SX US – Salt Lake City, l’altitude, le format, la plaque rouge, les troubles fêtes

SX US – Salt Lake City, l’altitude, le format, la plaque rouge, les troubles fêtes

C’est reparti pour le Supercross US, à Salt Lake City, dès le 31 mai. Un format bien particulier avec des épreuves condensées en trois semaines. À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. C’est loin d’être idéal, mais c’est ça, ou rien.

Pour le staff et les pilotes, il sera question de se rendre à Salt Lake City deux jours avant le début des épreuves, et donc d’arriver au plus tard le 29 mai (pour les 450 et 250 côte Est), pour effectuer les premiers tests médicaux et relevés de températures. Mieux vaudra-t-il éviter d’arriver avec un mauvais rhume, une grippe, ou pire, sous peine de se retrouver sur le carreau. Le 29 mai, ce qui laisse – à la louche – une dizaine de jours aux pilotes pour préparer la reprise du championnat. Si ces derniers ont bien évidemment anticipé le retour du Supercross US, un facteur important est à prendre en compte. L’endroit ou va se dérouler les 7 dernières épreuves du championnat.

Salt Lake City est une ville d’altitude, à 1.300m au-dessus du niveau de la mer, c’est la seule ville qui – avec Denver – accueille une épreuve de Supercross a plus de 1200m ces dernières années. Pour certains, c’est presque du pain bénit, pour d’autres, un véritable cauchemar.

Supercross, Rice-Eccles Stadium - Salt Lake City, UT | Supercross ...

Depuis le début de la saison de SX US, et à titre de comparaison, aucune épreuve n’avait été disputée à plus de 180m d’altitude. Et qui excelle généralement en altitude à Thunder Valley (1.600m), Salt Lake City (1.300m) ou Denver(1.600m) ? Un certain Eli Tomac. Une formalité pour le pilote Monster Energy Kawasaki qui a installé son QG à Cortez, dans le Colorado, à plus de 1.800 mètres d’altitude, et qui, durant la pandémie, s’est entraîné à domicile. Ajoutez à cela la nature de la terre qu’on retrouve à Salt Lake City, et en voilà un qui part avec un petit avantage, mais un avantage quand même. Avec l’arrivée de sa petite fille, Eli aura probablement ralenti la cadence de ses entraînements, mais à quel point ?

Si, en soit, rien ne va trop changer pour Tomac, c’est plus pour les autres que l’altitude pourrait être un problème. Sans même parler de l’adaptation à la perte de puissance des machines due à l’altitude, les corps risquent de souffrir, non pas une fois, mais 7 fois, et autant dire que ceux qui ont trop pris de repos pendant le break risquent de le payer d’autant plus cher que les organismes vont être mis à rude épreuve. On ne parle que de 1.300m, mais les gars se fatiguent déjà assez lors d’une finale à Anaheim et la tâche ne s’arrangera pas à Salt Lake. À chaque épreuve à Denver et à Thunder Valley, le sujet de l’altitude revient sur le tapis.

Pour un gars comme Jason Anderson, faire pied de grue à Salt Lake pendant 3 semaines, c’est déjà beaucoup moins cool. Jason a toujours souffert d’un mal de l’altitude aigu, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il se pointe au dernier moment sur les épreuves en altitude, et c’est aussi pourquoi il est l’un des premiers à en partir. Le mal de l’altitude est un mal qui se présente de façon aléatoire et Jason en avait fait les frais, en 2016, au Colorado, en abandonnant dans les deux manches, complètement cuit par son mal de l’altitude. S’il n’a pas toujours souffert de ce mal et qu’un coup de mou sur une épreuve reste rattrapable, qu’en sera-t-il pendant ces 3 semaines dans l’Utah ? Quitter Salt Lake City entre les épreuves ne semble pas être une solution envisageable puisqu’apparemment, les pilotes ne pourront pas quitter l’Etat pendant les 3 semaines de compétition, mais qui sera réellement en mesure d’interdire et/ou de vérifier les aller et venues des pilotes et membres d’équipes ? Comment faire pour régler un problème mécanique majeur qui nécessite de retourner à l’atelier et en selle pour du testing si on est bloqué à Salt Lake City ? Qu’est est-il pour les pilotes en catégorie 250 qui ne disputent pas les 7 épreuves ? Vont-ils également devoir rester en Utah pendant le break dans leur propre calendrier ?

Dans tous les cas, il faudrait revenir au moins 2 jours avant l’épreuve suivante pour passer de nouveaux les tests médicaux, et les courses se disputent tous les 3, ou 4 jours.  Jason Anderson est actuellement 5ème du provisoire 450, à 56 points d’Eli Tomac, et on ne peut qu’espérer que son mal de l’altitude se fasse oublier à Salt Lake en juin.

Qu’en sera-t-il pour Ken Roczen, qui ne compte que 3 points de retard sur Eli Tomac et qui semblait moyennement partant pour reprendre le championnat ? Où en est-il réellement dans ses problèmes de fatigue de l’an dernier ? Sera-t-il en mesure d’enchaîner ces épreuves sans coup de mou ? C’est également une des questions qu’on est en mesure de se poser.

À l’altitude, il faut ajouter le facteur temps de récupération entre les épreuves, très court. En clair, si vous roulez le dimanche, vous vous reposez le lundi et le mardi, et vous roulez de nouveau le mercredi. Vous avez ensuite le jeudi, vendredi et samedi pour vous reposer, avant de ré-attaquer le dimanche suivant. La gestion du repos et de la récupération peut également être un facteur primordial dans le dénouement de ce championnat de SX US. Les pilotes, souvent réglés comme des horloges, vont devoir s’adapter au nouveau format, et rapidement.

Le farewell tour de Chad Reed sans spectateurs, ça fait quand même mal au cœur, mais on se rassure quand on entend de plus en plus distinctement que le pilote – désormais sur KTM – reviendra la saison prochaine pour nous dire au revoir en bonne et due forme.

Les troubles fêtes, il risque d’y en avoir un bon paquet puisque certains, qui n’auraient pas dû être présents, feront leur retour. Adam Cianciaurlo revient en piste et n’aura pas loupé autant d’épreuves que prévue. Joey Savatgy et Fredrik Noren seront également derrière les grilles avec Broc Tickle. Cooper Webb a eu le temps de se remettre de son énorme impact sur le dos à la mi-saison. En catégorie 250, il se laisse même entendre que RJ Hampshire va tenter de rouler alors que ce dernier s’est fait opérer des croisés il y a quelques semaines, pensant que le Supercross US reprendrait après l’outdoor. Mauvais timing. Marvin Musquin avait également annoncé qu’il pourrait bien revenir en SX cette saison, en fonction de l’évolution de son genou et de la date de reprises des épreuves; pour l’heure, rien n’a été communiqué en ce sens chez KTM.


Comment on aborde la reprise de la saison de SX US 2020 après 9 semaines d’arrêt ? À mon sens, c’est comme une nouvelle saison, un nouveau départ à neuf pour tout le monde, et donc pas forcément un avantage pour la plaque rouge au championnat – Eli Tomac – qui met toujours quelques épreuves à se mettre en jambe avant de dérouler du câble, reprendre l’intensité ne va pas être simple pour tout le monde et célébrer une victoire sans public aura une saveur différente.

On terminera par une bonne nouvelle, la retransmission de certaines épreuves sur la chaîne NBC – en plus de NBCSN. Le Supercross US pourrait bien faire de nouveaux aficionados en fin de saison.

Les classements provisoires sont à retrouver ci-dessous.

450

250 EST

250 OUEST

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