Une période difficile pour les équipes en MXGP

Une période difficile pour les équipes en MXGP

Comment les équipes de grands prix vont-elles survivre à ce climat ? C’est la question qui a été posée à quelques propriétaires d’équipes – restés anonymes – à propos des saisons 2020 et 2021 afin d’évaluer le malaise qui rôde autour du milieu du MXGP en ces temps difficiles.

Qui dit pas de course, dit pas de voyage, dit pas de dépenses, mais également pas de résultats, pas de promotion, pas de compétition. La crise financière de la décennie précédente n’était pas toujours visible de l’extérieur; des équipes existaient, des pilotes roulaient, des courses se sont disputées et le calendrier est passé de quinze à dix-sept épreuves en seulement cinq ans. Mais même ces courses ne peuvent subsister indéfiniment face à l’arrêt généralisé qui a affecté le monde entier suite à la crise sanitaire.

Si la fréquentation des spectateurs a diminué pour la majorité des sports (ou qu’il a été beaucoup plus difficile pour les promoteurs d’attirer, de maintenir ou d’augmenter le nombre), ils sont toujours le moteur premier des sociétés qui organisent les événements en premier lieu.

Les équipes et les sponsors se préparent à une reprise des championnats. Même si les promoteurs pouvaient s’offrir le luxe d’organiser un Grand Prix à huis clos, ils devaient d’abord s’assurer de l’ouverture des frontières et la possibilité de réaliser des voyages internationaux pour s’assurer de la présence des pilotes derrière les grilles tout en essayant de préserver la santé des équipes opérantes lors des épreuves. Une organisation délicate, même sans considérer la présence des fans et du public.

Comme de nombreuses entreprises, les équipes ont rangé les outils. Les pilotes ne pouvaient pas s’entraîner, résultat: aucun entretien à réaliser, et tout le monde se tourne les pouces. Alors que certains domaines et certaines industries ont pu planifier une date de réouverture avec de nouveaux protocoles de travail, cette éventualité n’existe pas pour les équipes de Grand Prix qui doivent être prêtes à reprendre l’entraînement et à voyager à tout moment et ce, malgré des reports de dates constants.

Par exemple, mi-avril les équipes ont été informées que les transporteurs de fret du championnat MXGP, Sel, récupérerait le carburant pour l’expédier en Russie pour la troisième épreuve du championnat – originalement programmée les 6 et 7 juin – alors que certains pays européens voyaient leurs frontières fermées jusqu’à début/mi mai et que les grands rassemblements publics étaient interdits jusqu’à la fin de l’été. Si les visas et les voyages vers la mer Noire peuvent être arrangés à la hâte, alors le plateau MXGP doit être prêt à reprendre dans un effort perpétuel de créer un championnat, de sauver des contrats et des emplois.

Comme toute entreprise, les teams ont des dépenses – principalement des salaires et des frais de fonctionnement – mais aussi des contrats avec des prestataires. Mais à chaque weekend blanc, la probabilité de conserver leur sponsoring et les revenus de ces derniers réduit.

“Certains sponsors ont déjà cessé de payer les factures dues et certains ont déjà demandé une réduction sur le contrat 2020. La situation est vraiment préoccupante car cela va générer une perte de revenus pour les équipes et sans budget elles ne pourront pas continuer le championnat quand il reprendra.”

“Un sponsor important devait effectuer un versement la semaine dernière, mais j’ai reçu un appel de me disant qu’il ne pouvait moralement effectuer aucun paiement avant que les choses ne s’améliorent, car il se devait de payer son personnel. Comme nous entretenons des relations à long terme avec nombre de nos sponsors, nous devons travailler avec eux. Un problème peut surgir si la saison recommence et que nous constatons que nous sommes dans une situation difficile en termes de trésorerie si le sponsor ne peut pas payer. ” 

Certaines équipes ont suivi avec intérêt l’annonce de la Dorna – société détentrice des droits du MotoGP – plus tôt en avril. Cette annonce laissant entendre que la Dorna aiderait financièrement les équipes de Moto2 et de Moto3 à assurer leur survie. MXGP et Infront Motor Racing ne disposent tout simplement pas des ressources suffisantes pour mettre en œuvre cette même initiative.

Accuser Infront Motor Racing de ne prioriser que leurs intérêts en ce moment est inutile. Infront aurait pu délaisser le MXGP et partir depuis longtemps s’ils voulaient juste faire de l’argent et siroter des cocktails. Au lieu de cela, ils s’attaquent au problème de l’organisation du reste du championnat. […]“Je pense qu’il serait difficile pour eux de s’occuper de nous, peut-être qu’ils pourraient supprimer les frais d’équipe et les rembourser, mais je suppose que ce serait une énorme réduction de leurs revenus et qu’ils ont encore des coûts à prendre en charge. Je pense que si nous limitons le championnat à 10, cela permettra de sauver énormément d’équipes tout en leur assurant une saison 2021 solide.”

Pour l’heure, il est temps de s’unir aux équipes et de trouver un terrain d’entente dans l’intérêt de préserver ces dernières. Nous ne connaîtrons jamais vraiment l’état des finances des équipes tant qu’il n’y aura pas de signe visuel, comme l’absence d’une équipe sur une, ou des épreuves, ou une diminution des effectifs qui finira par impacter le potentiel dudit championnat. […]

À ce titre, les équipes suggèrent un calendrier 2020 beaucoup plus réduit, sans épreuves overseas, bien que les deux épreuves indonésiennes soient susceptibles de se dérouler dans de meilleures conditions climatiques qu’en l’Europe en cas de report, disons, en décembre.

Alors que la reprise au mois d’avril se transforme en reprise en mai et que la reprise au mois de mai se transforme rapidement en reprise en juin, puis juillet, c’est également la période de l’année où les contrats pour 2021 sont réfléchis: comment prévoir les directives et les signatures pour 2021 alors que les pilotes ont à peine roulé?

“La saison 2021 sera un véritable test pour TOUTES les équipes du paddock. Le sponsoring sera plus important que jamais en 2021, aussi bien pour les équipes usines que privées. Pour le sport, si les équipes ne survivent pas, les pilotes ne pourront pas rouler et les championnats seront diminués. Il est maintenant temps pour tout le monde de se serrer la ceinture après de nombreuses années d’augmentation des coûts pour rivaliser au plus haut niveau.”

“La plus grosse inquiétude, c’est que certains constructeurs pourraient décider de ne pas participer au championnat 2021, et ce serait définitivement la fin pour de nombreuses équipes”

[…] Jusqu’à ce que le voile se lève, aucune question ne peut être balayée. Qu’en sera-t-il de la restriction d’âge – polémique – de 23 ans en MX2 ? Les pilotes qui sont sur le point d’avoir 23 ans devraient-ils pouvoir rouler en MX2 une année de  plus ? Est-il temps de revoir la règle et de prolonger la limite d’âge actuelle pour l’étendre à 25 ans? Ce ne serait pas une si mauvaise décision, compte tenu du nombre de pilotes de 30 ans et plus en catégorie MXGP et de l’idée que les pilotes allongent leur carrière et pourraient finalement atteindre leur apogée plus tardivement. Cela donnerait plus de marge de manœuvre à a catégorie MX2 et attacherait plus d’importance à l’Europe 250 .

Il n’y a pas de réponse claire ni la moindre assurance quant au reste de la saison 2020… espérons simplement que le championnat et les équipes pourront traverser cette période difficile …

Via: Adam Wheeler – adapté par dailymotocross.fr

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