Les anecdotes de la semaine #5

Les anecdotes de la semaine #5

En bientôt un an et demi, je ne compte plus le nombre de podcasts écoutés, le nombre d’interviews lues ou réalisées, et les histoires racontées. Chaque semaine, je vous ai partagé, sur la page facebook du site, les anecdotes les plus croustillantes que j’ai pu dégoter, et autant vous dire que ça en fait un bon paquet depuis le temps.

Puisque les anecdotes ont toujours rencontrées un franc succès, j’ai décidé de toutes les retrouver et de toutes les rassembler afin de pouvoir vous les proposer dans un nouveau format, en attendant le retour des compétitions sportives. 5 anecdotes par semaine, de quoi passer quelques minutes de sa journée à lire – ou relire pour les retardataires – quelques courtes histoires, et autres citations en tout genre …

Christophe Pourcel – Instagram

“Cette photo en dit long. À ce moment-là, je venais de perdre 500.000$ après une casse moteur en Motocross US en 2009.

Après avoir perdu le championnat, je suis allé m’asseoir seul pour regarder la manche 450 et personne n’est venu me voir car tout le monde était content pour Ryan Dungey puisqu’il remportait du coup le championnat. Ryan savait que j’étais plus fort que lui cette année-là.

Les fans me huaient à chaque fois, et je leur rigolais au nez car je menais le championnat. S’ils me huaient moi, ça voulait dire qu’ils ne respectaient pas les pilotes qui étaient derrière moi non plus.

Certaines familles venaient à mon camion pour me dire des trucs horribles. Ça m’a donné de la force, merci pour ça.

J’étais tellement en colère d’avoir perdu ce championnat, mais comme tout le monde le dit, je suis sournois et du coup, j’ai trouvé un moyen de rebondir l’année d’après en remportant le championnat de Supercross 250 côte est avec Pro Circuit.

Ils ne m’aimaient pas, simplement car j’étais Français.

Ne me sous-estimez jamais. À tous ces jaloux, à ceux qui ont dit de la merde sur moi pendant des années, vous êtes jaloux car vous n’avez pas été capable d’accomplir ce que j’ai fait. Concentrez-vous sur votre vie et allez vous faire f**tre.”

L’histoire et l’accident de Mitch Payton – PulpMX

“En 1977, j’avais 17 ans et je roulais sur une Husqvarna.

Lors d’une course de désert, je passe pas mal de pilotes au départ. Au premier stop, on me dit que je suis 8ème du classement alors que j’étais parti de la quatrième ligne. Du coup, je savais que je roulais plutôt bien. Au stop suivant, j’étais quatrième ou cinquième, et tous les mecs étaient pourtant partis devant moi au départ …

Pendant le meeting avec les pilotes, l’organisation avait parlé d’une descente compliquée, et ils nous avaient recommandé de descendre de la moto pour la prendre. Elle était tellement raide qu’apparemment aucun pilote ne l’avait prise à moto auparavant. Moi, je me disais que c’était impossible.

J’en parle avec mon pote Larry, je lui demande ce qu’il en pense, et il me répond que selon lui, ça doit pouvoir se passer au ralenti, je me disais la même chose, que c’était impossible qu’ils nous fassent nous jeter du haut d’une falaise, donc que ce devait être faisable.

Je prends cette descente, je tombe une première fois, je me relève. Je reprends ma descente, assis sur la moto, au ralenti. Je faisais glisser la roue avant pour m’arrêter, et je remontais sur la moto. À un moment, ma roue arrière a percuté un caillou. Quand la roue arrière a décollé du sol, j’ai pris de la vitesse, je me suis retrouvé à dévaler la descente à Mach3.

Je me souviens avoir tenté de me protéger avec mes mains, mon dernier souvenir, c’est celui d’avoir eu le souffle coupé.
Je reprends mes esprits, j’étais allongé par terre, il y avait des gens autour de moi, j’étais dans les vapes, mon coude saignait. J’entends dire que les secours arrivent, mon frère était présent ce jour-là. On me dit de ne pas bouger.

En général, quand je me coupais le souffle, j’avais pour habitude de remonter mes jambes au niveau de ma poitrine pour m’aider à respirer. Et là, impossible, je regarde, mes jambes sont là, au sol, et je sentais que quelque chose n’allait pas. On m’enlève les bottes et on me demande de bouger mes doigts de pieds, impossible.

Je savais que j’étais fini.

La moto, c’était tout ce que je connaissais, toute ma vie, et il fallait que je m’occupe. C’est de là qu’est né Pro Circuit.”

FLASHBACK FRIDAY | MITCH PAYTON'S INSPIRATIONS – Motocross Action ...

Roger de Coster se rappelle ses débuts – The Inside Line Podcast

“Quand j’étais gamin, on vivait en face d’une brasserie et cette dernière servait de point de passage pour une course d’endurance qui se déroulait tous les ans.

