Lorenzo Locurcio “Je n’ai jamais sous-estimé la catégorie”

Lorenzo Locurcio “Ils n’ont peur de rien et ils sont prêts à se battre”

Désigné comme remplaçant de Brian Hsu en mondial MX2 pour la saison 2019, Lorenzo Locurcio avait rencontré des problèmes de passeport l’obligeant à renoncer au guidon chez Bud Racing Kawasaki; guidon finalement récupéré par Mitchell Harrison.

Appelé par l’équipe Française pour évoluer aux côtés de Pierre Goupillon sur le championnat d’Europe après le départ de l’Américain, le pilote Vénézuélien a traversé l’Atlantique pour relever un nouveau défi, celui d’affronter les jeunes espoirs de l’EMX250 malgré une préparation plus que limitée. Nouveau pays, nouveau team, nouvelle moto, autant dire que Lorenzo relève un défi de taille.

Après des débuts encourageants à Kegums, Lorenzo Locurcio prépare la seconde moitié du championnat d’Europe avec un nouvel objectif en tête; rouler devant.

Lorenzo; en 2014, tu es venu en Europe pour la coupe du monde Junior, tu devais rouler pour Bud Racing la saison dernière. Rouler ici, ça a toujours été un de tes objectifs ? Quels étaient tes plans avant cet appel de Bud Racing ?

Oui, rouler ici a toujours été un de mes objectifs, j’aurais aimé pouvoir venir plus tôt mais je suis content d’être enfin ici !

En ce qui concerne les plans, c’était difficile pour être honnête. J’étais en train d’essayer de monter mon propre programme [aux USA] tout en appelant les équipes au cas où une opportunité de remplacement se présente. En fait, je venais d’acheter une 250 Husqvarna pour rouler sur le championnat de Motocross US et j’essayais de trouver des sponsors pour m’aider mais c’était vraiment difficile; donc quand j’ai reçu l’appel de Bud Racing Kawasaki, c’était vraiment un énorme soulagement et j’ai pris l’avion dès que j’ai pu.

Tu arrives en France et on te jette dans le sable de Magescq. Un nouveau pays, une nouvelle équipe, une nouvelle moto, un nouveau terrain. Tu t’en sors plutôt bien; satisfais de ton épreuve de Magescq ?

Magescq, c’est dingue. Je n’avais jamais roulé sur quelque chose de similaire auparavant donc c’était une sacrée expérience. Il a fallu s’adapter à beaucoup de choses. Comme je l’ai dit, je roulais sur une Husqvarna donc me réhabituer à la Kawasaki a pris du temps. Je n’ai pas beaucoup roulé en Motocross avant d’arriver en France puisque la saison de Supercross venait tout juste de terminer mais heureusement ma 250 KXF Bud Racing Kawasaki était vraiment simple à piloter et j’ai pu m’y adapter vraiment rapidement. J’étais satisfait de mes résultats compte tenu des circonstances. [5-3 et 3ème place au général en MX2]

Lorenzo – Magescq – @Elite Motocross

Tu roulais en 450 en Motocross US ces dernières années, ce n’était pas difficile de retourner en 250 avec des réglages Européens ?

Ce n’était pas bien difficile car je roule en 250 en Supercross et franchement, les motos de chez Bud Racing sont géniales donc je me suis senti à l’aise assez rapidement.

Quand tu t’es aligné derrière la grille à Kegums, est-ce que tu connaissais les pilotes que tu allais affronter ? Tu avais une idée d’où tu allais te situer ?

Je connais les pilotes du MX2 et du MXGP mais je n’ai pas suivi le championnat d’Europe cette année; je connaissais seulement Pierre [Goupillon] car il roule chez Bud Racing, donc j’ai pu le suivre un peu sur Instagram; je n’ai jamais sous-estimé la catégorie. Ces jeunes pilotes sont rapides et ils essayent de prouver qu’ils méritent un guidon en mondial MX2; ils n’ont peur de rien et ils sont prêts à se battre. Je ne savais pas trop où j’allais me situer, je ne peux pas dire que j’ai été surpris de mes résultats ou de ma vitesse mais ce qui est sûr, c’est que maintenant que je sais où me situer, je veux me battre devant.

Tu as été solide lors des premières manches à Kegums, malchanceux dans les secondes. Comment décrirais-tu tes courses à Kegums ?

Il y a eu des améliorations positives lors des trois premières épreuves et ce, à chaque fois que j’ai roulé. Malheureusement, les résultats ont été entachés par des mauvais départs et des chutes en secondes manches mais les temps chronos étaient bons alors que j’étais dans le paquet. Ils roulent avec beaucoup d’intensité donc je suis obligé de donner 100% tout le temps.

À chaque séance d’essais chronos, l’amélioration était impressionnante. Comment as-tu fait pour reprendre autant de secondes en seulement quelques jours ?

Honnêtement, c’est juste parce que je me sentais plus à l’aise sur la moto; que je l’ajustais un peu plus pour moi. J’ai aussi gagné en confiance en me sentant plus à l’aise et évidemment, c’est aussi grâce à l’aide de notre entraîneur d’équipe Thierry Van Den Bosch. Mais c’est vrai que c’est plutôt dingue la différence entre la première épreuve à Kegums et la dernière.

Le nouveau calendrier vient d’être dévoilé. Avec cette semaine en Lettonie, tu sais sur quoi tu vas travailler ?

Je vais continuer de travailler sur ma technique et sur ma vitesse, je vais peut-être jouer un peu avec les réglages des suspensions mais le plus gros du travail sera à faire sur moi-même.

En dehors du MX, depuis que tu es arrivé ici, quel a été le plus gros défi à relever ?

Être loin de sa famille dans un autre pays n’est jamais une chose facile mais je dirais que le plus difficile pour moi jusqu’à présent, c’est la langue. C’est ce qui me pose le plus de problèmes mais je travaille dur pour comprendre et apprendre la langue aussi vite que possible. Heureusement, mon équipe et mes coéquipiers m’ont bien aidé quand j’en avais besoin.

Anthony Rodriguez a roulé en mondial, mais on ne voit pas beaucoup de pilotes Vénézuéliens. Comment décrirais-tu la scène MX au Venezuela ?

Quand Anthony & moi roulions encore au Venezuela, le niveau était relevé et il y avait beaucoup de pilotes rapides, on avait l’habitude de gagner beaucoup de courses en Amérique Latine. Malheureusement, le sport a commencé à mourir quand on est parti pour les USA et désormais, la scène MX est vraiment très pauvre pour beaucoup de raisons.

C’est triste de voir que les jeunes ne sont pas en mesure de marcher dans nos traces mais je suis heureux de pouvoir faire partie de cette génération qui a marqué l’histoire en roulant chez les pros aux Etats-Unis et désormais en Europe tout en qualifiant mon pays pour la toute première fois au Motocross des nations. [2018, Redbud MXDN avec Anthony Rodriguez et Carlos Badiali; l’équipe Vénézuélienne termine 15ème des nations].

Je suis également vice-champion du monde en catégorie 125 en Belgique comme tu l’as mentionné plus tôt, j’ai gagné à Loretta Lynn’s aux Etats-Unis et j’ai signé de très bons résultats jusqu’à présent. Je vais juste continuer de travailler dur pour ajouter de bons résultats à mon CV tout en me faisant plaisir en voyageant à travers le monde tout en faisant des courses.

Images: Kawasaki / Elite Motocross

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