Justin Hill “Je pense en surprendre plus d’un cette saison”

“Je ne marque pas de points en étant le plus rapide aux chronos. C’est en terminant les finales que je me fais de l’argent”

Après deux saisons avec l’équipe JGR Suzuki, Justin Hill a changé de couleur et roule désormais pour l’équipe Smartop Bullfrog Spas Motoconcepts Honda.

L’ex champion de Supercross ouest 250 de 2017 a remporté son titre pour le compte de l’équipe Pro Circuit Kawasaki, mais puisque Kawasaki ne lui a pas offert de contrat pour son passage en 450, Justin Hill a été contraint de trouver une nouvelle équipe. C’est avec JGR Suzuki que ce dernier a signé un contrat de deux ans pour rouler en 250 en 2018 et en 450 en 2019.

Malheureusement, des blessures et autres problèmes au sein de l’équipe l’ont empêché de bien figurer sur la Suzuki et les deux parties ont décidé de se séparer fin 2019….

Justin, parle nous de tes deux dernières années.

Ces deux dernières saisons ont été des saisons d’apprentissage douloureuses, mais j’en avais probablement besoin. Désormais, j’ai fait un gros reset et je comprends bien mieux ce qu’il faut que je fasse pour obtenir les résultats dont j’ai besoin. Ces deux dernières années ont été difficiles, j’ai galéré avec pas mal de points, surtout le mental, par-dessus tout. C’est le plus gros des problèmes que j’ai rencontrés. J’ai aussi galéré avec les réglages de la moto. Désormais, j’en suis arrivé au point ou je sais ce dont j’ai besoin et j’espère pouvoir le montrer cette saison.

Comment tu te sens pendant cette intersaison ?

Je me sens vraiment bien. Je suis vraiment rapide sur le terrain d’entraînement, je me sens bien en condition de course aussi. Les épreuves à l’étranger ont été difficiles. Ce sont des courses d’intersaison et quand tu roules sur ces dernières, tu essayes de ne pas te planter. C’est différent. Une partie des changements que je vais essayer de mettre en place cette année, c’est d’avoir une mentalité plus agressive, ou je me bats pour doubler et ou j’essaye d’attaquer plus fort. C’est ce qui m’a manqué ces années et cet aspect de mon pilotage ne s’est pas encore vu car lors des courses à l’étranger, j’essaye d’être prudent. De toute façon, ça joue en ma faveur car je roule probablement bien mieux que d’autres quand je suis prudent. J’ai vraiment hâte de débuter la compétition aux USA pour me faire les dents et enfoncer le clou.

Qu’est-ce que tu fais différemment maintenant que tu te prépares pour 2020 ?

Certains petits trucs dans la vie de tous les jours sont différents maintenant que j’ai une attitude plus positive. Je pense que le plus gros, côté entraînement, c’est que je roule bien plus avec des pilotes plus rapides désormais. Je n’ai jamais eu l’occasion de rouler autant avec des coéquipiers ou des pilotes aussi rapides auparavant. Je pense que ça m’aide beaucoup.

Comment est-ce que tu te sens sur la Honda ?

C’est vraiment une extension de moi-même, je me sens bien, à l’aise. Elle tient vraiment bien dans les whoops. L’an dernier, les whoops, c’était un cauchemar pour moi. Lors des courses d’intersaisons, les whoops n’étaient pas aussi gros que ceux que l’on retrouve aux USA mais la terre est bien plus molle et les whoops se défoncent vraiment beaucoup. Demande à n’importe quel pilote, la façon dont ils se sont détérioré est bien pire qu’aux USA. Je me disais “Woaw, chaud”, mais je me sentais bien en les prenant.

Qu’est-ce que tu penses de l’équipe Motoconcept et de son team manager, Tony Alessi ?

Pour l’instant, je suis plutôt impressionné. Pour ce qui est de ce qui est nécessaire à une équipe, ils ont largement dépassé mes attentes. Je me suis toujours dit que Tony avait plus d’un tour dans son sac. Tony, c’est le boss, il reste simple, il gère toute la maintenance, il prend soin de moi et je suis plutôt content. C’est bien différent dans les autres équipes.

Qu’est-ce qui t’impressionne le plus avec la moto ?

