Tommy Searle « Je ne roulerai pas en grands prix si je n’ai pas le matériel qu’il faut »

Un avenir incertain pour Tommy Searle suite à la saison 2019.

Alors qu’il parlait de son avenir dans le sport et de ses ambitions pour les deux derniers grands prix de la saison à la veille du grand prix, Tommy Searle s’est blessé à l’épaule lors des warmups en Turquie et a été contraint de jeter l’éponge pour Afyonkarahisar.

Tommy, c’est 7 top 10 en MXGP ces 3 dernières saisons, dont 1 top 5. Vache maigre pour un pilote capable de claquer des podiums parmi le gratin du motocross mondial lors du motocross des nations.

Alors, quel avenir pour Tommy Searle ? Difficile à dire, même pour le pilote Britannique qui, après l’expérience 2019, refusera de s’aligner de nouveau en MXGP avec des moyens réduits et préférerais encore se concentrer sur le championnat Britannique, quelques GP sélectionnés, voir même quelques épreuves aux USA.

Dans un marché des transferts engorgé en MXGP où de nombreux pilotes talentueux sont toujours en attente d’un contrat, la situation de Tommy Searle n’est pas des plus propices et l’intéressé en est bien conscient.

Tommy Searle

« J’ai démarré la saison avec l’équipe BOS Kawasaki, ça s’est plutôt bien passé la plupart du temps. J’ai terminé 7ème en seconde manche en Argentine, c’est mon meilleur résultat de la saison à ce jour. Il y a eu des hauts et des bas ensuite, moi, je voulais essayer de retrouver la confiance après l’Argentine car ça m’avait pas mal boosté, j’avais pris de bons départs, j’ai roulé 5ème pendant une partie de la course avant de terminer 7ème, je me disais que je pouvais partir sur cette base, surtout que le GP suivant était en Angleterre. On a fini par rencontrer des problèmes, qui se sont accumulés, j’ai finalement perdu confiance en moi. On a connu quelques bonnes courses entre-temps mais aussi des mauvaises courses, des problèmes, c’était un peu difficile. Puis j’ai eu la chance de rejoindre l’équipe usine Kawasaki, j’ai sauté sur l’occasion car leurs pilotes étaient blessés. J’ai roulé sur Kawasaki pendant longtemps et ça semblait logique pour moi de prendre cette place. J’ai fait 6ème en Italie, 8ème en Suède, ce n’est pas si mal. J’ai eu des problèmes avec quelques blessures quand je suis arrivé dans l’équipe usine, des blessures qui m’ont handicapé, mais maintenant je me sens beaucoup mieux donc j’espère pouvoir briller lors des dernières épreuves.

J’ai fait une belle préparation hivernale, je n’étais pas blessé pendant l’hiver, j’étais solide, j’avais fait mon testing, mon boulot, je voulais faire une bonne saison, j’avais beaucoup d’espoirs pour cette année, je voulais changer la donne et faire des progrès mais ce n’est pas vraiment arrivé, pour plusieurs raisons. On a eu de bons résultats, des mauvais aussi, et ma confiance en a été impactée, puis j’ai rejoint Kawasaki KRT.

L’équipe BOS est une nouvelle équipe, ils ont fait du bon travail, les suspensions étaient bonnes, mais c’était une nouvelle équipe qui se lançait dans le grand bain des GP, ils ont changé de moto pour passer chez Kawasaki, on a rencontré les problèmes que n’importe quelle nouvelle équipe rencontre. Malheureusement, on rencontrait ces problèmes pendant les courses et c’était vraiment difficile, on avait des difficultés à trouver la source des problèmes. Je ne me sentais pas confiant en m’alignant aux départs. Ils ont bossé durs, ils ont essayé de trouver des solutions, on a fait quelques bons résultats mais entre-temps, ma confiance en avait pris un coup. Ils voulaient faire de leur mieux, mais parfois, c’est difficile.

Quand j’ai commencé à tester avec KRT, j’avais déjà une fissure aux côtes, je pense que c’est arrivé en Lettonie. Le premier jour de testing avec KRT, j’avais mal, mais je n’ai rien dit. Le jour suivant, je retourne sur le circuit, tout le monde était là. Je me penche pour fermer mes bottes et j’ai senti ma côte se fracturer. Je n’arrivais pas à croire ce qu’il m’arrivait. Je me demandais ce que j’allais bien pouvoir leur dire. J’ai essayé de reprendre mon souffle, de marcher un peu dans le paddock. « Qu’est-ce qu’il se passe ? », et je réponds « je ne peux pas respirer », « comment ça tu ne peux pas respirer ? » « Je viens de me péter une côte en fermant mes bottes ». Ça n’avait aucun sens.

Je suis rentré chez moi, le plan était de revenir la semaine suivante. Je me suis dit que je m’étais juste déboîté une côte, que ça irait, mais au final, ça a duré plus longtemps, j’ai eu mal pendant longtemps. Les côtes vont bien désormais mais j’ai perdu beaucoup de temps de testing avec l’équipe. L’équipe voulait que je teste, je voulais tester, mais je ne pouvais pas, je n’avais pas la vitesse, je n’avais pas la forme, j’avais le championnat Anglais en même temps. Puis j’ai roulé en République Tchèque, je suis tombé dans le dernier tour car je n’arrivais plus à tenir et je me suis fracturé un os de la main, un nouveau contretemps.

On commence enfin finalement à se sentir bien, on est ici en Turquie pour mettre tout ça derrière nous. L’équipe est au top, la moto est top. Je me sens vraiment à l’aise sur la moto malgré le peu de temps de préparation, je ne peux pas en demander plus de leur part.

Je commence à retrouver le goût des GP, j’ai dit aux gars de Kawasaki que j’appréciais plus les grands prix cette saison que ces 5 dernières années. Même malgré les blessures. Je sais que la moto est très bonne en sortie de grille, si j’ai du mal aux qualifications, je ne m’inquiète pas car je sais que je suis en mesure de prendre un bon départ pendant les manches. Avoir les outils pour faire le travail, ça me donne beaucoup d’espoirs quand je m’aligne derrière les grilles. Si je galère le samedi, je peux inverser la tendance le dimanche, c’est ce que j’ai fait lors des derniers grands prix. Ça me donne de l’espoir quand je vais aux courses et je ne peux pas en demander plus que ça. L’équipe donne tout, et j’ai désormais l’opportunité d’en faire de même.

Pour l’an prochain, je ne sais pas. Je ne roulerai pas en grands prix si je n’ai pas le matériel qu’il faut pour pouvoir me battre devant car c’est vraiment difficile mentalement de rouler quand tu sais que ta moto ne te permet pas de faire le job. Non pas que les équipes n’aient pas fait tout ce qu’elles pouvaient, mais désormais, je suis dans une équipe usine et je vois ce sur quoi roulent les autres pilotes. Ce sont de bons pilotes, comme moi. Je sais que je peux être un top pilote et si je fais un bon hiver à m’entraîner avec une équipe comme celle-ci, je serais en mesure d’être aussi bon que n’importe qui. Je n’ai pas envie de rouler pour tenter d’atteindre des objectifs qui ne sont pas atteignables. On verra, si une opportunité se présente, super, sinon, je suis content de là où j’en suis pour l’heure. J’aime rouler en GP, je pourrais très bien aussi ne pas faire la saison complète et choisir les GP auxquels je participe, peut-être même faire quelques courses aux USA. Rien n’est décidé pour l’instant. »

 

MXGP Studio Show of Turkey 2019

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