Tallon Vohland “Avoir rattrapé Ricky à Glen Helen, ça m’a permis de décrocher un contrat de 2 ans”

Tallon Vohland “Avoir rattrapé Ricky à Glen Helen, ça m’a permis de décrocher un contrat de 2 ans”

Au cœur des années 1990. Après un titre amateur à Loretta Lynn’s décroché en 1987 à l’âge de 15 ans, Tallon Volhand a parcouru l’Europe et les USA à la conquête des victoires avec comme objectif de décrocher un titre pendant près de 15 ans. Si l’Américain n’est jamais parvenu à décrocher le graal, il a totalisé 4 victoires de grands prix et 4 victoires en championnat AMA en affrontant des pilotes de la trempe de Greg Albertyn, Stefan Everts, Sebastien Tortelli, Yves Demaria ou encore Ricky Carmichael … Ce dernier a fait un retour sur sa carrière pour le compte de MotocrossActionMag … Désormais, les yeux sont rivés vers Maximus Vohland, le fils de Tallon, qui semble plus que bien parti pour reprendre le flambeau familial …

Tallon Vohland

“Je suis passé pro en 1989 et j’ai roulé sur le championnat de Supercross 125 à l’ouest, j’ai terminé 4ème du championnat. Je roulais toujours sur les épreuves amateurs, comme Loretta et ponca City, mais je n’ai pas participé à l’outdoor. En 1990, j’ai signé avec le team Green, je n’étais pas assez bon pour décrocher un guidon d’usine. Le team green m’a filé 15.000$ et quelques motos, j’étais mon propre patron; j’engageais mon mécanicien et on prenait la route. J’ai fait la saison 1990 en tant que privé et ça a été une excellente saison. C’est l’année qui m’a fait décoller. J’ai terminé 3ème à Hangtown, second à High Point. JMB m’a doublé dans le dernier tour pour remporter l’épreuve de High Point … Si j’avais fait tout ça à notre époque, je serais probablement déjà millionnaire. […]

En 1991, j’ai reçu 3 offres: Suzuki, Yamaha, et Team Peak Honda. Mitch Payton m’avait approché et je voulais rouler pour le team Peak mais c’était une équipe satellite et, gamin, je voulais rejoindre une équipe usine. Peak voulait me payer 30.000$, mais je devais couvrir mes dépenses et payer mon propre mécanicien, alors j’ai refusé. J’ai été voir Yamaha, mais le contrat n’avait rien d’extraordinaire. Chez Suzuki, on, m’a dity “On te donne 20.000$, des indemnités, un mécanicien, on paye tes déplacements, tout”. J’avais 19 ans et je me suis dit “Wow, on me paye 20.000$ !” […]

Tallon Volhand 1991 – @Tony Blazier

Je me suis déboîté l’épaule avant que la saison ne commence. J’ai quand même roulé en Supercross. Puis à Unadilla, je me la suis déboîté de nouveau, et elle ne revenait pas en place. À l’hopital, on m’a dit qu’il fallait me faire opérer, mais malheureusement, c’est arrivé au moment où l’équipe devait signer ses pilotes pour la saison 1992 et ils ont signé Steve Lamson et je n’avais plus de guidon pour 1992. À l’époque, il n’y avait pas toutes ces bonnes équipes privées comme aujourd’hui, si tu perdais ton guidon d’usine, ta carrière était en finie, en quelque sorte. […]

J’avais 20 ans, je venais de perdre mon guidon d’usine, et tout semblait terminé. Mon frère Tyson était parti en Europe rouler en 1990. Sans guidon, je suis allé faire le Fastcross en 1992 et ça s’est très bien passé. Je roulais contre Alex Puzar qui venait de gagner le mondial 250, et contre Ricky Jonhson; et je menais la course. Ils ont fini par me doubler, mais je me suis battu pendant toute la manche et j’ai terminé 3ème. L’équipe Carpi Motor Suzuki m’a offert 30.000$ pour rouler en mondial 125. Je ne connaissais rien des pilotes Européens et je me suis dit “Ils ont l’air stupides, je vais venir et gagner le championnat du monde, retourner aux US en tant que champion et récupérer mon guidon” […]

Tallon Vohland | Motocross, Yamaha motocross, Dirtbikes

Tallon Vohland – 1993

Je n’ai pas été champion du monde, j’ai eu du succès, mais à l’époque, il n’y avait pas internet pour suivre ce qu’il se passait en Europe. J’ai terminé 8ème du mondial 125 en 1992, 8ème du mondial 250 en 1993 et 4ème en 1994. En 1995 et 1996 j’ai terminé 3ème du mondial 250 derrière Stefan Everts…. […]

Après 7 saisons en grands prix, Bobby Moore – avec qui je partageais une maison à l’époque de Yamah Rinaldi – est devenu manager de l’équipe FMF Honda et il m’a appelé fin 1998 pour me dire “Si tu reviens aux USA, tu peux te faire 25.000$ par épreuve”. On a discuté, et il m’a fait parvenir un contrat avec 25.000$ de bonus par victoires. C’était incroyable en comparaison avec les grands prix puisqu’en Mondial, c’était de l’ordre de 3.000$ la victoire. Le salaire n’avait rien de fou, mais les primes étaient énormes. Je me suis dit “Si je veux retourner un jour aux USA, c’est ma chance” […]

En 1999, Ricky était alors “The Man”. Je pouvais le suivre, et si je ne parvenais pas à le battre, je n’étais pas loin. Quand je l’ai rattrapé et passé à Glen Helen en 1999, c’était la première fois qu’il était ne passe de perdre sur ce tracé, les gens sont devenus dingues en seconde manche.. Il a fini par me redoubler et il a gagné l’épreuve; mais l’avoir rattrapé et doublé à Glen Helen, ça m’a permis de décrocher un contrat de 2 ans pour 2000 et 2001. […]

Tallon Volhand – 2000 – @Tony Blazier / Scott Hoffman

J’ai entendu dire que Ricky Carmichael et Mitch Payton étaient sur la route, un jour, et Mitch a demandé “Qui est-ce que je devrais signer, pour 2.000$ ?” et Ricky a répondu “Tallon Vohland, je pense qu’il va gagner l’année prochaine”. J’ai fini par signer un contrat de deux ans avec Mitch, le meilleur contrat, au niveau argent. […]

Mes deux années avec Mitch n’ont pas été les meilleures, alors je suis retourné en Europe en 2002. Je me souviens du moment où j’ai pensé à prendre ma retraite pour la première fois. J’étais assis là sur la grille de départ lorsqu’un jeune pilote KTM, Ben Townley, s’est pointé avec ses lunettes de soleil blingbling et sa casquette. Il avait cet air suffisant, cette attitude de winner. Quand je me battais pour le titre en championnat du monde, c’était ce même air suffisant que j’avais. Je me souviens être assis là, à le regarder, et à me dire: «Je me souviens quand j’étais comme ça moi aussi.» Puis je me suis dit «C’est terminé.» et ça s’est terminé.”

Source: Jim Kimball – MotocrossActionMag

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