Dylan Ferrandis “fier, heureux, j’ai laissé parler mon émotion”

Dylan Ferrandis “Fier, heureux, j’ai laissé parler mon émotion”

24 ans après Mickael Pichon et 10 ans après Christophe Pourcel, Dylan Ferrandis est devenu le 3ème Français à décrocher deux titres SX US 250 consécutifs depuis la création du championnat en 1985.

Arrivé avec une poignée de points d’avance sur Austin Forkner à l’aube de l’ultime épreuve de l’année, Dylan Ferrandis n’a pas connu une journée de tout repos ce dimanche. Loupant la qualification directe pour la finale après un accrochage en manque qualificative, Dylan Ferrandis partait avec un désavantage inéluctable sur Austin Forkner en se qualifiant via la LCQ; c’est la 19ème place sur grille qui attendait le Français en finale. Ce weekend, Dylan Ferrandis a eu la tâche facilitée par son plus sérieux adversaire. Auteur d’un gros par-devant en finale, Austin Forkner est contraint à l’abandon et laisse ainsi le champ libre à Dylan Ferrandis. Un drapeau rouge, un nouveau départ, et un second titre au terme des 19 tours de la finale de Salt Lake City. Bravo, Dylan.

Dylan Ferrandis – Post Race press conference

“Quand j’étais gamin – et parce que j’ai toujours regardé le Supercross – j’ai toujours dit qu’il ne fallait pas passer par la case LCQ. Je n’ai jamais eu à y passer en 4 ans de Supercross ici, à part aujourd’hui pour la dernière de l’année. Aller en LCQ, c’était difficile mentalement. Tu sais déjà que tu vas avoir une mauvaise place sur la grille mais tu dois quand même passer par là.

Je suis tombé dans le second virage de ma manche qualificative avec d’autres pilotes, ma moto était bloquée avec une autre moto. “Okay, on se remet dedans”. Je repars, je termine 10ème à une seconde du 9ème. Je suis retourné au camion, on a réparé la moto et je me suis préparé pour la LCQ. J’ai pris un bon départ, je l’ai gagné, mais je savais qu’il allait falloir donner tout ce que j’avais pour la finale. Quand j’ai vu Austin par terre, je savais que c’était terminé; qu’il fallait juste finir la finale. C’est malheureux pour lui, mais c’était un gros soulagement pour moi.[…]

J’étais dans la même position qu’Adam l’an dernier, c’était difficile à gérer car je n’ai jamais été dans cette position auparavant et c’était nouveau pour moi, il y avait pas mal de pression. J’avais confiance en moi, en mon programme physique, en mes capacités, et on a vu que les temps chronos étaient bons aux essais, que j’avais la vitesse, mais j’avais plus peur de ce que les autres pouvaient faire. Quand quelqu’un veut gagner, il est capable de faire tout ce qu’il faut pour ça. L’an dernier, je pensais aux choses que j’étais prêtes à faire si l’opportunité se présentait pour battre Adam pour le titre. C’était ce qui me faisait peur. Austin était agressif lors des dernières épreuves et je m’inquiétais de ce qu’il pouvait tenter. S’il me double, très bien, mais s’il me fait tomber, que je me blesse … J’avais un peu peur de ça. Une journée difficile mentalement mais de gros progrès et ça va m’aider pour le futur. Mais ça reste une des journées les plus difficiles de ma vie en termes de courses. […]

Vu ce qu’il se passe en ce moment dans le monde, on a de la chance de rouler et de faire ce qu’on aime. Si je n’avais pas gagné le championnat, j’aurais été énervé et triste mais après tout, il y a d’autres choses plus graves que ça en ce moment dans le monde. Quand je suis tombé et que j’ai dû passer par la case LCQ, j’étais très calme, j’ai fait le boulot en LCQ et je me suis dit qu’on allait voir comment ça se passerait. J’ai essayé de rester positif car je pense que le mental joue beaucoup. Il faut rester positif, s’éclater dans la vie. Bien sûr que je voulais ce titre, l’an dernier j’ai eu de la chance de le décrocher. J’ai mûri, je suis plus vieux maintenant et j’essaye de penser différemment. Si je ne gagne pas, je suis mécontent, c’est sûr, mais ce n’est ni bon pour moi, ni pour mon entourage, alors je travaille sur ça. […]

Quand on m’a dit qu’il n’y aurait pas de fans à Salt Lake City, je me suis dit qu’au moins personne ne serait là pour me huer [rires]. […]

Lors du premier départ, et après 1 ou 2 tours, j’étais plutôt confiant car je savais que j’avais les capacités, la vitesse et le physique. J’étais prêt à me battre pour revenir devant et donner le meilleur de moi-même. Quand j’ai vu Austin par-terre, je me suis dit que je n’avais plus besoin d’attaquer et qu’il fallait prendre un rythme de croisière pour le second départ. Avant ça, quand j’ai vu Austin second ou troisième, je me suis dit “c’est parti”, j’étais prêt pour ça, et j’étais prêt à donner tout ce que j’avais. […]

Je ne sais toujours pas pourquoi je suis aussi émotif. C’est probablement parce que je viens d’un petit village en France. Partir, vivre aux USA, suivre mes rêves et gagner deux championnats d’affilée, c’est un rêve qui se réalise et c’est pourquoi j’étais vraiment ému. C’était une journée difficile pour moi, j’ai eu beaucoup de choses à gérer pour parvenir à décrocher ce titre. J’étais fier, heureux, et j’ai laissé parler mon émotion. […]

Quand la course a été interrompue par un drapeau rouge, j’ai été voir mon mécanicien. Je savais qu’Austin était hors du coup et j’ai vu mon coéquipier Justin Cooper rentrer aux paddocks. Je me demandais ce qu’il s’était passé, s’il était tombé, s’il allait rouler. S’il ne roulait pas, j’étais titré. Il avait juste un guidon tordu et il est revenu sur la grille. […] Austin m’a facilité la tâche […]

La catégorie 250, c’est de la folie. Il est temps pour moi de monter en 450. Je suis un peu plus vieux maintenant, je pense que j’ai ce qu’il faut pour rouler devant. Je ne sais pas si je serais en mesure de gagner des courses mais je travaille dur et je vais tout donner pour y arriver. Je veux monter en 450 et être prêt à me battre avec les gars, c’est un rêve pour moi de rouler en Supercross en 450. J’espère qu’on fera un bon hiver avec une bonne moto et une bonne équipe compétitive pour ma première année.  […]

Quand je vois ce qu’Adam a fait cette année, je me dis que je peux faire quelque chose la saison prochaine car on s’est battu ensemble tous les deux. Je suis confiant de ce que je peux faire en 450 même si je sais que c’est une grosse transition, une transition difficile. C’était mon dernier Supercross en 250 et je suis prêt à faire cette transition.”

Photos: Star Racing Yamaha

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