Weston Peick « Si ma vue ne s’améliore pas, il sera temps de raccrocher »

Des nouvelles de Weston Peick

Peu de progrès pour Weston Peick malgré les multiples interventions chirurgicales effectuées sur son œil droit depuis son accident du Supercross de Paris l’an dernier.

Plus de sept mois après l’accident, Weston Peick roule tant bien que mal et tente de trouver des solutions. Bien que la vue ne s’améliore pas, le pilote JGR Suzuki compte bien se laisser du temps, encore 5 mois, avant de décider de son avenir en compétition.

En attendant, Weston a déjà ouvert un nouveau chapitre de sa vie et enfilera sous peu une nouvelle casquette, celle d’entrepreneur.

Weston Peick s’est confié lors du PulpMX Show – l’article original est disponible sur RacerX

Comment se passe la guérison ? Comment vas-tu, Weston ?

Ça va. La progression au niveau de mon œil a un peu ralentie. Ça va faire son chemin et ça va surtout prendre pas mal de temps. Je ne sais combien de temps cela prendra. Je n’en ai aucune idée. Je n’ai pas de réponse, car je ne peux obtenir de réponses de la part des médecins.

J’essaye d’improviser et de rester occuper, de faire ce que je peux pour l’équipe et mes autres sponsors. J’essaye de rester occupé.

Est-ce que ça te déprime,  ou est-ce que ça t’énerve de devoir répondre à tous ces gens – comme moi – qui te posent ces questions ?

Non, je ne suis pas déprimé. Evidemment j’ai eu des périodes de déprime il y a quelques mois, mais maintenant, c’est comme ça, c’est la vie, ça arrive. Les gens qui pleurent sur leur sort ne s’en sortent jamais et n’avancent jamais, eux finissent par s’effondrer. Je ne suis pas ce genre de personne.

Je continue de faire ce qu’il faut faire pour le jour où ma vue reviendra si elle revient. D’ici là, je reste positif, je pense à l’avenir et je fais ce que je peux, autant que je peux.

Ce pourrait être la fin pour toi, tu pourrais ne plus jamais rouler au niveau professionnel.

Ouais, exactement. Beaucoup de pensées comme ça me sont passées par la tête. Je ne sais pas. Tu ne sais jamais.

Ça pourrait bien être la fin, mais je vais prendre une année complète pour guérir avant de me décider. Si après un an ma vue ne s’est toujours pas améliorée, alors évidemment, il sera temps de raccrocher. Une merveilleuse blessure de fin de carrière …

Parle nous des réactions que tu as provoquées quand tu es remonté sur ta moto.

J’étais parti pour nier le fait que c’était moi sur la moto. De tout l’été, personne – à part Josh Mosiman – n’a été capable de m’identifier. J’aurais pu la jouer de cette façon-là. J’aime bien dérouter les gens.

Les gens ne s’attendaient pas à ce que ce soit moi sur la moto, ça aurait pu être n’importe qui. J’aurais pu laisser mon mécanicien d’entraînement rouler sur ma moto, j’aurais pu laisser un ami rouler sur ma moto, personne ne savait vraiment si c’était moi.

Comment c’était de rouler ? J’imagine que tu peux voir un peu avec ton œil. C’était si dur que ça ?

C’était compliqué au début de s’y habituer, compliqué de rouler de nouveau, j’étais un peu timide. Le plus dur, c’était de juger où était la réception des sauts, de choisir mes traces, les traces de freinages.

Je n’ai plus vraiment la perception des profondeurs, ça s’améliore, mais ce n’est toujours pas de retour à 100%, donc ça me posait problème.

À l’approche d’un virage, j’étais du genre à arriver trop vite et je ne savais pas dire à quelle distance j’étais du virage. À Milestone la terre était de couleurs différentes et ça me gênait vraiment. À l’approche des réceptions, je pensais que j’allais toucher le sol plus tôt que ce qu’il en était vraiment, donc je me relâchais trop tôt.

Il a fallu s’habituer à différentes choses, mais si j’avais continué à rouler, ça aurait été, tu peux t’y habituer. L’autre problème que j’ai c’est que mon œil droit interfère avec mon œil gauche, ce que je vois de l’œil droit – le mauvais œil – se superpose à l’œil gauche – le bon œil.

Je vois parfaitement bien de l’œil gauche, mais pas bien du droit, du coup, ça se répercute aussi sur le bon œil. Si je mettais un patch sur mon œil pour aller rouler, ce serait probablement mieux. J’aurais juste moins de vision périphérique, si quelqu’un était à ma droite par exemple.

Mon docteur doit me donner une lentille de contact qui permettrait de bloquer ce phénomène.

Au final, en fin de journée, tu étais content ? tu étais frustré ?

Les deux. J’étais frustré mais content de pouvoir rouler. J’étais content de pouvoir rouler, mais est-ce que je pouvais rouler comme je roulais avant ? Pas du tout.

De toute façon, après 3 ou 4 sessions tu ne vas pas faire de miracle. Si j’étais revenu d’une blessure après 6 mois, je me serais senti pareil. Il faut rouler pour voir ce que ça peut donner.

Depuis ma dernière opération, j’essaye de prendre un peu de temps pour récupérer.

Je sais que tu bosses sur un projet en dehors de la moto. Tu veux en parler ou on garde ça pour plus tard ?

Ça va plus ou moins être exposé à tout le monde prochainement. Certaines personnes sont déjà au courant. J’ai démarré un nouveau business avec mon voisin.

C’est complètement à l’opposé de ce que les gens pensent. Les gens pensent que je vais ouvrir une salle de sport. Non, c’est un marché saturé, il y a une salle de crossfit stupide à chaque coin de rue et je ne veux  rien avoir à faire avec ça.

On a démarré quelque chose, c’est pas nouveau, mais c’est nouveau pour moi et ça me donne surtout des cheveux blancs à essayer de trouver comment faire fonctionner le business car c’est tout nouveau pour moi, je n’ai jamais opéré d’entreprise avant, je suis un pilote de motocross.

En fait, je suis déjà propriétaire d’un magasin de cigarettes électroniques avec mon père, mais je n’aime pas trop être rattaché à cette image. J’ai aidé le financement au début avec mon père. C’est tout ce que j’ai fait.

Pour la nouvelle entreprise, je n’ai rien à faire pour le moment donc j’apprends surtout tout ce qui concerne l’aspect commercial, les approvisionnements, les autorisations, les stocks … Tout ce que je n’ai jamais fait auparavant.

Je vais probablement divulguer plus d’informations prochainement en masse, et pas seulement aux personnes qui savent ce que je fais en ce moment.

Est-ce que tu parles beaucoup avec Jeremy Albrecht et les mecs de l’équipe JGR ? Est-ce que tu t’investis ou est-ce que tu restes en dehors car ça te donne envie de rouler ?

Je fais autant que possible. J’essaye d’aider les pilotes du mieux que je peux.

Certains viennent me voir pour avoir de l’aide car j’ai fait tout ça pendant longtemps.

Pour l’instant j’essaye d’aider Justin Hill à se remettre sur les rails, à se remettre dans la bonne direction mentalement.

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