Les anecdotes de la semaine #12

Les anecdotes de la semaine #12

En un an et demi, je ne compte plus le nombre de podcasts écoutés, le nombre d’interviews lues ou réalisées, et les histoires racontées. Chaque semaine, je vous ai partagé, sur la page facebook du site, les anecdotes les plus croustillantes que j’ai pu dégoter, et autant vous dire que ça en fait un bon paquet depuis le temps.

Puisque les anecdotes ont toujours rencontrées un franc succès, j’ai décidé de toutes les retrouver et de toutes les rassembler afin de pouvoir vous les proposer dans un nouveau format, en attendant le retour des compétitions sportives. 5 anecdotes par semaine, de quoi passer quelques minutes de sa journée à lire – ou relire pour les retardataires – quelques courtes histoires, et autres citations en tout genre …

Robbie Maddison – Gypsy Tales

“Quand j’étais gamin, on n’avait pas beaucoup d’argent, et ma mère me faisait mes propres tenues pour rouler à moto.
Mon rêve, c’était d’avoir ma toute première tenue ; jusqu’au jour où j’ai enfin pu l’avoir. Elle était toute rouge.

À chaque fois que je mettais cette tenue, je me prenais un énorme volume. Quelqu’un a fini par me mettre en tête que le rouge, ce n’était pas une couleur pour moi, que ça avait une mauvaise influence. C’est resté dans ma tête et je suis devenu superstitieux. […]

Des années et des années plus tard, je me prépare pour le saut du Corinth Canal, en Grèce, le saut le plus chaud que j’ai fait de toute ma carrière.
J’avais prévu de porter un parachute en cas de problème. Quand tu sautes au-dessus du canal, tu te retrouves à 100 mètres du sol, et si je n’avais pas assez de vitesse, j’allais finir en bas.

Il y a cette zone de non-retour, si un problème mécanique arrive entre cette zone et la rampe, c’est fini pour toi.

Arrive le jour du saut, on m’apporte le parachute. Je l’ouvre, le truc était rouge pétant… Pas moyen que je saute avec un truc rouge sur moi. J’ai pris ça comme un signe du destin, je l’ai rangé, et j’ai sauté sans parachute”.

L’image contient peut-être : ciel, plein air, nature et eau

Todd Waters – Gypsy Tales

“En 2018, je suis à Lommel à l’entraînement. Jeffrey Herlings était là, et il avait l’air d’évoluer sur une autre planète.

Les trous dans le sable m’arrivaient jusqu’à la hanche, lui, il passe debout sur les repose-pieds, à fond, et dans un virage, il y a deux bosses à 20m de distance. Il s’est lancé et il a sauté d’une bosse à l’autre. J’ai vu beaucoup de mecs rouler, j’ai vu beaucoup de mecs rapides, mais ça … j’étais complètement scié.

De là, je me suis dit que j’allais tenter de faire pareil. J’allais passer ma journée à bosser sur cet enchaînement. J’ai vidé 2 réservoirs d’essence pour essayer de sauter au même endroit, sans ne jamais réussir à atteindre la seconde bosse avec ma roue avant. Le truc, c’est là différence de vitesse entre Jeffrey Herlings et les autres pilotes sur un même circuit.

Bref, je suis en Hollande un peu plus tard sur un circuit de terre, du dur, basique, et je crois que Paulin était présent, ou un des tops pilotes de grands prix, peut être Seewer, bref, je n’étais que 1.5 secondes moins rapide que lui au tour.

Je me sentais bien, j’étais content. J’ai demandé au mécano “Hey, c’est quoi les temps d’Herlings ici ?”.
“Il roule 10 secondes plus vite”.

Je lui réponds “Okay, le terrain devait être comme neuf”.
“Non, non, il te met 10 secondes”.

Je n’y croyais pas, ce n’était pas le type de terrain sur lequel tu pouvais te prendre 10 secondes, c’était un circuit plat, avec des tables, griffé, de belles ornières, des chronos en 1 minute 50.

À cette époque, j’étais un mec qui roulait autour des 10-12 en grands prix. Normalement, en grands prix, si tu roules 3 secondes moins vite que le vainqueur, tu roules dans le top 5.

L’an dernier, je suis parti faire des épreuves aux USA et j’ai fait dans les 15ème de la qualification à Thunder Valley pas loin derrière Cooper Webb,ce jour-là, on était 2 ou 3 secondes moins rapide que le top 3 et leurs meilleurs temps.

