E2T Racing Team, une équipe Française à l’assaut des grands prix

Impossible de parler de nos pilotes Français sans faire un détour par Enzo Toriani et la structure familiale dans laquelle il évolue, E2T Racing Team.

Moins connu que ses compatriotes tricolores présents dans la catégorie MX2, le jeune pilote Auvergnat de 21 ans s’aligne néanmoins derrière les mêmes grilles qu’un Jorge Prado, Tom Vialle ou Henry Jacobi ; tous transportés par une seule et même passion depuis leur plus jeune âge.

À Loket, j’ai eu l’opportunité de me faire ouvrir les portes de la structure E2T où j’ai été très chaleureusement accueilli. L’objet de ma visite, apprendre à connaître cette équipe Française qui souffle cette année sa deuxième bougie sur le championnat du monde MX2.

Pourtant, rien ne destinait la famille Toriani à se diriger vers les circuits de motocross. Enzo est le fruit de l’union d’un père joueur de hockey sur glace au niveau national et d’une mère patineuse artistique. Autant dire que chez les Toriani, on était loin d’imaginer mettre un jour les pieds dans les paddocks du MXGP.

«Moi, J’ai commencé la moto quand j’avais quatre ans avec un PW offert par mon parrain » Raconte Enzo. « J’ai fait du hockey quand j’étais petit, mais la moto me procurait plus de sensations »

« À 6 ans, je me suis inscrit dans mon premier club, puis j’ai fait mes armes, comme tout le monde, sur le minivert, en passant par le cadet, le junior, l’élite. Sur le cadet, j’ai terminé 6ème, sur le junior,  11ème. J’ai ensuite fait l’Europe 85 et 125. Cette saison, je finis 9ème sur le championnat de France Elite. »

Enzo Toriani – Teutschenthal – @Dailymotocross

C’est en 2018 qu’Enzo fait ses débuts sur le championnat du monde MX2 et marque ses tout premiers points à Ottobiano, en Italie, en décrochant une 18ème place.

« L’an dernier, on n’a malheureusement pas pu faire toutes les courses suite à une blessure mais j’ai marqué mes premiers points en championnat du monde » poursuit Enzo, « On peut considérer cette saison comme ma première année complète sur le championnat MX2 ».

À Saint Jean d’Angely devant le public Français, Enzo Toriani a rempli son objectif, celui de marquer de nouveau des points sur le championnat du monde.

« Marquer des points en France cette année, ça n’a pas la même valeur. L’an dernier, sur certaines courses, on était 26 ou 27 en MX2. Cette année, on attaque à 40 pilotes et le niveau est très homogène, quand on jette un œil sur les temps chronos, on voit que ça ne se joue pas à grand-chose. Marquer ces points en France, c’était top, même si les Français ne me reconnaissent pas forcément du fait de mon nom, ils pensent souvent que je suis Italien [rires]. Petit à petit, j’essaye de me faire connaître du public Français. »

« Je tente de marquer des points, mais je suis réaliste, ce n’est pas sur les courses dans le sable que j’ai le plus mes chances » plaisante Enzo à l’approche de Lommel.

« L’objectif cette année, c’était non seulement d’intégrer le top 10 en Elite et marquer des points en mondial, mais aussi passer en troisième année de DUT ». Jusqu’ici, c’est mission accomplie pour le Français.

Enzo Toriani – Loket – @Dailymotocross

Si Enzo est un pilote de rang mondial le weekend, en semaine, il retrouve les bancs d’école et suit un programme aménagé à ses besoins.

« Je viens de passer en troisième année de DUT, j’ai eu les résultats il y a tout juste deux semaines. Je suis dans une classe spécialisée, avec d’autres sportifs et quelques personnes en activité. Avec ce programme, je passe mon diplôme en 3 ans au lieu de 2, mais ce n’est pas dérangeant. L’avantage, c’est qu’on ne travaille que le matin, ce qui me laisse du temps libre l’après-midi pour travailler le physique, rouler à moto ou encore m’occuper de mes sponsors. »

Pour l’entraînement moto, Enzo bénéficie de l’expérience de Medhi Chatain ; côté physique, c’est Mathieu Fafournoux qui s’occupe de préparer le Français pour tenir deux fois 30 minutes et 2 tours parmi le gratin du mondial. Arracher le top 20, c’est synonyme de points au championnat. À de nombreuses occasions cette saison, Enzo est passé à un cheveu du Graal, il ne manque plus grand-chose, mais que manque-t-il, au juste ?

