Kevin Windham “Le moment venu, j’espère qu’il y aura une place pour moi dans l’industrie”

Kevin Windham “Le moment venu, j’espère qu’il y aura une place pour moi dans l’industrie”

En plus d’être revenu en long, en large et en travers sur sa retraite anticipée en 2002 dans un excellent article proposé sur la version digitale de RacerX Online, Kevin Windham s’est entretenu avec Steve Matthes lors d’un podcast publié sur le site du PulpMXShow. Dans ce podcast, Windham parle de sa prochaine apparition en piste à l’occasion du MotoFiteKlub, de la saison 2020 et l’intéressé revient sur le weekend qui aura marqué la fin de 19 ans de carrière sportive.

Un podcast à retrouver en intégralité (45 minutes – en Anglais) en cliquant ici. Pour les non-Anglophones, quelques moments phares de ce podcast sont retranscrits ci-dessous en Français.

Kevin Windham

“Il y a quelques semaines, j’ai reçu un appel de Rob, j’étais en plein milieu d’un champ, en train de faire du foin pour mes vaches. C’est drôle car la première chose qu’il m’a dit, c’est « Je t’appelle pour que tu puisses me dire non ». Il m’a expliqué le concept du MotoFiteKlub et j’ai adoré ça, j’ai trouvé que c’était une bonne idée. Il n’y a que quelques vidéos sur Youtube de moi à l’époque, des courses dont on connait déjà le dénouement, donc – et vu la crise actuelle – c’est une bonne opportunité d’offrir un peu d’action en live aux fans. […]

J’ai une 450, c’est celle que j’ai acheté pour me préparer pour les nations de 2018. Bon, je ne l’ai pas beaucoup usée entre l’achat et les nations, et je ne l’ai pas non plus usée depuis les nations puisque je n’ai roulé que deux fois avec depuis ce jour. Pourtant, quand j’ai repris la moto pour la première fois récemment, je me suis senti beaucoup mieux que lorsque j’ai repris pour préparer les nations à Redbud.[…]

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J’ai beau rouler lors du MotoFiteKlub, j’ai également hâte de voir les autres gars s’affronter. Il y a beaucoup d’inconnues, ce n’est pas comme si on pouvait les espionner au terrain d’entraînement et connaître leur forme actuelle. On y va pour le fun, pour divertir les gens, mais personne n’a perdu son envie de gagner, ça, ça reste à vie.[…]

Je ne sais pas qui de Ryan Villopoto ou Mike Alessi roule le plus, il y a Ivan Tedesco qui roule beaucoup aussi, il fait du testing pour Pro Circuit. Beaucoup de choses peuvent arriver, ça va être très intéressant.[…]”

En dehors de mener sa vie de mari et de père de famille, Kevin Windham s’est également lancé dans les affaires après sa retraite sportive. “K-Dub” est désormais gérant d’une dizaine de salles de sports aux USA, franchisé Planet Fitness.

“Côté business, tout va bien, tout allait bien, cette histoire de Covid-19 rend les choses difficiles pour tout le monde mais je ne vais pas me plaindre de mes petits problèmes alors que des gens perdent la vie à cause de ce virus. C’est cool d’avoir pu apprendre le côté business, quand tu roules, tu t’occupes de rouler, tu ne t’occupes pas du management, du business, tu dois juste aller vite et t’entraîner. C’est fun, c’est un défi.[…]

J’aime le MX, j’aime le SX, mais m’éloigner du milieu m’a permis d’élever mes enfants, ma plus grande a 17 ans désormais, mon plus jeune a 10 ans, j’ai un fils de 12 ans, une fille de 15 ans. J’ai pu être présent à chacun de leurs événements, matchs de baseball, basketball, donc c’est top. Tu ne peux pas faire ça quand tu passes ton temps sur la route. Le moment venu, j’espère qu’il y aura une place pour moi dans l’industrie car je peux vous garantir que ça me manque.[…]

Si je roule bien ce mardi au MotoFiteKlub et que le Coronavirus m’empêche d’ouvrir mes salles de sports, je vais peut-être devoir revenir pour rouler la saison 2021 [rires], on va voir, peut être que Factory Connection voudra bien me reprendre ! Par contre, plus de transferts de 30 mètres, ils seront plus de l’ordre des 5 mètres [rires].[…]”

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Sous le feu des projecteurs pendant ses 19 années de carrière, les apparitions de Kevin Windham sur les circuits se font rares. Le double-champion SX US 125cc (1996 et 1997) n’a jamais cessé de suivre le sport pour autant.

