Jorge Prado “c’est un peu difficile à cause des blessures”

Jorge Prado “c’est un peu difficile à cause des blessures”

Ultra dominateur sur le championnat du monde MX2 ces deux dernières saisons, Jorge Prado n’a pas connu une transition en MXGP de tout repos. Blessé au fémur à l’intersaison et de nouveau à la clavicule pendant la pause, le jeune pilote Espagnol n’a pas encore été en mesure de nous montrer toute l’étendue de son talent au guidon de la 450.

10ème à Matterley sans préparation, 9ème dans le sable de Valkenswaard et 7ème ce weekend à Kegums, Jorge Prado reste satisfait de ses premières apparitions en mondial MXGP compte tenu des circonstances.

Invité de Paul Malin & Lisa Leyland lors du Studio Show ce matin, Jorge Prado est revenu sur ses blessures et ses débuts en mondial MXGP.

Jorge Prado

“Les deux dernières saisons ont été incroyables pour moi; deux titres de champion du monde en catégorie MX2 et maintenant la montée en MXGP, c’est un peu difficile à cause des blessures; j’essaye de revenir en forme, de faire mes heures sur la moto car je n’ai pas beaucoup roulé à cause de ces blessures et de ces contretemps. Je suis passé par quelques moments vraiment douloureux.

Je suis tombé à l’entraînement mi-décembre, deux mois plus tard je suis remonté sur la moto et j’ai roulé à Matterley avec deux semaines d’entraînement dans les jambes. Lors de ces deux semaines d’entraînement, je ne pouvais pas vraiment rouler, j’étais debout sur les cale-pieds, je ne pouvais pas sortir la jambe ou la poser par terre.

Je suis allé à Matterley sans m’entraîner, juste de l’entraînement physique et mon expérience de la saison dernière. J’ai vraiment bien roulé, dans les 10 au général, j’étais impressionné. En y repensant, je n’étais qu’à 60% et j’ai été en mesure de rentrer dans le top 10, c’est dingue.

J’étais nerveux à Matterley car je n’avais pas roulé sur un terrain avec d’aussi gros sauts et je ne savais même pas si ma jambe allait tenir le coup, et si j’allais pouvoir sauter. Lors des essais libres, j’avais peur d’envoyer les sauts. Quand j’ai vu que la jambe était assez solide pour sauter, j’ai commencé à mieux rouler mais j’avais du mal dans les ornières car je ne pouvais pas vraiment sortir la jambe. Mon genou me faisait mal, j’étais complètement hors du coup physiquement et ce n’est pas la façon dont je voulais commencer ma carrière en MXGP mais je pense que j’ai bien roulé, j’ai donné tout ce que j’avais lors de chaque entraînement et je ne pouvais pas demander un meilleur résultat.

À Valkenswaard, on était de retour dans le sable, mon point fort. Je me souviens être allé à Grevenbroich le mercredi avant le grand prix et les 15 meilleurs pilotes du mondial MXGP étaient présents. J’allais pouvoir me mesurer aux autres et voir si j’étais plus rapide ou plus lent qu’eux dans le sable. Lors de ma manche d’entraînement, je me suis pris un ou deux tours par les meilleurs, j’étais 11 secondes plus lent que Tim Gajser et Antonio Cairoli au tour. En fin d’entraînement, j’étais presque en pleurs, je ne comprenais pas, je n’arrivais pas à tenir la moto, je n’arrivais pas à rouler dans le sable. C’était encore plus dur que de rouler sur le dur.

En arrivant à Valkenswaard, je savais que ça allait être une course difficile. Le samedi lors de la manche qualificative, je termine 3ème avec le meilleur tour. Être 11 secondes plus lent le mercredi et le pilote le plus rapide le samedi, c’était une sacrée progression. Le dimanche, de longues manches, mais j’ai pu finir 4ème de la première manche, je suis tombé au départ de la seconde manche, mais c’était quand même un bon weekend.

Après, on a été en confinement et j’ai décidé de prendre du repos pour laisser ma jambe récupérer au mieux. Quand les terrains ont rouverts, j’ai roulé un peu, et après deux semaines, dans un petit virage, je suis passé par-dessus le guidon et j’ai fini tête la première dans le sable; fracture de la clavicule. Encore 4 semaines sans rouler, et de nouveau, seulement deux semaines d’entraînement avant la reprise des GP.

Ce weekend, j’ai essayé de faire de mon mieux. Evidemment, je ne suis pas à 100% mais ce type d’épreuve va m’aider à retrouver la forme. Je serais probablement meilleur mercredi, et encore meilleur dimanche si je parviens à récupérer à 100%. Je suis content de mon dimanche, on va éviter de faire des erreurs et on va prendre du plaisir, c’est le but pour l’heure. “

Images: KTM / Juan Pablo Acevado

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