La vie de pilote privé par Stéphane Roncada

La vie de pilote privé par Stéphane Roncada

C’est en voulant prendre des nouvelles de Stephane Roncada que j’ai retrouvé – dans ma boîte mail – des  échanges – reliques – datant de 2013. À l’époque, Stephane tenait encore son site internet sur lequel il proposait quelques articles et prodiguait des conseils aux pilotes. Rédigés en Anglais, j’avais traduit ces articles pour Stephane afin qu’il puisse les proposer également en Français à ses lecteurs.

Aujourd’hui, on plonge dans les archives et on continue la rubrique SR21 avec la vie de pilote privé (à l’époque …)

Stéphane Roncada

“Rouler en Supercross, c’est difficile, très difficile. C’est à la fois difficile physiquement et mentalement et vous avez besoin d’une bonne moto pour pouvoir aller vite, vous avez besoin d’une moto d’usine, une moto avec laquelle vous parviendrez à rester sur la crête des whoops et qui ne vous laissera pas tomber entre 2 whoops, une moto qui ne vous fera pas une mauvaise surprise à l’appel d’un gros triple ou en plein milieu d’un enchaînement technique, vous avez besoin d’une moto avec des suspensions qui ne vous feront pas passer par-dessus le guidon lors d’un court sur un triple un peu trop raide.

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Rhett Urseth – Phoenix – 2013

En Motocross, vous pourrez vous en tirer, mais pas en Supercross. La plupart des gens ne poseront jamais les roues sur une piste de Supercross de leur vie, ils ne se rendront donc jamais vraiment compte à quel point l’exercice peut être difficile.

J’écris ce texte parce que je veux parler des pilotes privés qui roulent en Supercross. J’ai eu la chance de rouler pour une grande équipe (Honda of Troy, qui est devenue Yamaha of Troy en 1999) au cours de ma première année aux USA en 1997, donc je ne suis même pas le plus à même d’apprécier le travail que rouler en Supercross représente pour eux et tout ce qu’ils traversent à chaque course, mais j’ai une bonne idée de leur quotidien et je voulais le partager avec vous.

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Trevor Reis – Phoenix – 2013

Vous voyez, beaucoup de ces gars roulent sur des motos d’origine, avec des suspensions et des moteurs d’origine.

Certains d’entre eux roulent également avec quelques pièces en plus, de meilleures suspensions, des préparations, et des moteurs préparés, un peu plus puissants, mais croyez-moi quand je vous dis que c’est loin d’être suffisant pour rouler en Supercross!

Je n’aurais jamais roulé en Supercross sur une moto qui n’était pas complètement préparée, j’aurais toujours eu peur de me blesser si je me loupais un peu sur un triple ou si je commettais une erreur dans les whoops par exemple.

Ces gars-là doivent rouler avec des motos qui ne sont pas à la hauteur, ni même assez sûres pour rouler en Supercross.

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Tyler Bereman – Anaheim 2 – 2013

Je ne mettrais même pas mes fesses sur une de ces motos pour m’entraîner pendant la semaine. Quand j’ai roulé pour Kawasaki Pro Circuit, ma moto était vraiment incroyable. Un jour, je m’entraînais sur la piste de Supercross de Yamaha (un autre pilote que je connaissais plutôt bien roulait pour une équipe satellite Yamaha et il avait accès à la piste, nous y sommes donc allés tous les deux pour s’entraîner).

Ce pilote en question m’a demandé si je pouvais essayer sa moto parce qu’il avait beaucoup de mal dans les whoops, alors pour l’aider, j’ai dit oui. Je ne suis pas passé correctement dans les whoops une seule fois et j’ai failli tomber à chaque passage. Quand je suis remonté sur ma moto, j’arrivais à les prendre vraiment fort car j’avais de bonnes suspensions bien préparées.

La moto de ce pilote n’était pas d’origine, loin de là. Alors imaginez à quel point ça peut être difficile de réussir pour un pilote privé …”

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