Si je te dis de te projeter dans le futur, dans 5 ans, tu te vois où, à faire quoi ?

Mon objectif aujourd’hui, c’est de devenir champion du monde.

Si j’arrive à atteindre cet objectif, il faudra voir. J’aime beaucoup les courses en Europe, mais j’aime aussi énormément le Supercross. J’en ai fait pas mal l’an dernier, j’ai même fait des courses en Supercross il y a deux ans.

L’année prochaine, peut-être que je pourrais faire 1 ou 2 semaines d’entraînement aux USA qui sait ? On verra.

Pour l’instant, je me concentre sur mon objectif principal.

En dehors de la moto, tu fais quoi ? Et si tu ne faisais pas de moto, tu ferais quoi ?

Pas grand-chose car je m’entraîne beaucoup. De novembre à septembre, je n’ai pas beaucoup de temps de repos, je m’entraîne tous les jours.

Quand j’ai l’occasion d’avoir un break, je me repose.

Ce que je ferais si je ne faisais pas de moto ? Je ne sais pas car je n’y ai jamais trop pensé, j’ai toujours fait de la moto et rien d’autre que de la moto.

Quel conseil donnerais-tu à un jeune qui va te regarder et qui va s’inspirer de toi ?

Quand tu veux quelque chose, si tu te donnes les moyens, tu peux y arriver. Je pense que beaucoup de gens font fausse route en se disant qu’ils ne peuvent pas y arriver sans moyens mais je pense que si tu prends une moto d’origine tu peux déjà faire de très belles choses rien que sur le championnat d’Europe.

Si tu n’as pas beaucoup d’argent, achètes-toi une KTM d’origine. C’est ce que j’ai fait, j’ai roulé avec une ligne d’échappement d’origine en championnat d’Europe. Il n’est pas utile d’acheter une moto et de mettre 10.000€ de préparation dedans. Si tu roules bien, tu peux partir devant en championnat d’Europe. J’ai gagné une manche et j’ai signé des podiums avec une KTM complètement d’origine en Europe. Tu peux te faire repérer de cette façon-là.

Il ne faut jamais se décourager.


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