« C’est un tout. On est conscient de ne pas avoir la moto la plus puissante du paddock, et aujourd’hui sur la grille de départ, ça se ressent. À Saint Jean d’Angely, j’ai réussi à partir 7ème ou 8ème et le fait de bien partir donne plus de chances de marquer des points, même si on recule un peu dans le classement pendant la manche. Si on part mal, c’est très compliqué. »

« On veut aussi se développer car on voit toutes les équipes en Belgique, aux Pays-Bas, ils s’entraînent beaucoup à plusieurs et tirent le niveau vers le haut. Moi, à Clermont Ferrand, je roule tout seul et ce n’est pas toujours idéal »

Enzo Toriani – Teutschenthal – @Dailymotocross

Dans la discussion, Enzo me fait part de son ressenti sur le circuit de Loket, de ses préférences en matière de tracé. Cette année, la fédération a placé la sécurité des pilotes au centre des priorités et Rui Goncalves endosse le rôle de conseiller technique pour la préparation des pistes.

« J’aime bien Loket, j’ai déjà roulé ici en Europe en 85 et en 125. Ils n’arrosent pas trop avant les manches pour une fois. D’habitude, ils inondent les terrains, c’est un problème que je remarque de plus en plus depuis le début de la saison, je trouve ça vraiment dangereux. »

La réfection du circuit de Kegums entre les deux manches n’avait pas fait l’unanimité auprès des pilotes. Et toi Enzo, tu en as pensé quoi ?

« Ils ont refait des parties, tout n’était pas plat quand même. Par contre, j’ai trouvé la série de vagues très dangereuse. Il suffit de voir le nombre de chutes qu’il y a eu en Europe 250. Je suis pour le fait de refaire des parties difficiles ou dangereuses qui nous poseraient des problèmes, mais d’un autre côté, c’est là qu’on peut aussi faire la différence. »

« Si on prend l’exemple de l’Allemagne, le dimanche matin ce n’était que des flaques d’eau partout. Pourtant, le club connaît son terrain et devrait savoir comment l’arroser à juste mesure. Qu’ils arrosent le terrain un peu avant les manches, très bien, mais qu’ils inondent les terrains, je ne suis pas pour. Je ne sais pas si Goncalves a des retours à ce niveau-là, je ne le connais pas personnellement. La complexité, c’est aussi que tout le monde est différent, certains pilotes vont aimer les tracés arrosés et d’autres non. Dans ce cas de figure, difficile de se mettre d’accord. »

Enzo Toriani – Loket – @Dailymotocross

J’ai noté la moue d’Enzo alors qu’il énonçait le sable quelques minutes plus tôt, je relance donc le sujet, Lommel arrivant à grands pas.

« Lommel, c’est très dur, on le sait tous. C’est spécial, il faut s’entraîner beaucoup là-bas pour y arriver. On verra, je vais donner tout ce que j’ai. Après Loket, on part en Belgique et cette semaine, on va s’entraîner à fond dans le sable. »

Tout donner, c’est ce qu’Enzo s’efforce de faire en piste lors de chaque weekend de grands prix depuis le début de la saison. Depuis le bord de la piste, une autre vision de la course s’offre à nous. Les bagarres pour décrocher les points sont intenses et souvent, bien plus serrées que celles pour la tête de course, tant le niveau est homogène.

Malheureusement, l’équipe E2T a dû faire l’impasse sur l’ouverture du mondial en Argentine et sur les deux épreuves Indonésiennes en raison des coûts de déplacements élevés et d’une logistique complexe.

« Trop compliqué, trop couteux. Maintenant, si tout se passe bien, on devrait finir la saison. Pour la Turquie, ça dépend si Youthstream décide de faire le grand prix en oversea ou non. Ils en ont parlé la dernière fois. Si c’est en oversea, on devra tout envoyer en caisses par avion, sinon, on pourra y aller en camion. Pour l’instant, point d’interrogation sur la Turquie. »

Si le déplacement en Turquie est encore incertain, une chose est sûre, c’est qu’Enzo vit sa passion à 200% et revoit le gamin qu’il était quelques années auparavant, rêvant de s’aligner derrière les grilles du championnat du monde.

« Tu sais, pour moi, rouler en grand prix, c’était un rêve. Je suis tellement content d’être ici. Être sur les grands prix, c’est quelque chose de dingue. Quand j’étais petit, je regardais les courses à la télévision le dimanche installé dans le canapé. Jamais je ne me suis dit qu’un jour je serais de l’autre côté de l’écran, jamais. J’en rêvais la nuit, mais entre le rêve et la réalité, il y a un monde. J’ai de la chance. »

E2T Racing Team

Marc Toriani, le père d’Enzo et le propriétaire de l’équipe E2T Racing Team nous rejoint et prend la parole.

« Je suis désolé de ne pas t’accueillir dans notre plus belle structure, mais deux de nos pilotes ne roulent pas ce weekend donc on est venu avec une structure plus petite. Normalement, on a un semi-remorque de 12m de long, une remorque de 10m, et là, on est en train de la faire modifier pour avoir un auvent de 100m² »

Les deux autres pilotes qui portent les couleurs E2T Racing cette saison se nomment Hampus Kahrle et Axel Sembe. Le premier accompagne Enzo sur les épreuves du mondial MX2 tandis que le second s’aligne sur les épreuves de l’Europe 125.