“10 secondes ?” Je mange mon repas du midi, je ne pensais plus qu’à ça. “10 secondes ? Je voudrais bien voir ça”.

Jeffrey Herlings se pointe en fin de journée. Boom, il me colle les 10 secondes. Ce mec est incroyable. Nous, on n’a pas changé, on ne roule pas moins vite, c’est juste que maintenant, il y a ces mecs …”

FIVE MINUTES WITH TODD WATERS | MXGP

Ricky Carmichael – The 447 Show

“Chez les amateurs, après Ponca City, il fallait aller à Loretta Lynn’s. C’est à 12 heures de route de Ponca. On avait un petit van et on tractait une petite remorque fermée. Mes parents ne me laissaient pas jouer à la Nintendo sur le trajet car il fallait allumer le générateur, et ça consommait de l’essence, et à cette époque-là, on économisait autant qu’on pouvait.
Alors qu’on roulait, les gens nous doublaient en nous faisant des signes, des appels de phares. On se disait qu’ils nous félicitaient pour Ponca et mon père leur répondait en leur faisant coucou. Mais à un moment, une voiture s’est mise à notre hauteur et nous a hurlé de nous arrêter.

Alors qu’on pensait que les gens nous félicitaient, on s’est rendu compte qu’ils essayaient de nous avertir que notre remorque était en feu. Alors qu’on roulait tranquillement, une épaisse fumée noire sortait de la remorque. C’était l’époque à laquelle le Team Green se chargeait de transporter mes motos de courses d’épreuves en épreuves. Dans la remorque, on avait les motos d’entraînement qu’on devait rendre après Loretta, toutes mes tenues, mes équipements, mes pièces de rechange et 50L d’essence.

L’amortisseur droit de la remorque avait lâché et le pneu avait frotté contre le passage de roue qui était en bois. Ça avait tellement chauffé qu’un feu avait démarré. Tout ce qui était dans cette remorque était complètement fondu. Le baril d’essence avait commencé à fondre mais n’avait pas pris feu, comment ? Aucune idée. Il ne restait plus rien dans la remorque, tout était foutu.

La famille de Travis Pastrana s’est arrêtée pour nous filer un coup de main pour qu’on puisse quand même conduire jusqu’à Loretta Lynn’s.

Quelques années plus tôt, on se rendait dans le nord de la Floride avec cette même remorque. En s’insérant sur la voie pour sortir de l’autoroute, on s’est rendu compte que notre remorque s’était détachée, et qu’elle était en train de nous doubler par la gauche. ”

Ricky Carmichael | #RCINJAPAN - YouTube

Mike Brown – Motocross Action Mag.

“Un conseil aux jeunes, donnez tout ce que vous avez.

Ecoutez les gens, écoutez ce qu’ils ont à vous dire. Beaucoup de jeunes ne savent pas s’entraîner. Je déteste voir autant de pilotes privés – très talentueux – qui n’ont pas les outils pour réussir. Il y a beaucoup de jeunes très rapides qui n’auront jamais la chance d’atteindre les sommets ; vous avez une fenêtre de 10 ans pour faire vos preuves. Le plus important, c’est l’éthique de travail. Les gens aiment les pilotes qui se défoncent et qui n’ont pas peur de travailler.

La plupart des gamins qui se pointent sur les courses avec des énormes camping-cars n’y arriveront jamais. La famille a de l’argent et le gamin va se dire « Est-ce qu’il faut vraiment que je roule dans la boue aujourd’hui ? » Tu vois souvent ça.

J’ai grandi entouré de riches et de pauvres, les petits pilotes privés qui payent tout de leur poche donnent toujours 110%. Les jeunes qui obtiennent tout gratuitement depuis l’enfance n’ont jamais vraiment besoin de se défoncer pour obtenir ce qu’ils veulent.”

450 Words: Mike Brown Memories - Racer X Online

Wil Hahn, Whiskey Throttle Show.