C’était une course de 24h, les pilotes roulaient dans les rues de la ville à cette époque et ils passaient devant chez nous. Moi je restais toute la nuit à la fenêtre pour les regarder passer. Ma mère venait m’engueuler pour que j’aille au lit. […]

J’ai commencé à bosser dans un garage, je lavais les motos, je changeais les câbles, les chaînes, l’huile, les pneus.À mes 16 ans j’avais économisé assez pour m’acheter ma première moto.

Lors des trois premières courses, j’ai dû abandonner sur problème mécanique car mes connaissances en mécanique étaient réduites. En Belgique il pleut beaucoup donc les conditions n’étaient pas idéales…. Du coup, je n’avais plus d’argent.

L’hiver suivant, j’ai bossé autant que j’ai pu pour m’acheter une nouvelle moto pour la saison suivante. J’ai gagné la première course de la saison, course qui se déroulait proche de chez moi. À cette époque-là, mes parents ne savaient pas que je faisais de la moto car je la laissais chez un ami à moi au bout de la rue.

Le lundi suivant, mon père découvrait dans les journaux que j’avais gagné la course. Il a fait semblant d’être énervé contre moi, mais quelques semaines plus tard, je l’ai entendu se vanter de mes talents auprès de ses amis. De là, j’ai pu ramener la moto à la maison, et tout a commencé […]”

Roger Decoster. Un peu de nostalgie.... | Champion du monde … | Flickr

Marc de Reuver et Steve Matthes, à propos de Christophe Pourcel et Ricky Carmichael

Marc de Reuver: “Christophe Pourcel était un mec à part, assez spécial, il a changé depuis, mais je vais te raconter une histoire. On était au Portugal avec Antonio Cairoli à l’époque. Lors de la première séance d’essais à 9 heures du matin, Pourcel est aux abonnés absents. Deuxième séance d’essais, 11 heures, Pourcel est toujours aux abonnés absents. Puis arrive les derniers essais avant les qualifications. On comptait les tours qu’il restait, et alors qu’il ne restait plus que 10 minutes, Christophe se pointe et claque la pôle position. Avec Cairoli on était là « C’est quoi ce délire … » “ […]

Steve Matthes: “C’est vrai que j’ai des souvenirs similaires. Christophe c’était le mec qui claquait le meilleur temps chrono aux essais en Supercross puis sortait de la piste et attendait dans l’aire des mécaniciens. Si un pilote faisait un meilleur chrono que lui, il redémarrait sa moto, retournait sur le circuit, claquait un temps encore meilleur, et retournait attendre dans l’aire des mécaniciens, ce mec était unique en son genre.” […]

Marc de Reuver: “Pour moi, le meilleur pilote de tous les temps, c’est Ricky Carmichael. Beaucoup de gens disent que j’ai tort, mais si tu mets Jeffrey Herlings sur un terrain de Supercross, il ne gagnera pas. Ricky Carmichael il gagnait en Supercross, en Motocross, aux USA, quand il venait en Europe … Je me souviens, Ricky était venu à Ernée en 2005, je m’étais dit que ça allait être serré, car Ernée, c’est un circuit typiquement Français, tu ne trouves pas ça aux USA. Les seuls moments où j’ai vu Ricky ce jour-là, c’était sur la grille de départ … J’aurais pu être devant lui ..si j’avais piloté un hélicoptère…” […]

MX24: 5 minutes avec Marc De Reuver à Assen

Jeremy McGrath – SwapMotoLive Podcast

“En 1996 après mes victoires en Supercross j’étais un peu trop confiant et j’en ai payé le prix fort.

Pendant le championnat de motocross à Millville il y avait un saut à plat puis une table et je me suis dit que je pouvais sauter du premier saut jusqu’à la table.

Aux essais, j’ai pris hyper large, ma moto était tellement puissante. Je tente le saut, je me mets 3 mètres trop courts et je m’écrase sur l’appel de la table.

Ma gorge vient s’éclater contre le guidon, je ne pouvais plus respirer. Ma cheville passe entre la bosse et le repose pied – Elle est foutue depuis ce jour. J’avais gagné toutes les courses sauf une avant Millville.

Je vais à l’hôpital, j’avais les ligaments foutus, du coup j’ai fini par complètement bander ma jambe comme si elle était dans un plâtre pour continuer à rouler.

Évidemment je n’étais pas bon, j’étais peut-être 10ème, puis arrive Washougal, je ne pouvais même pas poser mon pied par terre tellement j’avais mal.
Dans les deux premiers tours de la première manche, je tombe 3 fois, j’essayais de survivre. J’étais tellement embarrassé, j’avais la honte, je n’ai pas supporté.

Une fois la course terminée, je suis rentré au camion, je me suis changé, et j’ai quitté le circuit.

Cette année-là, j’ai perdu le championnat de 8 points, c’est Jeff Emig qui l’emportait. On était séparé de 2 points avant la dernière course. Il a bien roulé, il a gagné la course et le championnat ce jour-là.

Si j’avais ravalé ma fierté, pris des points et roulé avec un peu plus d’humilité à Washougal, j’aurais pu gagner ce titre.

On en revient à cette fameuse phrase “Tous les points comptent””

1996 Motocross Season - The Vault - Historical Motocross &amp ...

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