Les anecdotes de la semaine #9

Les anecdotes de la semaine #9

En un an et demi, je ne compte plus le nombre de podcasts écoutés, le nombre d’interviews lues ou réalisées, et les histoires racontées. Chaque semaine, je vous ai partagé, sur la page facebook du site, les anecdotes les plus croustillantes que j’ai pu dégoter, et autant vous dire que ça en fait un bon paquet depuis le temps.

Puisque les anecdotes ont toujours rencontrées un franc succès, j’ai décidé de toutes les retrouver et de toutes les rassembler afin de pouvoir vous les proposer dans un nouveau format, en attendant le retour des compétitions sportives. 5 (7 aujourd’hui) anecdotes par semaine, de quoi passer quelques minutes de sa journée à lire – ou relire pour les retardataires – quelques courtes histoires, et autres citations en tout genre …

Jeremy McGrath – 1996

Ça arrive même aux meilleurs … En 1996, Jeremy McGrath a fait une énorme bourde en embarquant sur le mauvais vol la veille de l’épreuve de Millville.

Alors qu’il devait se rendre à Rochester, dans le Minnesota, Jeremy a embarqué dans un avion pour Rochester … à New York. Le King s’est retrouvé à plus de 1.500KM de son point de rendez-vous initial à sa sortie de l’avion mais est tout de même parvenu à rejoindre le circuit de Millville dans les temps.

Il terminait 6ème de l’épreuve (9-7) et second du championnat cette année-là, seulement 10 points derrière Jeff Emig. Difficile d’imaginer pouvoir embarquer sur le mauvais vol de nos jours …

1996 Budds Creek Jeremy McGrath The king of #moto | Motocross ...

Travis Pastrana – PulpMX Show #402

“Las Vegas il y a quelques années avec Osborne et Savatgy, c’était dingue ! Quelques mecs sont encore agressifs en piste, mais assez peu.

Carmichael était du genre à être agressif mais rien à voir comparé à un gars comme Bradshaw qui stoppait les mecs dans les virages pour les regarder droit dans les yeux.

Maintenant, tu vois un mec comme Barcia faire un gros whip devant quelqu’un et les mecs se plaignent. Je comprends que la sécurité c’est important, mais sérieusement, c’est fun.

Désormais, les pilotes roulent vraiment propre entre eux.

Regarde à mon époque, avec Vohland, Carmichael, Langston, on faisait ce qu’il fallait faire pour gagner, c’était même fun de sortir quelqu’un et on m’a moi-même beaucoup sorti car j’étais un des moins rapides.

Un gars comme Mike Brown à l’époque, il savait qu’il n’était pas le plus rapide en piste, mais s’il parvenait à te rattraper, tu pouvais être sûr qu’il allait te sortir tellement fort de la piste que tu n’allais plus le revoir de la manche, mais on savait à quoi s’attendre.

À southwick en 2000, en seconde manche, je me bats contre Tallon Volhand. Je l’ai percuté tellement fort pour le doubler que je lui ai fracturé le pied. Au passage, j’ai défoncé mon pot d’échappement, pété mon frein arrière.

Je tombe quelques tours plus tard, je n’avais plus de lunettes, Tallon Volhand me redouble avec son pied cassé, et dans le dernier tour, sans frein arrière, je lui rentre de nouveau dedans dans un virage.

J’étais très agressif, trop agressif, toujours est-il que j’étais bien décidé à me servir de lui comme d’une ornière dans ce virage.

À l’arrivée, et alors que je lui avais pété le pied, que je lui étais rentré dedans plusieurs fois, Tallon est venu me prendre dans ses bras pour me dire que c’était la plus belle course qu’il n’avait jamais connue de sa vie et qu’il avait hâte de remettre ça la semaine suivante.”

2000 Glen Helen Travis Pastrana | Tony Blazier | Flickr

Harri Kullas réagit aux propos de Roger de Coster après les nations 2019.

“Roger de Coster a mentionné que les Nations avaient coûté 300.000$ à l’équipe des USA cette année. Je n’arrive pas à comprendre cette somme, c’est dingue pour une course, tu peux presque faire une saison complète en Europe avec autant d’argent … […]

L’an dernier [aux nations de RedBud] l’équipe d’Estonie a dépensé entre 20.000€ et 30.000€ entre les avions, les hôtels et la location des motos sur place. On n’a pas dépensé tant d’argent que ça pour rouler. Si tu t’y prends tôt, c’est simple. La location de ma moto pour Redbud n’était pas si chère que ça….”

Harri Kullas aux nations

Ben Townley, à propos de Jeffrey Herlings.

“Je suis impressionné par Herlings aussi. C’est incroyable de voir quelqu’un qui est bien plus rapide que ceux que l’on considère comme les meilleurs pilotes du monde.