““En 2010, je ne gagnais presque pas d’argent chez TroyLeeDesigns Honda et pourtant, c’était ma plus belle année. Je m’éclatais, je n’étais jamais inquiet à propos de l’argent alors que je vivais au jour le jour avec ma paye en gagnant assez de quoi vivre et me nourrir. (…)

A l’époque, j’ai souvent terminé second et troisième, et je gagnais 1.000$ par-ci, 2.500$ par là. J’étais content, j’avais besoin de cet argent mais ce n’était pas beaucoup. (…)

Souvent, je prenais des burritos dans les stations-services en guise de petit déjeuner car ça coûtait moins d’un dollar. Je m’en fichais, j’étais rapide sur la moto, je me sentais bien, j’étais entouré de personnes géniales, ça marchait bien de cette façon-là pour moi. (…)

On avait des jeux stupides au sein de l’équipe, on se donnait des défis, quand je montais sur le podium, je devais glisser « baleine à bosse » ou « gros laideron » lors de l’interview en live . Ça passait toujours comme une lettre à la poste et mon père était dépité à chaque fois. C’était la belle époque.”

Will Hahn leads Eli Tomac and Trey Canard Hangtown 2010 | Flickr

Martin Davalos à propos de son altercation avec Justin Barcia

“Je ne suis pas connu pour être un gars agressif sur la piste, c’est ma première saison en 450, j’apprends, je veux m’amuser, je ne joue pas le championnat, je n’ai aucune raison de me mêler à ces mecs. Justin Barcia pense qu’il peut faire ce qu’il veut avec qui il veut, ça ne marche pas comme ça avec moi.

J’ai 33 ans, je roule ici depuis un bail, je ne vais pas me laisser emmerder par qui que ce soit. Si tu veux jouer au con avec moi, je vais venir te voir après la course pour te botter le cul, je ne vais pas utiliser ma moto pour tenter de te blesser, c’est dangereux, si tu as un problème avec moi, viens me voir.

Tout a commencé la semaine dernière, j’étais dans un tour rapide aux essais et il m’a rattrapé, sur la ligne d’arrivée, il m’a envoyé la moto sous le nez avant de me percuter dans l’aire des mécaniciens. Ce ne sont que les essais, c’est quoi son problème ?

À San Diego, on a vu l’attitude de Barcia avec Tomac lors de la finale, il fait ça avec tout le monde. Je lui ai dit de ne pas s’approcher de moi, de ne pas me toucher sur la piste, sinon, il allait finir par le payer.”

2020 San Diego Supercross | Monday Kickstart - Swapmoto Live

Dean Ferris se remémore sa dernière année grand-prix, en 2015.

“Je reprends la moto en janvier 2015 après ma blessure au fémur. Je roulais toujours sur la 350 Husqvarna usine, comme l’année précédente, mais elle n’était pas à la hauteur.

Il m’aura fallu 5 ou 6 épreuves avant de faire des progrès. Je me battais pour rentrer dans le top 20, je n’avais aucun rythme.

La broche de mon fémur me causait des problèmes. Les impacts qui sont anormalement absorbés naturellement par le corps pendant que je roulais étaient directement répercutés dans ma jambe, ce qui causait des inflammations du périoste au niveau du tibia au point où je pouvais à peine marcher, et certainement pas rouler.
Les injections de voltaren au niveau de l’os m’ont permis de continuer à rouler cette année-là. J’ai signé quelques bons résultats à la mi-saison, un 4-4 en France, une 4ème position au grand prix de Suède, j’ai même mené le grand prix pendant 25 minutes.

Je me sentais bien sur la moto seulement sur les pistes bétons, c’était bizarre car d’habitude, ce n’est pas ma surface préférée. Quand on était sur du mou, j’étais à la rue. L’équipe ne fonctionnait pas bien et je l’ai vu s’effondrer devant mes yeux. J’ai gagné une épreuve nationale Hollandaise, j’ai bien roulé sur les épreuves nationales.

Pourtant, j’avais toujours des problèmes avec ma hanche, avec ma jambe, j’avais vraiment mal toute l’année. Parfois, je ne pouvais pas dormir et les médecins me disaient qu’ils ne pouvaient rien faire de plus. J’étais en déprime. Je ne pouvais même pas jouer avec le chien de mon pote dans le jardin. J’avais l’impression d’avoir 60 ans. J’ai insisté pour me faire retirer la broche du fémur car c’était mon dernier espoir. Je m’étais engagé à rouler une saison de plus, mais à moins d’améliorations, 2016 aurait marqué ma fin de carrière car je savais que je ne pourrais plus supporter la douleur.

Heureusement, je me suis réveillé de l’opération et j’ai directement su que ça irait mieux. En quelques semaines, j’avais retrouvé ma jeunesse.
Après 4 années en Europe, l’Australie m’a appelé, j’ai signé un contrat pour rouler avec CDR Yamaha à la maison. J’avais vraiment besoin de matos sur lequel je pouvais gagner.”

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