Mitchell Harisson “En Europe, je pensais que j’allais me battre pour les podiums”

Mitchell Harisson “En Europe, je pensais que j’allais me battre pour les podiums”

Après un début de saison de Supercross catastrophique en 2019, Mitchell Harisson traversait l’Atlantique pour disputer le championnat du monde MX2 au guidon de la 250 KXF de l’équipe Française Bud Racing Kawasaki. Auteur de podiums en championnat national Américain par le passé, Mitchell n’a pas connu une saison 2019 aussi fructueuse qu’il l’aurait espéré et n’intégrait le top 10 de manche qu’à 5 reprises. Forcé de rester aux Etats-Unis après la fermeture des frontières suite à la crise sanitaire, Mitchell Harisson n’a pas pu revenir disputer le reste de la saison 2020 avec Bud Racing et c’est finalement Mitch Payton qui a récupéré le pilote sous son auvent pour l’été afin de redonner un peu de couleur à la composition de son équipe …

Mitchell Harisson – MX Sports Pro Racing

“Redbud 2 s’est vraiment bien déroulé mais Redbud 1 c’était un peu chaotique; des chutes, j’ai cassé mon guidon. Des hauts et des bas cette saison pour moi, j’ai fait des belles courses où j’aurais facilement pu finir dans le top 5 mais lors desquelles j’ai baissé de rythme, ou j’ai calé, ou j’ai chuté… Et puis il y a eu des belles courses dans leur globalité. On a progressé cette saison et maintenant je sens que j’ai la vitesse pour rouler devant et tout donner pour monter sur le podium. L’équipe Pro Circuit me soutient et ils me donnent tout ce dont j’ai besoin pour aller chercher cette première place.(…)

Je pense que pour être chez Pro Circuit, il faut gagner, et je pense que c’est ce qu’il va falloir faire pour espérer devenir un pilote de cette équipe. D’un autre côté, je pense que j’ai surpris du monde car beaucoup de gens ne misaient rien sur moi en début de saison. J’ai toujours le talent, il y a un guidon à prendre, mais pour être chez Pro Circuit, il faut au moins être sur le podium et pouvoir prétendre aux victoires. (…)

Avoir roulé en GP m’a beaucoup aidé sur le plan de la technique, du pilotage, en globalité. Là-bas, c’est vraiment différent, les tracés sont étranges, se détériorent différemment, ils ne les griffent pas autant et ils deviennent béton. Il faut avoir une technique parfaite. Si tu regardes Herlings, Cairoli, Gajser, ils sont tout le temps debout sur les reposes-pieds alors qu’aux US, on reste beaucoup assis et on tourne la poignée. J’ai dû apprendre qu’on ne pouvait pas faire ça en Europe, qu’il fallait se mettre debout. En GP, il faut avoir la bonne technique tout le temps et je pense que ça m’a beaucoup aidé en tant que pilote pour mon retour aux USA jusqu’ici.(…)

Dans le Sud de la France, ou j’étais, il y avait du sable profond, le Bud Racing Training Camp, sinon il y avait la Belgique avec les circuits biens connus et des pilotes très rapides. Millville et WW Ranch ne sont pas les terrains avec le sable le plus profond que je connaisse mais j’aime ce type de piste et je pense que ces courses vont bien me convenir.(…)

En début de saison, je ressentais beaucoup la pression d’être chez Pro Circuit, je devais faire mes preuves, je me disais que c’était peut-être ma dernière chance, mais j’ai réussi à changer d’état d’esprit à la mi-saison. Tout ce que je peux faire maintenant, c’est faire du mieux que je peux sur l’instant T, de n’importe quelle façon, et tout donner à chaque fois.(…)

Lors de la première épreuve de Redbud, je voulais vraiment gagner, peut-être même trop, et c’est difficile de gagner. J’ai fini par chuter, la première épreuve là-bas ne s’est pas bien passée. J’ai pris un bol d’air, j’ai joué au golf, je me suis détendu et on est revenu le lundi avec une meilleure attitude, maintenant je sens que je peux rouler devant, ça se voit, il faut encore changer quelques petites choses et ce sera de plus en plus simple à chaque course. (…)

Avant le début de saison, je ne savais pas trop ce que j’allais faire, je me disais que je n’allais pas retourner en Europe, que je n’allais peut-être même pas rouler de nouveau. À l’entraînement, ma moto cassait souvent et je devais me faire livrer mes pièces depuis la France. Il y a beaucoup de jours où je n’ai pas roulé mais je m’entraînais à fond, peu importe quelle opportunité allait se présenter. (…)

En Europe, je pensais que j’allais me battre pour les podiums, signer quelques victoires, mais ça ne s’est pas passé comme ça. J’y suis allé, et lors de ma première manche qualificative, j’ai terminé 5ème après un bon départ, le seul départ que j’ai réussi en Europe. Du coup, je me suis dit “le rythme n’est pas trop relevé”. Si tu ne prends pas un bon départ, c’est dingue à quel point il est difficile de revenir. Ce n’est pas comme aux USA, les terrains n’ont pas de multiples trajectoires, ils sont plus monotrajectoire. En y repensant, revenir dans le top 10 après un départ 25ème ou 30ème c’est plutôt impressionnant, mais ça craint. C’était frustrant; je me disais que j’étais capable de rouler devant chaque weekend. Je ne me suis jamais dit que je voulais rentrer aux USA. J’aimais la compétition, j’aimais la vie là-bas, c’est beau, j’ai pu expérimenter beaucoup de choses, mais ça joue beaucoup sur la confiance, c’est certain. Les gars roulent vraiment vite, je sais de quoi je suis capable, j’ai fait des podiums aux USA, “Qu’est-ce qu’il se passe ?” Chaque semaine, je travaillais pour améliorer la moto, m’améliorer moi, “est-ce que ça vient de moi ?” c’est quelque chose qui te met vraiment un coup à la confiance.”

Images: Pro Circuit

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