David Luongo “il est trop tôt pour avoir une vision claire”

“Une saison exceptionnelle signifie des décisions exceptionnelles”

De nombreux changements ont déjà été apporté au calendrier du mondial 2020 et la troisième épreuve du championnat, toujours prévue en Russie le 9 juin prochain, à Orlyonok, n’est toujours pas assurée, restons optimiste tout de même.

Dans l’idéal, la caravane du mondial MXGP devrait, dès juin prochain, reprendre la direction des circuits pour disputer pas moins de 19 épreuves en 25 semaines (MXDN inclut) si le calendrier actuel ne connaît pas de nouvelles modifications.

Adam Wheeler s’est entretenu avec le PDG de Infront Moto Racing – David Luongo – à propos de la saison 2020, des modifications de calendrier, du Motocross des nations et de 2021.

Il est difficile de répondre, mais dans quelle mesure êtes-vous certain que le MXGP reprenne en juin?

À un moment, vous devez tracer un trait et vous fire: «On commence là». Nous travaillons déjà sur de nouvelles modifications afin d’avoir encore plus de temps pour travailler avec le calendrier. Le début du mois de juin est toujours à l’étude, mais nous ne pouvons pas prendre de décision précise maintenant.

Combien d’épreuves faut-il disputer pour que ce soit satisfaisant? Y a-t-il un minimum pour qu’une saison soit déclarée comme un «championnat du monde»? Le MotoGP  dit que 13 épreuves, c’est satisfaisant…

Ce n’est pas dans notre optique de définir un nombre d’épreuve parce que nous nous battons pour disputer le championnat complet. Il est compliqué de répondre à cette question car il est encore trop tôt pour dire ce qui sera possible de faire ou non. Il n’y a pas de minimum fixé jusqu’à présent, mais en regardant comment les choses évoluent, nous sommes persuadés que nous aurons un championnat décent et professionnel.

Le président de la FIM a déjà dit que le championnat 2020 pourrait aller jusqu’en janvier 2021. Est-ce que c’est jouable pour le MXGP?

Théoriquement, c’est possible, avec notre contrat, que nous puissions déborder sur la fin de l’année mais pour l’instant nous devons faire course par course et tout dépend de chaque organisateur. Notre première modification du calendrier a été de déplacer les courses à l’étranger à un moment où il fait beau chez eux. Faire des courses en Europe en décembre est plus compliqué surtout pour l’entretien des pistes à cette époque. Mais toute option reste ouverte car nous avons encore un peu de temps pour travailler.

Avez-vous déjà pensé à 2021? La saison pourrait-elle commencer plus tard? Ou voyez-vous un début de saison fin février ?

La saison 2020 sera une saison exceptionnelle, difficile. Une saison exceptionnelle signifie des décisions exceptionnelles. Si tout revient à la normale, nous débuterons la saison 2021 en février comme d’habitude et tout le monde s’adaptera au début du championnat. Nous voulons revenir à la normale en février 2021, c’est certain.

Comment se sont passé les discussions avec les organisateurs des Grands Prix?

La famille de motocross est très unie en ce moment et je suis très agréablement surpris. Tous les organisateurs se battent pour sauver et organiser leurs courses. Nous dépendons de ce qui se passe avec l’expansion de la pandémie et aussi des décisions des gouvernements pays par pays de rouvrir les frontières et les marchés. Aujourd’hui, nous sommes dans une zone d’ombre. Tout le monde est motivé pour trouver des solutions mais il est trop tôt pour avoir une vision claire de ce qui se passera dans les trois ou quatre prochains mois.

Peut-on envisager des grands pris sans spectateurs ? Juste pour faire des courses et marquer des points?

Ce serait très compliqué car les organisateurs dépendent beaucoup de la vente de places. Nous ne détenons pas les droits TV donc nous ne pouvons pas couvrir les coûts. La billetterie est le plus gros générateur de revenus pour l’organisateur. Je ne pense donc pas que ce soit une solution.

Traverse-t-on l’épisode le plus difficile pour votre entreprise?

Pour l’heure, il faut penser à nos employés et à l’industrie. Nous voulons faire de notre mieux pour sauver le championnat et le garder aussi professionnel que possible et nous avons la responsabilité de plus de 3000 personnes qui travaillent dans le paddock; marketing, mécanique, personnel d’équipe, journalistes, tous ceux qui dépendent de ce championnat.

C’est une mission pour nous de faire de notre mieux et de promouvoir le plus grand nombre de courses et de garantir le plus grand nombre d’emplois possible. C’est une grande responsabilité et nous sommes prêts à nous battre pour elle.

En 2008, nous avons également eu une crise à gérer et nous avons traversé cette tempête et le championnat a continué de se développer. C’est un moment très difficile mais nous devons rester positifs.

Chez Infront Moto Racing, nous avons 150 employés et nous sommes motivés à faire cette saison même si ce sera un défi. Ce sera une saison très compacte mais il faut y faire face.

Le motocross des Nations est prévu pour le 27 septembre. Actuellement, cinq Grands Prix devraient avoir lieu après cette date. A-t-on de la chance d’organiser les nations dans un endroit populaire comme Ernee plutôt qu’ailleurs ?

Je pense que oui, mais je pense aussi que ça fait au moins dix ans qu’on ne s’inquiète pas pour le motocross des Nations car la foule a toujours été présente et fantastique.

Je pense qu’organiser à Ernee, ça aide beaucoup et c’est sûr que les fans français sont super. Je suis sûr qu’ils viendront soutenir l’équipe de France. C’est un endroit spécial. Ce sera une année étrange mais le Motocross des Nations est le plus grand événement de l’année en termes de Motocross donc je suis toujours très confiant; ce sera un grand succès et il devrait se dérouler à un moment où nous espérons que tout sera de retour à la normale.

Les gens, y compris nous, voudront être dehors, faire la fête et regarder le motocross quand tout cela sera terminé et que la vie normale recommencera donc je pense que nous assisterons à un bel événement.

Via – Adam Wheeler

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