“Je regarde toujours le sport tous les weekends, cette saison m’a tenu en haleine, c’est vraiment bon de ne pas savoir qui va l’emporter. Je pensais qu’Eli allait prendre le dessus, c’est ce qu’il a fait d’une certaine façon mais il semble qu’il lui arrive toujours un truc qui lui fait perdre des points, Kenny est en forme, il est régulier, on sentait qu’Eli avait un petit avantage mais maintenant, c’est une toute autre histoire. Ils ont stoppé le Supercross pour s’entraîner en Motocross, et maintenant ils reprennent sur le Supercross. Mentalement, c’est inimaginable ce que ces mecs doivent faire pour rester frais, en forme. […]”

S’ils roulent 3 épreuves par semaine, quand ça reprendra, ils auront intérêt à être prêts. Si la moto n’est pas bien réglée, comment tu fais ? C’est dingue. J’imagine que les fans le savent, mais tu peux te pointer à Anaheim 1 avec une moto parfaite, et lors de la course suivante, 7 jours plus tard, la même moto te semble être une chiotte. Tu ne sais pas pourquoi, tu ne sais pas comment y remédier. Si tu rencontres un problème comme ça, tu le règles comment ? Si tu roules tous les deux ou trois jours, j’imagine que tu restes en ville et que tu ne rentres pas chez toi, donc que tu ne t’entraînes pas.[…]”

Fin 1998, Kevin Windham quitte Yamaha pour rejoindre Factory Honda pour deux saisons. C’est en 2000 qu’il rejoint Suzuki. Début 2002, Kevin Windham manque de terminer dans le top cinq lors des six premières courses. Lors de la septième épreuve, à Atlanta, il se fracture le fémur en tentant un quadruple sur un enchaînement aux essais. Il décide alors de mettre un terme à sa carrière avant de finalement revenir une année plus tard, de nouveau au guidon d’une Honda. Sa retraite définitive surviendra 10 ans plus tard, en 2013, lors du Supercross d’Anaheim 2.

“Roger de Coster est une personne géniale. C’est un champion sur la moto mais aussi en dehors pour plein de raisons. Travis et moi, on a beaucoup parlé de la période Suzuki, on a dit que c’était les saisons les plus fun, mais on n’a pas beaucoup gagné à cette période. On n’a pas fait ce dont on était capable et ce dont la moto était capable. Les gars étaient au top, c’est une période de ma vie regrettable et je lui devais des excuses. (…)” […]

Personne n’a pris sa retraite comme moi et j’espère que personne ne le fera. Déjà, à l’intersaison 2012/2013, j’étais timide sur la moto, j’avais peur, et je n’hésitais pas à faire savoir ce qui me traversait l’esprit, je ne pensais qu’aux blessures. À Anaheim 1 pour l’ouverture de la saison, il y avait un enchaînement sur lequel je n’étais pas à l’aise et que je ne voulais pas sauter. J’ai fini par le sauter, mais j’étais vraiment terrifié à chaque fois. […]

Ensuite, à Phoenix, il y avait un quadruple et un gars de chez Pro Circuit s’est explosé dessus. [Martin Davalos]. Il s’est presque brisé la nuque, heureusement qu’il est atterri sur une botte de paille en haut du virage suivant sinon, quelques centimètres plus bas, il était mal. Cet enchaînement m’a pourri pendant toute la soirée. […]

Lors de la troisième épreuve à Anaheim 2, il y avait un nouvel enchaînement qui me mettait la misère…

Après la seconde séance d’essais, je suis retourné au camion, et j’ai raccroché les gants. J’ai pris ma retraite sportive sur une épreuve. J’ai dit aux gars de mon équipe que je ne le sentais plus. Ils m’ont dit que ma santé était plus importante que le sport, et que si je pensais à la blessure, j’allais finir par me blesser. Mentalement, je n’étais plus capable d’enchaîner les tours sans avoir peur, sans ressentir de l’angoisse, j’avais cette peur qui ne me quittait plus. […]

Ma femme état présente avec moi ce weekend-là à Anaheim 2. Le vendredi, j’ai roulé sur le circuit lors de la journée presse avant de rentrer à l’hôtel. On s’est fait un bon diner, le lendemain matin, on a été marcher sur la plage avant de prendre la direction du stadium, on a été sur la piste pour le trackwalk, et pas une seule fois, je ne lui ai parlé de prendre ma retraite, pas une seule fois je n’y ai même pensé ce jour-là. Une fois sur la piste, j’ai eu ce sentiment de déjà-vu, trois semaines que je rencontrais ces peurs et ces angoisses, et je n’allais pas subir ça pendant les 14 épreuves suivantes.  […]

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