« La première année, c’est nous qui avions contacté les pilotes » explique Marc. « On leur parlait de notre projet, il a fallu faire un peu de marketing pour les attirer vers nous. Pour cette saison, c’était balle au centre. Pour l’année prochaine, on a encore 2 places disponibles chez nous alors que le reste des équipes est saturé. Automatiquement, des pilotes nous contactent et nous disent qu’ils aimeraient rouler. »

« Pour le choix des pilotes, on recherche surtout des personnes qui partagent la philosophie du team, qui travaillent sérieusement, qui vont jusqu’au bout des choses, qui sont honnêtes et qui sont respectueuses de l’équipe. Nous, on est une équipe familiale, nos objectifs avec nos partenaires sont clairs et à ce titre-là, on se doit d’aller jusqu’au bout de nos engagements pris avec eux. »

Une première année teste, une seconde année d’apprentissage, une troisième année de développement ; dès l’hiver prochain, l’équipe E2T Racing enclenche la vitesse supérieure et proposera un programme d’inter-saison complet à ses pilotes.

« Cet hiver, on va organiser un winter training. C’est-à-dire que nos pilotes vont rester 3 à 4 mois chez nous, en France. Ils seront suivis par un coach physique et technique pendant tout l’hiver pour faire une grosse préparation. On a bien vu qu’une fois que la saison commence en Mars, les entraînements relèvent plus du maintien, la marge de progression est faible. Exception faites aux retours de blessure, dans ce cas, il est possible de reprendre un cycle d’entraînement pour revenir au niveau. Mais pendant la saison, les pilotes enchaînent chaque weekend et c’est assez compliqué »

Enzo Toriani – Loket – @Dailymotocross

Marc Toriani commence à s’habituer à porter la double casquette. En plus de celle de propriétaire d’équipe, il aborde celle de directeur d’entreprise. Avec Gedivepro, enseigne spécialisée dans la production de vêtements de travail, Marc dirige 35 employés en France et plus de 200 à l’étranger. Ses équipes livrent près de 500.000 vêtements par an dans plus de 52 départements Français.

« Le management d’une entreprise et d’une équipe de grands prix est relativement similaire. Une entreprise, c’est une somme d’équipes qui travaillent ensemble dans le but d’atteindre un objectif commun. Un team, c’est une seule équipe qui travaille avec un objectif. Mon travail en tant que chef d’entreprise ou celui de propriétaire d’équipe est de mettre en place une certaine cohésion afin d’atteindre nos objectifs en gérant l’aspect financier des choses. Une fois que tout est en adéquation, on se donne les outils afin d’atteindre ces objectifs. C’est vrai pour une entreprise comme pour une équipe de motocross. »

« Schématiquement, l’énergie et les ressources sont les mêmes d’un côté comme de l’autre. Pour faire simple, mon équipe me prend autant de temps que le staff de mon entreprise »

Grâce aux nouveaux outils informatiques et à ses années d’expérience dans l’entrepreneuriat, Marc est aujourd’hui capable de gérer ses effectifs à distance quand il se trouve sur les grands prix.

« Aujourd’hui, il y a internet et c’est bien pratique. Je voyage aussi beaucoup à l’étranger, je vais une dizaine de fois par an en Indonésie et en Asie, pour voir mes productions sur place, donc j’ai l’habitude de travailler à distance avec mes équipes. Ce matin par exemple, je me suis levé de bonne heure pour traiter mes emails et m’assurer que toutes mes équipes soient opérationnelles dès lundi matin. »

Enzo Toriani – Loket – @Dailymotocross

Monter sa propre structure en grands prix n’est pas une mince affaire et comme de nombreuses équipes privées du paddock, c’est la passion qui fait office de moteur, les retombées financières étant quasi-inexistantes.

« On crée une équipe par passion. On sait qu’on ne fera pas de retour sur investissement. On est une équipe jeune, en pleine progression. Forcément, on avait fait des choix la première année, certains bons, certains mauvais. Tout cela coûte de l’argent mais c’est une phase obligatoire. L’année suivante, on change les règles, on fait d’autres choix. On prend de meilleurs pilotes, mais qui dit meilleurs pilotes dit aussi contraintes supérieures. C’est aussi avec nos erreurs que l’on progresse »

« Ce qui est compliqué, c’est que lors de l’établissement d’un budget, on se rend compte qu’on a une variable de 10 à 15 % en fin de saison »

Cette variable représente un coût supplémentaire pour E2T Racing.