Ça devient fascinant, il est tellement fort mentalement et très polyvalent. Il continue à rouler à ce niveau année après année malgré les blessures, et il arrive à occulter la douleur.

Il a une détermination à toute épreuve. Il a grandi en ayant un gros point fort dans le sable, il était vraiment bon à ça gamin, mais maintenant il roule aussi bien dans toutes les conditions.

Parfois, j’en perds les mots quand je vois ce qu’il est capable de faire sur une moto. Il est vraiment impressionnant.”

Jeffrey Herlings par l'artiste Walter Kleeven

Roger De Coster, à propos de Ron Lechien

“Lors du motocross des nations de 1988, en France, on avait loué des chambres dans un petit hôtel. On savait que Ron Lechien avait beaucoup de talent, mais c’était un gars à problèmes.

Le samedi soir avant la course, toute l’équipe devait dîner ensemble. Tout le monde était présent, sauf Ron. Je vais le chercher et je le trouve dans sa chambre d’hôtel avec des bouteilles de bière partout, sur le sol, sur la table de nuit, des bières ici, des bières là. Je lui dis qu’on l’attend au restaurant et lui demande des explications à propos des bières. Il me lance « T’inquiète, c’est mes amis qui les ont bu ».

Il vient au restaurant, il mange en quelques minutes et repart avant tout le monde. Une fois encore, je vais le chercher à l’hôtel, qui était de l’autre côté de la rue. En sortant dans le parking, je vois Ron qui part en voiture avec des filles à l’intérieur.

Je l’arrête et je lui dis « Ron ! Qu’est-ce que tu fais ? Je vais te tuer si tu ne roules pas bien demain !” et il me répond simplement « T’inquiète Roger, ça va aller. »

Le lendemain matin, je m’assure de le réveiller, et ce n’était pas une tâche facile… On le traîne jusqu’au circuit. Une fois la grille tombée, il s’est mis à rouler tellement bien qu’on aurait dit qu’il était seul sur la piste … “

Lors du Motocross des Nations de Villars Sous Ecot en 1988, les USA remportent le MXDN pour la 8ème année consécutive avec Ron Lechien, Ricky Johnson et Jeff Ward.

The Many Looks of Ron Lechien – PulpMX

Travis Pastrana – 1999

En 1999, Travis Pastrana – 15 ans – remporte les Summer X Games en Californie et termine son run en sautant dans la baie de San Francisco.

Le saut avait été largement organisé et l’équipe de Travis avait pris soin de drainer – au préalable – l’huile de sa moto tout en calculant le volume de carburant à utiliser pour réaliser le run (et en scellant le réservoir d’essence).

Le saut en question a créé une forte polémique et les environnementalistes se sont indignés de voir la moto de Travis finir au fond de la baie.

Travis a bien reçu sa médaille d’or mais s’est fait retirer sa prime de victoire de 10.000$ pour son saut jugé dangereux.

À la place, ces 10.000$ ont servi à mener une expédition pour récupérer la moto au fond de la baie. Le reste de la somme a été reversé à une association spécialisée dans le nettoyage de cette dernière.

Pete Fox, le fondateur de Fox Racing, a quant à lui reversé de sa poche les 10.000$ de prime à Travis Pastrana.

La Suzuki 125 RM de 1999 utilisée par Travis Pastrana a été sortie de l’eau quelques jours après l’évènement et livrée aux bureaux de Fox Racing.

Elle y est toujours entreposée – dans l’état après rinçage – recouverte de rouille et de corrosion.

Travis Pastrana's 1999 Suzuki RM125

@Don Maeda

Gatorback – Un cliché légendaire – 1993

En 1993 à Gatorback, place à la première épreuve du championnat de Motocross US.

Le champion de Supercross 125cc de l’année – Jeremy Mc Grath – remporte la première manche et se retrouve en bagarre avec le vétéran et pilote privé Erik Kehoe pendant la seconde.

À l’approche de l’arrivée, un mouchoir de poche sépare les deux hommes et Kehoe sent McGrath sur ses talons.

Il arrive alors pleine balle sur le saut d’arrivée, ne coupe pas les gaz et se satellise dans les airs pour s’assurer de remporter la victoire de manche
Cette photo n’aurait jamais vu le jour si Paul Buckley, le photographe, avait été plus attentif ce jour-là.

Paul avait prévu de revenir sur la ligne d’arrivée pour photographier le vainqueur mais réalisait – trop tard – que les pilotes étaient déjà dans leur dernier tour.

Il tentait quand même sa chance d’immortaliser l’arrivée de dos…27 ans plus tard, le cliché n’a rien à envier à ceux d’aujourd’hui.

The Moment: Paul Buckley's Gatorback 1993 Photo - We Went Fast

Médias