Quand je me suis pointé pour la première fois, je me suis senti à l’aise sur la moto qu’ils m’ont fait essayer. On a des gars qui s’occupent des suspensions, ça aide. On travaille avec Cos de Showa et il est top. Je l’ai rencontré il y a longtemps quand mon pote Matt Bisceglia roulait chez Geico Honda. Je crois qu’il bosse encore un peu pour eux, mais il bosse aussi pour nous maintenant. J’ai trouvé un bon deal pour les suspensions. Je n’ai jamais roulé une moto pendant aussi longtemps sans vouloir effectuer de changements au niveau des suspensions. Je suis euphorique quand je vois à quel point je suis à l’aise dans les whoops maintenant. Je veux que ça continue comme ça.

Est-ce que tu as roulé avec Ken Roczen depuis ?

J’ai seulement roulé avec lui une fois lors de la journée de presse. Moi, Malcolm et Vince, on roule ensemble tout le temps et je pense qu’on forme une équipe très forte. Quand la saison va débuter, je pense que les gens vont être surpris de voir à quel point les Honda seront devant.

Étais-tu surpris de voir Malcolm et Vince devant à la Monster Cup ?

Non, pas du tout. C’était cool pour moi dans un sens, car je n’avais roulé sur la moto que 5 ou 6 fois et j’étais un peu dans une zone d’ombre avec mon épaule. J’ai décidé de jeter l’éponge pour la Monster Cup finalement, c’était un peu trop tôt. Je suis tout de même allé sur l’épreuve, j’ai regardé les courses, j’ai observé l’équipe. À l’entraînement, je me battais avec Malcolm et Vince la semaine alors les voir se battre devant pour les victoires, ça me faisait me dire que je pouvais être devant aussi. Je me suis aussi bien battu avec eux lors des courses d’intersaison.

Tu es un musicien talentueux, mais souvent, après un mauvais résultat, tu reçois beaucoup de critiques sur les réseaux sociaux, des gens qui disent que tu n’es pas assez concentré sur la compétition. Est-ce que tu as mis la musique de côté ?

Je ne fais pas les choses parce qu’on me dit de les faire ou de ne pas les faire. Je suis très occupé à préparer ma saison 2020 et d’un autre côté, la musique que je fais maintenant est de loin bien meilleure que ce que j’ai produit par le passé, donc je veux attendre qu’elle soit encore mieux avant de la produire. Cependant, je suis très investi dans la compétition, la musique passe un peu en second plan depuis que j’ai repris la moto après ma blessure, mais c’est car la moto a repris le dessus, et pas parce que les gens m’ont dit qu’ils n’aimaient pas me voir faire de la musique. J’adore la musique, me demander d’arrêter, c’est comme demander à un poisson d’arrêter de nager, ça fait partie de ma vie et je ne vais pas arrêter parce que quelques idiots me le demandent. Parfois, ça m’affecte dans ce que je fais, alors c’est à moi de prendre des décisions. Chaque semaine, je dois faire des choix entre le sport et ce que je veux faire, mais c’est la vie, et il faut s’investir dans quelque chose et s’y tenir.

Justin Hill

Tu as l’air vraiment motivé.

Je dirais que je suis plus investi car j’ai hâte de voir ce que le futur va m’apporter, je suis plus sage désormais que l’an dernier. J’ai aussi une meilleure opportunité de faire quelque chose de spécial. Je pense que beaucoup de gens s’attendent à ce que je fasse quelque chose de bien la saison prochaine et je les rejoins. La moto me donne vraiment confiance en moi, je le sens, je pense que je peux être un top pilote.

Comment tu te sens à l’approche de 2020 ?

Je pense que vous verrez quelque chose que vous n’avez pas encore vu de ma part, et que je n’ai pas encore vu de moi-même. Lors de mes meilleures années, je n’ai pas été très agressif en piste. Vous me verrez plus agressif cette fois-ci. J’ai été en mesure de rouler de cette façon à l’entraînement ces derniers temps. L’an dernier, je n’étais pas en mesure d’avoir l’intensité et d’être agressif pendant 20 minutes. Il y a quelques années de ça, j’étais capable de tomber les chronos sur un tour, de rouler très vite pendant un sprint de 5 tours. Ces dernières années, j’étais tout content à l’idée d’être capable de rouler très vite sur un tour, et les gens autour de moi étaient au moins aussi excités, mais c’était peu productif vu la longueur d’une finale. Je ne marque pas de points en étant le plus rapide aux chronos. C’est en terminant les finales que je me fais de l’argent. Je pense en surprendre plus d’un cette saison.

Interview: Josh Mosiman / MotocrossActionMag

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