« En début de saison des partenaires acceptent de nous aider d’une manière ou d’une autre, on ne parle pas uniquement de façon financière, ça peut être de l’équipement, des réductions. Mais on s’aperçoit qu’au fil des saisons le partenaire qui nous donnait 10 équipements ne nous en donne plus que 5 l’année suivante, alors que nous, on comptait sur 10, par exemple. »

Enzo Toriani – Loket – @Dailymotocross

C’est Marc lui-même qui s’occupe de la gestion des partenaires et sponsors pour l’équipe. Un démarchage qu’il effectue avec une idée bien précise : Celle de faire découvrir le sport et séduire de nouveaux adhérents.

« On a des partenaires dans le milieu de la moto qui nous aident en nous offrant du matériel. Sur les années à venir, on doit mettre en place une vraie démarche pour trouver des partenaires extra-moto et les faire vibrer, rêver moto. On a une démarche qui se veut atypique dans le monde de la moto, comme lors de notre opération faite à Saint Jean d’Angely. Nous avions 280 invités, pas seulement des clients de chez nous, mais aussi des clients de partenaires, des amis de sponsors. Le but était de faire découvrir le monde de la moto à ces personnes qui n’avaient jamais mis les pieds sur un circuit. »

Effet garanti et opération réussie en France avec le Charity Day organisé par l’équipe E2T Racing Team lors du grand prix de Saint Jean d’Angely

« On a eu énormément de gens qui sont venus nous remercier car ils ont adoré ça. La plupart ne connaissaient pas le motocross et ont prévu de revenir. De cette façon-là, on acquiert des fans et nos partenaires sont contents car on fait plaisir à leurs clients. Avec mon entreprise, j’ai invité une vingtaine de clients qui ont été séduits par le monde du motocross, ils voient un nouveau côté de notre entreprise, quelque chose de différent. »

Hospitality Day à Saint Jean d’Angely – @Alain Pellegrini

« Salut Marco, est-ce qu’on peut s’asseoir ici ? »

Pascal Finot, entraîneur national et chargé de la sélection des pilotes Français pour le motocross des nations vient de faire son apparition sous l’auvent E2T.

« C’est l’auberge Espagnole ici ! C’est aussi ça le motocross, c’est la famille » me dit Marc en accueillant ses nouveaux invités. « Notre team a cette particularité-là, on est très convivial, donc les gens viennent pour passer du temps à nos côtés. »

« Pour reprendre, on est sur une démarche qui vise à faire connaître notre sport. Nous souhaitons amener des partenaires mais aussi leur offrir une contrepartie. Démarcher une entreprise et mettre un logo sur le maillot, le poster, le camion, c’est sympa, mais le partenaire a besoin d’un retour sur investissement. Quand on prend un de nos partenaires et qu’on invite ses clients à passer un weekend sur une course, ça change la donne. Là, on va avoir une vingtaine de personnes avec nous à Imola, puis 80 à Uddevalla. Pour nous, c’est aussi une façon pour pérenniser les choses. »

Ces démarches nécessitent cependant un accompagnement des invités, une présence constante et de nouveaux challenges logistiques.

« On invite les clients, on prend leurs billets d’avion, on leur trouve un logement. Sur les courses, je me rends disponible pour accompagner nos invités. Ils viennent avec moi sur la ligne de départ, dans les paddocks, sur la pitlane, ça les faits rêver. Quand ils partent, ils en ont plein les yeux, et c’est l’objectif, chez E2T, on veut faire rêver avec notre sport et partager notre passion. » Conclut Marc.

C’est sur ces derniers mots que je décide de m’éclipser. Pour Marc, Enzo, Théo, le mécanicien d’Enzo, et les amis de la famille Toriani, il est temps de profiter d’un instant de repos bien mérité avant d’attaquer les manches du mondial.

En république Tchèque, Enzo termine en 25ème position lors de la première manche après un premier pointage en 30ème position. S’il loupe de peu les points, son meilleur temps en piste lui permettait néanmoins de prétendre au top 20 en manche. La seconde manche d’Enzo débute d’une manière similaire avec un départ dans les 30 sur un tracé devenu de plus en plus technique. Enzo remontera jusqu’aux portes du top 20, en 24ème position, mais devra se contenter de cette dernière, rencontrant un problème d’amortisseur en fin de manche. Le garçon est persévérant, et le travail finit toujours par payer. L’équipe E2T Racing vous donne rendez-vous le weekend prochain, du côté de Lommel.

Je souhaite remercier Enzo et Marc Toriani pour la gentillesse dont ils ont fait preuve en me recevant en République Tchèque. Si vous avez l’occasion de vous rendre sur un grand prix, n’hésitez pas à faire un détour par la structure de l’équipe E2T, vous y serez accueilli à bras ouverts.

Pour ma part, je n’ai pas encore décidé de mon prochain déplacement en grand prix, la Turquie, avec un peu de chance, sinon, je serais présent au Motocross des Nations à Assen.

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Kévin


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