Tom Guyon “Je suis capable de rouler devant”

Tom Guyon “Je suis capable de rouler devant”

Les espoirs d’aujourd’hui seront vos héros de demain. Heureux le fan Français qui peut – à chaque épreuve – compter sur nos nombreux tricolores pour le faire vibrer, la relève se porte bien. De l’Europe 65 jusqu’au mondial MXGP, ils sont des dizaines de représentants Français à pouvoir jouer les podiums, les victoires de manche, les titres. Tom Guyon fait partie de cette nouvelle vague bleu/blanc/rouge sur qui il faut désormais compter chaque weekend. Vice-champion d’Europe 125 la saison passée, le pilote VRT KTM a fait ses débuts en EMX250 cette saison. Une ouverture de championnat pas vraiment au goût du garçon qui doit se contenter d’un 19-12 dans le sable noir de Valkenswaard.

“Valkenswaard c’est à oublier, complètement. Pourtant, on avait fait un bon hiver avec l’équipe, on s’était beaucoup entraîné dans le sable mais la moto n’était pas au point, on a eu quelques petits soucis pendant le weekend, des détails qui m’ont pas mal perturbés et je ne pouvais pas vraiment rouler comme je le souhaitais. Un weekend compliqué dès le début avec un mauvais chrono, donc une mauvaise place sur la grille, et après deux mauvaises manches avec une chute au départ de la première manche, etc, etc … Frustrant, je n’ai pas pu montrer de quoi j’étais capable, il fallait vite passer à autre chose car je ne voulais pas m’attarder là-dessus. Le problème, c’est qu’il n’y a pas eu de courses avec le confinement, donc je suis resté sur cette mauvaise course et j’aurais préféré que ça se passe autrement.”

Une transition de la 125 à la 250 qui n’a pas posée de problème à Tom qui avait jonglé entre les deux cylindrées sur le championnat de France Elite MX2 en 2019 en guise de préparation. Qu’on se le dise, en Europe, on roule déjà vite, très vite …

” Surpris par la vitesse à Valkenswaard ? Non. Ça va vite en Europe 250, il ne faut pas se le cacher. Ça ne roule peut-être pas aussi vite qu’en grand prix mais pas loin. Andréa Adamo signe un podium à Valkenswaard alors que pendant la semaine, je roulais avec lui, je le doublais. Je sais que je suis capable de rouler devant et de faire de bons résultats mais on a eu des petits soucis, c’était compliqué de montrer ce dont j’étais capable à Valkenswaard et j’ai hâte que la saison reprenne justement pour ça, pour montrer que je suis capable d’être devant.”

Après Valkenswaard, il a fallu faire preuve de patience, beaucoup de patience …. Pendant les longues semaines de confinement, Tom a pris un peu de repos avant d’effectuer une seconde préparation hivernale. Objectif pour la reprise, retrouver le rythme et mettre la déconvenue de Valkenswaard derrière soi.

“Au début du confinement, j’ai pris du repos pendant deux semaines, je me suis dit que ça ne servait à rien d’attaquer comme un dingue pendant le confinement sans savoir quand les courses allaient reprendre. Du repos et ensuite, on a refait une préparation hivernale complète. Je me suis entraîné sur home-trainer avec Zwift, c’est un jeu sur home-trainer que beaucoup de cyclistes utilisent, c’est vachement ludique. J’ai fait du circuit training aussi mais pas de moto, de course à pied, pas de sortie vélo, je ne pouvais pas sortir et j’essayais de respecter au maximum les directives. C’est compliqué de passer autant de temps sans faire de moto alors qu’on n’est pas blessé, mais c’est pour tout le monde pareil et je voulais respecter les règles à fond pour éviter de me prendre une amende ! J’ai attendu la fin du confinement.

En fin de confinement, je voulais faire une course, absolument, car ça faisait vraiment longtemps qu’on n’avait pas roulé. On avait vu pas mal d’évolutions ces derniers temps et je voulais savoir comment ça irait en condition de course. Ça peut aller à l’entraînement mais pas forcément en course. On a donc essayé de trouver des courses à faire. Il y avait la République Tchèque, mais l’Espagne, c’était quand même moins loin et il y avait des bons pilotes. Go. On manque tous de course, donc peu importe la course qu’on fait, il faut rouler. Pour ce qui est de l’intensité, je sais que certains pilotes n’ont pas trop arrêté de rouler pendant le confinement. Ce n’était pas facile de reprendre, de rouler vite dans les premiers tours, il me manquait un peu de rythme mais ça revient vite. On a tous été arrêté – pour la plupart – donc finalement, le niveau était assez homogène, il n’y avait personne qui était vraiment au-dessus des autres. Au final, j’ai bien roulé en Espagne avec un podium pour une épreuve dans la terre. En première manche, je pars 2,3 mais je tombe alors que j’allais passer second…. Une piste très rapide, mono-trajectoire, pas simple de doubler. Je fais 4 & 3 en Espagne pour la première course de reprise.”

Une première course de remise en jambe en Espagne, puis direction Arnhem pour la première des deux épreuves internationales organisées par la KNMV avec un plateau XXL. Engagé en MX2 parmi les meilleurs pilotes du mondial, Tom Guyon n’a pas démérité, loin de la. Auteur de quelques tours en tête en première manche et dans le rythme des pilotes Factory,  Tom montre l’étendue de son potentiel sur la 250 et n’attend désormais plus qu’une chose: concrétiser sur l’Europe 250. Mais avant, un petit détour par l’ouverture de l’Elite à Magescq s’impose.

“Ce weekend à Arnhem, j’ai fait 3 ou 4 tours en tête devant tous les pilotes Factory, c’est cool, j’étais super content de ça. On a trouvé pas mal de petites choses et ça marche plutôt bien, je prends de bons départs. Je pars devant, j’ai essayé de suivre le rythme des premiers. Je me suis fait doubler par Kjer Olsen, Vialle, Van de Moosdijk. Je suivais, ils ne me distançaient pas tant que ça. Après par contre, je me suis un peu cramé donc tenir le rythme, c’était compliqué. J’étais moins lucide, j’ai perdu le flow en fin de manche et je rétrograde en 10ème position; c’est un peu dommage car j’aurais pu être bien mieux placé, mais ça va.

Aux essais chronos, j’ai eu un petit souci avec la moto donc je n’ai pas pu faire toute la séance et je n’ai pas pu faire de bon temps mais après, pendant les manches, je n’étais pas mal du tout. Partir devant et avoir le rythme des leader, c’est top, ça pousse fort. Maintenant il faut concrétiser sur l’Europe, je n’attends que ça, que ça reprenne et que je puisse montrer de quoi je suis capable.

Le weekend prochain, direction le Bud Racing Campg pour l’ouverture du championnat de France Elite, je pense que ça va être une belle course, j’ai hâte de rouler.”

Il se laisse dire qu’Arnhem pourrait – dans un avenir proche – accueillir la caravane du mondial aux Pays-Bas.

“À Arnhem, ils ont un site de malade !

C’est vraiment un endroit où ils peuvent y accueillir des grands-prix, un très beau circuit et je ne serais pas du tout étonné d’y voir les grands prix. Après, ce n’est pas simple car c’est du sable Hollandais, très spécial, un sable très dur, très glissant, ce n’est pas simple de s’adapter à la piste. Un circuit typique Hollandais, et sur un très beau site.”

Rien à voir avec un Lommel et un Arnhem ?

“Pas du tout, ce sont deux circuits totalement différents. Arnhem, c’est des trous cassants, glissants, un circuit très rapide et mono trajectoire alors que Lommel est complètement différent. Ça reste du sable, mais c’est plus mou, des plus gros trous, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de différences entre les deux circuits.”

Si l’annonce du calendrier 2020 revu – avec 6 épreuves EMX250 dans le sable , sans compter Valkenswaard – n’a pas été du goût de tout le monde, Tom reste serein. Peu importe la surface, tant que ça roule !

“Plutôt content, parce que du coup, on reprend les courses, on a une date. Après, tout ce sable … Bon, on s’adapte, on s’entraîne dans le sable justement pour ça. Le but maintenant, c’est de gagner un maximum de courses. À chaque course, le but, c’est de gagner.”

Après de belles prestations sur les internationaux de Lacapelle-Marival et Arnhem face aux pointures du MX2, on ne pouvait que se réjouir de voir Tom effectuer quelques piges en mondial cette saison, raté. Un programme 2020 qu’il a fallu modifier en raison de la crise sanitaire. Pour l’heure, focus sur l’Europe; et pour l’avenir ? Advienne que pourra.

“Pour les piges en MX2, ça risque d’être un peu compliqué cette saison … En ce qui concerne 2021, forcément on y pense. Après, je ne sais pas du tout comment ça va se passer – aucune idée. Je ne sais pas comment ça va se passer, je pense que tout le monde attend qu’il y ait des courses officielles pour voir pour la suite, voir de quoi tout le monde est capable. À partir de là, ça commencera à bouger réellement. Mon contrat avec VRT s’arrête à la fin de saison. Idéalement, l’an prochain, j’aimerais bien aller en MX2. Ce que j’aimerais vraiment, c’est partir aux USA. Le Supercross m’intéresse, c’est une discipline que j’adore, je n’en fais pas souvent mais j’aime beaucoup ça. Partir ? Moi, je n’attends que ça.”

Images: Dailymotocross.fr / Niek Kamper 

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